Archives du mot-clé valorisation de déchets

Lille : orientation vers la récupération de chaleur issue du Centre de valorisation énergétique

La Métropole Européenne de Lille (MEL) souhaite développer ses réseaux de chaleur et s’oriente sur la récupération de chaleur émise par l’incinérateur d’Halluin (centre de valorisation énergétique CVE), source d’énergie gratuite, dégageant 800Gwh, contre 575 Gwh pour les 6 réseaux qui actuellement fonctionnent au bois et au gaz principalement.

Ce projet se développera sur 3 ou 4 ans, le temps des études techniques, des travaux de l’incinérateur, de l’installation des réseaux dans les voiries …

Pour en savoir plus, cliquez sur le lien suivant : www.lavoixdunord.fr

Avec la loi MAPTAM du 27 janvier 2014 relative à la Modernisation de l’action publique  territoriale et l’affirmation des métropoles, la MEL  gère à présent les 6 réseaux de chaleur  qui auparavant appartenaient à Lille, Roubaix, Mons-en-Baroeul, Villeneuve d’Ascq, Wattignies et Wattrelos.

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Nouvelle édition des « Chiffres-clés Déchets » 2015 par l’ADEME

Un nouveau rapport qui s’inscrit dans un contexte politique et réglementaire dynamique, se renforçant régulièrement depuis 2008.

L’année 2015 a vu l’adoption de deux projets de loi. D’abord, la « loi NOTRe » qui permet aux régions d’étendre leur champ de compétences en matière de prévention et de gestion des déchets par l’adoption d’un plan régional unique. Ainsi que la « loi de Transition énergétique pour la croissance verte » qui tend à modifier le modèle économique linéaire grâce à la promotion de l’économie circulaire.

Pour en assurer la mise en œuvre, la politique déchet s’appuie sur la réglementation communautaire (art. 29 de la directive 2008/98/CE). C’est ainsi qu’a été adopté en août 2014 un programme de prévention des déchets. Il vient amorcer la rupture progressive entre croissance économique et production de déchets. En ayant pour objectif l’année 2020, ce programme s’appuie sur des leviers importants tels que la baisse de 7 % du gisement de Déchets ménagers et assimilés par rapport à l’année 2010 et la stabilisation des déchets d’activité.

Établit pour la même période, un plan de réduction et de valorisation des déchets a été publié en automne 2014. Structuré autour de quatre objectifs et dix axes d’action, le plan présent intègre le programme ci-dessus comme volet opérationnel du volet « prévention ». La question des réseaux de chaleur n’y est pas en reste et sont concernés par le 3ème objectif : Valoriser énergétiquement les déchets non recyclables.

Malgré le caractère transitoire qui lui est affecté, cette filière de traitement est à privilégier face à la mis en décharge. Cependant, son développement ne doit pas être un frein à la prévention et au recyclage des déchets. Le plan prévoit ainsi l’encadrement des refus de tri au pouvoir calorifique intéressant. Ces combustibles solides de récupération (CSR) ne pourront être utilisés qu’à des fins de production d’énergie thermique (dont réseaux de chaleur). De plus, il devra être démontré que les centrales ne dépendent pas uniquement des CSR pour fonctionner mais également de combustibles « classiques ». Enfin, à l’horizon 2025, le plan prévoit un maintien à niveau équivalent des capacités d’incinération nationale. Cette limitation du parc d’installations favorisera la modernisation des installations existantes. Les incinérateurs devront alors atteindre un seuil de performance correspondant à de la valorisation énergétique (seuil « R1 »).

Des filières de valorisation énergétique en croissance…

Ce rapport de l’ADEME fait ressortir de grandes tendances :

  • 345 millions de tonnes de déchets ont été produits en France. Avec 10 millions de tonnes de moins qu’en 2010, cette baisse est issue principalement du ralentissement du secteur de la construction.
  • 42 millions d’habitants sont couverts par un programme local de prévention des déchets en 2014.
  • 37,6 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés collectés par le service public de gestion des déchets en 2013.
  • 47,7 millions de tonnes de déchets envoyés vers les installations de traitement des déchets ménagers et assimilés en 2012.
  • 17,9 millions de tonnes de matériaux recyclés utilisés.
  • au 01/01/2014 ce sont 150 collectivités qui appliquent des règles de tarification incitative pour 3,5 millions d’habitants desservis.

Dès lors, le rapport fait un point à l’année 2012 de la production d’énergie à partir des déchets. Cette même année, c’est donc un gisement croissant de 14,2 millions de tonnes de déchets non dangereux et non minéraux qui ont été incinérés avec récupération d’énergie.

Avec 2500 ktep (kilotonne équivalent pétrole) en 2013, le gisement de déchets urbains reste la principale source de production primaire d’énergie face à la valorisation du biogaz.

Les déchets urbains sont principalement valorisés via les 113 unités d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) implantées sur le territoire national. Avec presque la moitié de la production énergétique totale en 2014, la production thermique reste la filière de valorisation la plus importante. La production électrique augmente, s’appuyant notamment sur le développement de la cogénération.

Enfin, au niveau européen, les 32 % de déchets municipaux produits en France et valorisés énergétiquement, lui confèrent une place supérieure à la moyenne européenne.

En savoir plus :

Des vaches alimentent un réseau de chaleur

Source : leparisien.fr – 11 mai 2015

A Haravilliers, dans le Val-d’Oise à environ 50 km au Nord-Ouest de Paris, une éleveuse de vaches laitières monte un projet de méthanisation à petite échelle pour valoriser tous les déchets issus de son exploitation.

Les déchets produits par ses 90 bêtes et son lisier auxquels sont ajoutés des déchets issus de l’industrie agro-alimentaire permettront de produire du biogaz. Ce biogaz sera transformé en électricité réinjectée dans le réseau national. Mais la chaleur produite par l’installation sera aussi valorisée pour éventuellement alimenter le réseau de chaleur de la ville, et ainsi chauffer la mairie, l’école, certaines maisons et peut-être la salle polyvalente.

Le projet devrait voir le jour en 2016.

En savoir plus sur…

Et l’article présentant Quelques sources EnR&R exotiques pour les réseaux de chaleur et de froid.

Le Vésuve chauffe 10000 logements

Source : ademe.fr

Où ?  À Petit-Quevilly et Grand-Quevilly, en Haute-Normandie.

Qui ?  Le Smédar (Syndicat mixte d’élimination des déchets de l’arrondissement de Rouen) et l’ADEME.

Pourquoi ?  Alimenter 10 000 logements, des équipements publics et le siège du Smédar grâce à la vapeur produite par l’usine d’incinération.

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89 % de la consommation des bâtiments viendra de l’usine d’incinération.

L’usine d’incinération de Rouen est engagée dans plusieurs projets de valorisation des déchets. Elle a récemment décidé d’aller plus loin encore dans sa démarche en créant le plus grand réseau de chaleur fatale (ou résiduelle) de la région Haute-Normandie.

« Baptisé Vésuve, ce réseau long de près de 23 kilomètres (11,5 km aller et retour) fournit de l’eau chaude sanitaire et du chauffage à près de 10 000 logements du Petit-Quevilly et du Grand-Quevilly, détaille Herminie de Freminville, ingénieur Gestion et prévention des déchets des entreprises à l’ADEME Haute-Normandie. Le réseau fonctionne grâce à la vapeur produite par l’incinération des 300 000 tonnes de déchets que l’usine traite chaque année et qui était jusqu’alors uniquement destinée à produire de l’électricité. » La vapeur est acheminée vers les logements grâce à un système d’échangeurs et de sous-stations.

En plus d’un accompagnement technique, ce projet a reçu de l’ADEME une enveloppe de 5,6 millions d’euros (soit 43 % du montant global du projet), accordés dans le cadre du Fonds Chaleur. « Toute demande d’extension fera l’objet d’une étude précise, en fonction des résultats obtenus à l’usage. »

Pour en savoir plus sur ce réseau de chaleur : Réseau de chaleur Vésuve – SMEDAR

« Warmth from Waste » : potentiel de production de chaleur à partir des déchets

warmth from wasteTrois associations européennes impliquées dans le domaine de l’énergie (CEWEP, ESWET et Euroheat&Power) publient, à travers la plate-forme DHC+, un livre blanc sur le potentiel de développement conjoint des réseaux de chaleur et de la valorisation énergétique des déchets sous forme de chaleur, au niveau européen.

En France, le projet de loi de transition énergétique prévoit de renforcer la valorisation énergétique des déchets non valorisables sous forme de matière. En Ile-de-France, l’ADEME et ses partenaires placent la récupération de chaleur fatale (incluant donc la chaleur issue des déchets) en source prioritaire à mobiliser, avant d’examiner les sources renouvelables comme la géothermie ou la biomasse. Il s’agit en effet d’une source d’énergie locale, qui est produite de toute façon, et donc perdue si on ne l’exploite pas.

prioriser les enr

Executive summary

The Background Paper for project development on District Energy from Waste, created by three associations active in the energy field (CEWEP, ESWET and Euroheat & Power through the DHC+ Technology Platform), aims to serve as a basis for any future European or national project development, in particular under the Horizon 2020 Framework Programme.
The Paper identifies the potential for enhancing the collaboration between the District Heating and Cooling (DHC) sector and the Waste-to-Energy (WtE) sector across Europe. The results are presented in the form of a list of activities that could be developed at the European level along with their respective potential impact.
In 2009 the European Council set the objective for the EU to  decarbonise its energy system by at least 80% below the 1990 level by 2050 without affecting general economic growth. The Directive on Energy from Renewable Sources (RES Directive) sets a 20% target for renewable energy by 2020. Current EU targets on waste will be revised during 2014 and are likely to become more ambitious: the amount of waste sent to landfill will be reduced and the demand for more sustainable waste treatment will increase. A scenario which could help to fulfil all these targets is the increased exploitation of synergy between WtE and DHC.
Waste represents a local, cost effective, secure and sustainable energy source which is already used in some DHC systems, allowing them to deliver affordable energy and reducing primary energy consumption.

Voir aussi

La valorisation des déchets cherche à progresser dans le mix énergétique

Fort des conclusions du débat national sur la transition énergétique et à l’issue de la conférence environnementale, le Syndicat national du traitement et de la valorisation des déchets urbains et assimilés (SVDU) passe à l’offensive.

Article complet à lire sur le moniteur: L’incinération entend trouver sa place dans la transition énergétique (11/10/2013)

Sur le même sujet, voir aussi:

A l’intérieur de l’usine de valorisation énergétique des déchets d’Oslo

Un court sujet vidéo de BBC News, à l’intérieur de l’usine de valorisation énergétique (UVE) des déchets d’Oslo. Cette installation fournit près de la moitié des besoins énergétiques de la ville. Le système est si efficace qu’Oslo importe des déchets d’autres pays afin d’alimenter son UVE.

BBC News – How to turn rubbish into energy ?

Oslo is one of the greenest cities in the world, with plans to halve its carbon emissions by 2020.

Key to achieving this is the country’s biggest energy recovery facility, the Klemetsrud plant, which generates energy by burning rubbish.

At full capacity, the plant will provide all the heat and electricity for Oslo’s schools and heat for 56,000 homes.

Europe correspondent Matthew Price looks at how the plant turns waste into much-needed energy.

Chiffres clés des énergies renouvelables 2013 : liens avec les réseaux de chaleur

Extrait des Chiffres clés des énergies renouvelables – Édition 2013 – Service de l’observation et des statistiques (SOeS – MEDDE)

L’Union européenne s’est fixé l’objectif de satisfaire 20 % de sa consommation finale d’énergie par les énergies renouvelables à l’horizon 2020 ; cette ambition se traduit par une cible de 23 % pour la France.
Le Service de l’observation et des statistiques du ministère du développement durable a donc souhaité rassembler dans un seul document ses données les plus récentes sur les énergies renouvelables afin de les mettre à disposition d’un large public. Les quatre parties de ce document permettent ainsi de situer les énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de la France, de présenter les différentes filières des énergies renouvelables, en mettant particulièrement l’accent sur la dimension territoriale, de mesurer la trajectoire de la France vers sa cible d’ici 2020 et, enfin, de situer notre pays par rapport à ses voisins européens et au reste du monde.

Nous vous proposons ici une lecture « réseaux de chaleur » de ces chiffres clés, c’est-à-dire orientée sur les données concernant la chaleur renouvelable ainsi que les gisements énergétiques préférentiels des réseaux de chaleur.

Les énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de la France

La production et la consommation de chaleur est le premier usage des ressources renouvelables, devant l’électricité.

bilan énergétique EnR primaire à finale
Sur les 19,49 MTep de ressources primaires d’EnR, 12,28 sont de l’énergie renouvelable thermique. Sur ces 12,28 MTep d’EnRt, la consommation finale de chaleur renouvelable est de 11,62 MTep. La consommation finale d’électricité renouvelable est quant à elle de 5,57 MTep.
Dans ce tableau, on voit bien que les objectif 2020 sont de +20MTep d’énergie renouvelable dans la consommation finale (passage de 16 MTep en 2005 à 36 MTep requises en 2020), dont +10MTep de chaleur renouvelable (passage de 9 à 19 MTep). La contribution des réseaux de chaleur dans cette objectif d’augmentation de la chaleur renouvelable est d’1/4, soit +2,5MTep de chaleur renouvelable distribuée par un réseau de chaleur. On peut rappeler ici que les réseaux de chaleur  sont un puissant moyen pour mobiliser massivement d’importants gisements d’EnR tels que la biomasse, le solaire thermique, la géothermie, le bois-énergie, les déchets urbains (voir « Découvrir les réseaux de chaleur« )…

Le bois-énergie

Le bois-énergie représente 79 % de la consommation finale d’énergies renouvelables
thermiques pour la production de chaleur en 2011, contre 93 % en 1995.

Toutes filières confondues, c’est la principale source d’énergie renouvelable aujourd’hui, et ce sera toujours le cas en 2020 (cf. tableau précédent, où l’on voit par exemple que le solaire photovoltaïque représentera en 2020 environ 0,6 Mtep, alors que la biomasse solide représentera 7,5 Mtep – soit 12 fois plus !).

La forêt occupe près de 30% du territoire métropolitain, avec un boisement plus important à l’est et au sud mais présent dans tous les départements du territoire. Le gisement de bois-énergie exploitable  (selon une étude ADEME de 2009) est d’environ 10 MTep/an, soit l’ordre de grandeur de ce qui est actuellement consommé (8 MTep consommées en 2011). L’objectif 2020 pour les réseaux de chaleur est une distribution de 1,2 MTep de chaleur biomasse contre 0,1 MTep en 2009.
Sur ces graphiques, on peut voir une augmentation de la puissance cumulée des chaufferies bois-énergie qui est passée de 60,1 MW en 2009 à 338,3 MW en 2011, ainsi qu’une augmentation de leur nombre qui a plus que triplé entre 2009 et 2011. Mais, comme on le verra plus loin dans l’article, cette augmentation n’est pas suffisante pour atteindre les objectifs fixés.

Déchets urbains renouvelables

Les déchets renouvelables représentent 2,6% de la consommation finale d’énergies renouvelables thermiques pour la production de chaleur en 2011, sachant que la production d’énergie à partir des déchets urbains est comptabilisée pour moitié comme renouvelable.

En 2011, 414 ktep de chaleur et 191 ktep d’électricité sont produites à partir de déchets urbains. La cogénération contribue de façon importante à cette production. Les réseaux de chaleur sont un excellent moyen de valoriser cette chaleur fatale. Ainsi, l’objectif 2020 est de 0,9 Mtep de chaleur issue de la part renouvelable des déchets ménagers distribuées par les réseaux de chaleur (contre 0,4 Mtep en 2009).

Biogaz

Le biogaz représente 2,6% de la consommation finale d’énergies renouvelables thermiques pour la production de chaleur en 2011.

La production de chaleur à partir de biogaz est de 74 ktep en 2011. L’objectif 2020 est de 555 ktep avec une utilisation majoritaire par les réseaux de chaleur et l’injection dans le réseau de gaz naturel.

La trajectoire de la France vers sa cible 2020

Ce graphique confirme le retard sur la trajectoire du plan national d’action par les filières « Chauffage, refroidissement » et « Transports » : la part des EnR dans la consommation finale de chaleur et de froid est de 16,5% au lieu de 18% prévus par la trajectoire du PNA. En ce qui concerne les réseaux de chaleur, la part EnR&R moyenne est de 36% (enquête SNCU 2011), donc bien au dessus de la moyenne nationale. Ceci confirme que les réseaux de chaleur sont un moyen efficace et puissant pour mobiliser des sources renouvelables.
Ce graphique montre que la réalité n’atteint pas la trajectoire, principalement à cause de la filière biomasse solide et des autres filières chaleur.
Sur ce graphique, on voit plus précisément que la production brute de chaleur à partir de biomasse est en retrait de 977 ktep en 2011 par rapport à la trajectoire prévue. Dans une moindre mesure, les filières  de la géothermie et du solaire thermique pour la production de chaleur n’ont pas atteint la trajectoire. Le dépassement de l’objectif 2011 par les PAC et le biogaz ne suffit pas à compenser ce manque.

L’accent est donc à mettre sur l’utilisation de la biomasse, de la géothermie et du solaire thermique. D’ailleurs, l’objectif de distribution de chaleur géothermique par les réseaux de chaleur est de 0,5 MTep/an en 2020 (pour 0,13 MTep/an en 2009).

Le Fonds chaleur de l’ADEME est un des moyens permettant d’atteindre les objectifs sur la chaleur renouvelable (de +10 MTep en 2020). En effet, le fonds chaleur doit financer plus de la moitié de l’objectif (5,5 MTep).  L’ADEME considère que les résultats atteints sont en ligne avec les objectifs attendus pour 2012.

Comme cela a été confirmé par le rapport de la cour des comptes sur la politique de développement des énergies renouvelables (juillet 2013), ce fonds est donc un dispositif efficace lorsque l’on examine la quantité d’argent public investi et qu’on la rapporte aux quantités de tep renouvelables produites, en particulier pour les réalisations mobilisant la biomasse. Le coût du soutien par le fonds chaleur rapporté à la tep produite est bien plus avantageux pour les filières géothermie (1100 €/tep) et biomasse solide (485 €/tep) que pour d’autres filières, comme le solaire.

Situation de la France par rapport aux autres pays de l’Union Européenne

La Suède, le Danemark et la Finlande sont plus avancés que la France dans l’utilisation des EnR. Cela peut s’expliquer en partie par une utilisation accrue du chauffage urbain, qui couvre plus de la moitié de l’approvisionnement en chaleur des bâtiments  contre moins de 6 % en France.
La Suède vise à présent à couvrir 100 % de ses besoins en chaleur par des énergies renouvelables d’ici 2020. La création d’une taxe carbone dans les années 90 a notamment contribué au développement des réseaux de chaleur. De même au Danemark, en 1977, une taxe a été créée sur le pétrole, l’électricité et le charbon, ce qui a contribué à rendre économiquement viable les investissements dans les réseaux de chaleur.

Pour en savoir plus

Construction d’un réseau de chaleur au Grand Dijon

Sources : www.gazetteinfo.fr et www.energiesactu.fr/

Le Grand Dijon a engagé les travaux d’un réseau de chaleur qui permettra, à terme, de https://i0.wp.com/www.cete-ouest.developpement-durable.gouv.fr/IMG/jpg/130621_Gd_Dijon_Pejoces_cle0bcd26.jpgchauffer un large quart nord-est de l’agglomération dijonnaise.

En effet, les travaux de construction de la chaufferie des Péjoces (implantée au sud-est de Dijon) viennent de commencer le 13 juin dernier. Au final, il y aura trois chaudières biomasse de
11 MW chacune sur ce site complété par des chaudières mixtes gaz et fuel domestiques d’appoint.

Au Nord, une chaufferie récupèrera la chaleur issue de l’usine d’incinération des déchets avec une chaufferie gaz d’appoint.

Le souhait du Grand Dijon est que les bâtiments comme le CHU, l’université de Bourgogne, le siège de la communauté d’agglomération, l’auditorium, les écoquartiers proches du réseau …, tous grands consommateurs d’énergie, viennent s’y connecter.

Une première livraison de chaleur est prévue fin 2013, il est prévu que 80 % du chantier soit réalisé en 2015. Dalkia, qui a obtenu la Délégation de service public de ce réseau pour une durée de 25 ans, prévoit d’investir un montant de 40 millions d’euros.

Le Grand Dijon a mutualisé, en amont, les travaux du tramway avec la construction du réseau de chaleur. En effet, lors de ces travaux, les canalisations d’environ 30 cm de diamètre ont été déviées afin qu’elles ne se trouvent pas sous les rails, le réseau de chaleur en a profité pour passer ses premiers tuyaux.

Chiffres clé :

  •  30 km de réseau de canalisation à terme ;
  • 120 sous-stations ;
  • 37 000 tonnes de CO2 évités par an ;
  • Réseau alimenté à 80 % par des énergies renouvelables : valorisation de la chaleur provenant de l’usine à incinération (20 %) et construction d’une chaufferie bois (60 %) ;
  • Création de 20 emplois.

Transition énergétique : Les enjeux de la méthanisation

Source : www.transition-energetique.gouv.fr

En réduisant les émissions de gaz à effet de serre, et en contribuant à la production d’énergie renouvelable, la méthanisation représente une technologie importante pour la transition énergétique.

Qu’est-ce que la méthanisation ?
La méthanisation est un processus de dégradation de la matière organique, dans un milieu sans oxygène, due à l’action de multiples bactéries. Elle peut avoir lieu naturellement dans certains milieux, tels que les marais, ou peut être mise en œuvre volontairement dans des unités dédiées grâce à un équipement industriel.
Cette dégradation conduit à la production d’un gaz, appelé biogaz, qui peut être transformé directement en électricité, en chaleur, en biocarburant ou alors injecté dans le réseau de gaz naturel. Elle produit également un résidu, appelé digestat, qu’il est ensuite possible de valoriser comme fertilisant pour l’agriculture.
La méthanisation est donc à la fois une filière alternative de traitement des déchets organiques et une filière de production d’énergie renouvelable.

Quels sont les déchets permettant la production de biogaz ?

  • Les déchets agro-industriels (déchets carnés, graisses de restauration, …) ;
  • Les déchets agricoles (lisier, fumier, résidus de récolte, …) ;
  • Les déchets des collectivités locales (boues des stations d’épuration, ordures ménagères, tontes des pelouses,…).

Comment le biogaz peut-il être valorisé ?
Le biogaz est composé principalement de méthane et de dioxyde de carbone. Il peut être une source d’énergie intéressante, puisqu’elle peut être valorisée de différentes manières :

  • Par la production simple de chaleur qui sera consommée à proximité du site de production ;
  • Par la production combinée d’électricité et de chaleur par combustion dans un moteur ;
  • Par l’injection dans les réseaux de gaz naturel après une étape d’épuration ;
  • Par la transformation en carburant sous forme de gaz naturel.

Le biogaz permet-il de réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
L’utilisation du biogaz permet de brûler le méthane produit lors de la fermentation des déchets et d’éviter ainsi que ce gaz à effet de serre à très fort pouvoir réchauffant ne soit libéré dans l’atmosphère.
Il représente aussi une source d’énergie renouvelable puisque son contenu en carbone est exactement égal à celui qui a été absorbé naturellement dans l’atmosphère lors de la production de la matière organique.
À titre d’exemple, une unité moyenne de méthanisation agricole permet la réduction d’un millier de tonnes de CO2 chaque année.

Chiffres-clés :Objectifs de la France
L’objectif de la France est de multiplier par quatre la production d’électricité et de chaleur à partir du biogaz par rapport à 2010 d’ici 10 ans. Ainsi, le biogaz permettra d’alimenter 800 000 foyers en électricité renouvelable.

La production de biogaz aujourd’hui
En 2011, la production de biogaz en France est équivalente à la consommation moyenne de 200 000 foyers sur une année.

Les unités de méthanisation
D’ici 2020, le nombre d’unités de méthanisation devrait passer de 250 à près de 1500, notamment dans les installations agricoles.

https://i0.wp.com/www.cete-ouest.developpement-durable.gouv.fr/IMG/jpg/Schema_methanisation_27-03-13_cle025cf3.jpg