Archives du mot-clé solaire thermique

Supports de présentation de la journée solaire thermique FNCCR du 5 avril

Centrale solaire thermique à Varèse en Italie. Source : INES

La FNCCR, en partenariat avec ENERPLAN, a organisé le 5 avril 2018 une journée d’étude consacrée au solaire thermique.

Qu’il soit utilisé en toiture ou en champ, à l’échelle d’un bâtiment ou pour injection dans un réseau de chaleur, l’intérêt durable du solaire thermique est très fort, pour des coûts particulièrement compétitifs depuis ces dernières années. Moindres coûts, meilleurs rendements, renforcement des formations des installateurs, intégration dans les labels règlementaires…le solaire thermique est entré dans une nouvelle dynamique !

Outils pratiques et accompagnement projets (démarche SOCOL), encadrement règlementaire, retours d’expérience et partages sur les projets seront au cœur de cette journée, avec des interventions qui présentent l’ensemble de la chaîne de valeur d’un projet, des études territoriales en amont à la maintenance d’une installation, en passant par le dimensionnement et l’intégration dans son environnement.

Les objectifs 2018 de la PPE (voir l’arrêté relatif aux objectifs de développement des énergies renouvelables) sont de 180 kTep pour le solaire thermique. Selon Enerplan seulement un peu plus de la moitié des objectifs seront atteints. Lors de cette journée, de beaux projets de solaire thermique en réseau de chaleur, bientôt opérationnels, comme à Chateaubriand ont été présentés. Nos voisins danois sont très en avance par rapport à la France, et Johan Frey est venu présenter un retour d’expérience de plusieurs années sur le réseau de chaleur solaire avec stockage de Dronninglund.

En savoir plus

Publicités

GT réseaux de chaleur en Auvergne-Rhône-Alpes le 19 janvier à l’INES

Auvergne-Rhône-Alpes Energie Environnement organise son prochain groupe de travail sur les réseaux de chaleur le vendredi 19 janvier 2018, de 13h30 à 17h à l’INES (Le Bourget-du-Lac, 73).

Seront présentées les actualités nationales et régionales sur les réseaux de chaleur/froid, notamment l’étude Cerema réalisée pour la DREAL sur la cartographie des réseaux de chaleur et leur potentiel de développement en AuRA en vu de fixer des objectifs plus précis dans le future SRADDET (schéma régional incluant le Schéma Régional Climat Air Énergie). Est également prévu une visite de l’installation expérimentale de réseau de chaleur du CEA INES qui intègre une chaudière gaz à condensation de 280 kW, 40 m3 de stockage et 300m² de panneaux solaires thermiques.

Programme, inscriptions, liste participants ici.

En savoir plus

Réaliser un état des lieux et étudier le potentiel de développement des réseaux de chaleur/froid à l’échelle régionale (fiche 4 pages, guide, exemples)

Rappel: 3ème conférence internationale sur les réseaux de chaleur solaires – Toulouse (France) – 17 et 18 juin 2015

SDHLa 3ème conférence internationale sur les réseaux de chaleur solaires, organisée par SDH (Solar District Heating), aura lieu les 17 et 18 juin 2015 à Toulouse, en France.

Cette édition 2015, co-organisée par l’association AMORCE, le CEA-INES, le bureau d’études Tecsol et Solites (Allemagne) sera consacrée aux retours d’expérience en matière de réalisations et de gestion de réseaux de chaleur solaire dans la sphère européenne. Ce coup de projecteur sur des projets souvent emblématiques apportera une expertise précieuse aux nouveaux entrants dans le secteur. La conférence sera l’occasion de traiter de la gestion de l’urbanisme, des business models pertinents et des stratégies marketing dynamiques qui représentent autant de vecteurs de réussite des réseaux de chaleur solaire.

Par ailleurs, les derniers développements technologiques sur le sujet – concepts avancés, nouveaux produits et composants des réseaux de chaleur solaire – seront également présentés pendant ces deux jours.

Pour plus de renseignements ICI

ADEME : Appel à candidatures Chaleur renouvelable 2014 en Corse

Source : Ademe

Appel à candidatures portant sur

  • Les chaufferies bois énergie collectives d’une production minimum de 100 tep/an (et les équipements de mobilisation et de stockage du bois).
  • Les installations solaires thermiques de plus de 25 m².
  • Les installations de pompe à chaleur sur aquifère superficiel, sur champs de sondes géothermiques, maréthermiques ou sur réseaux d’eau usées.
  • Les créations et extensions de réseaux de chaleur alimentés par plus de 50 % d’énergies renouvelables ou de récupération.

Dates de remise des candidatures

  • 1ère session : 27 juin 2014
  • 2ème session : 12 septembre 2014

Cet appel à candidatures s’inscrit dans le cadre du PRODEME (Programme de Développement des Energies Renouvelables et de la Maîtrise de l’Energie), issu d’un partenariat entre l’Etat, l’ADEME et la Collectivité Territoriale de Corse, formalisé par une convention en 2014. Par ailleurs, selon la nature des projets, des fonds propres ADEME (Fonds chaleur), des fonds FEDER ou des aides d’EDF pourront être mobilisés.

ADEME : appel à projets « Nouvelles Technologies Émergentes » (NTE)

Source : ADEME

ADEMELe Fonds Chaleur est l’une des mesures majeures en faveur du développement des Energies Renouvelables. Ce programme permet de diffuser des solutions de production de chaleur à partir d’énergies renouvelables jugées techniquement matures, en les aidants à atteindre une compétitivité économique par rapport aux installations utilisant une énergie conventionnelle.Cependant, certaines technologies se développent à une échelle industrielle ou quasi industrielle, en France ou à l’étranger, et ne sont pas aujourd’hui éligibles au Fonds Chaleur faute de retours d’expériences objectifs sur leurs performances réelles in-situ.

Par conséquent, dans la perspective de progresser sur la connaissance de ces technologies en devenir et les porter vers une plus large diffusion en cas de performances avérées, l’ADEME souhaite accompagner à travers cet appel à projets intitulé « Nouvelles Technologies Emergentes », certaines opérations « pilotes » suffisamment instrumentées, dans l’objectif de bénéficier d’un retour d’expérience consolidé pour apprécier leur maturité.

Les projets attendus à l’AAP NTE 2014 concernent les nouvelles technologies en liens avec l’énergie solaire, la géothermie, la combustion de la biomasse et le couplage de ces énergies aux réseaux de chaleur :

Energie solaire

  • Systèmes solaires thermiques pour la production d’eau chaude à usage d’ECS et/ou de Chauffage en résidentiel collectif (30 logements maximum, « priorité » donnée aux schémas hydrauliques avec appoints individualisés, aux schémas avec retour de bouclage et aux Systèmes Solaires Combinés)
  • Systèmes solaires thermiques de préchauffage d’air ou d’eau pour les applications de chauffage/climatisation des locaux industriels et tertiaires (« priorité » données aux capteurs solaires innovants type « mur solaire » ou modules solaires hybrides Thermique/Photovoltaïque)
  • Systèmes solaires thermiques pour applications industrielles : process basse température (<110°C)

Géothermie

  • Installations de PAC décentralisées sur boucle d’eau tempérée sur champ de sondes géothermiques
  • Installations de fondations thermoactives ou « Géostructures » (pieux, parois, parking souterrain d’un immeuble, tunnels de métro,…)

Biomasse (production thermique >100 tep/an exclusivement)

  • Installations de foyers à combustion « optimisée » pour réduire les émissions de polluants (« priorité » donnée aux foyers à « Bas NOx » ou aux technologies d’adaptation aux variations de charges, gazéification…)
  • Installation de nouveaux systèmes de traitement des fumées (filtres à manches en céramique ou en Inox, électrofiltres tubulaire, couplage avec la condensation…)

Réseau de Chaleur

  • Systèmes solaires thermiques « centralisés » ou « décentralisé » pour couplage à un réseau de chaleur basse température

Les projets sélectionnés seront ceux qui apporteront la meilleure réponse globale aux questions énergétiques, économiques et environnementales. Les projets devront intégrer l’efficacité des systèmes de production mais aussi les questions de cohérence par rapport à leur environnement proche, le sens économique, l’intérêt collectif des usagers consommateurs et l’impact environnemental.

Le dossier de candidature rédigé en réponse à l’AAP NTE 2014, doit être déposé sur la plateforme dédiée avant le 28/04/2014 10h.

2ème conférence internationale sur les réseaux de chaleur solaires – 3-4 juin 2014, Hambourg

solaireLe groupe de travail européen SDH+ organise en juin prochain à Hambourg la deuxième conférence internationale sur l’utilisation de l’énergie solaire dans les réseaux de chaleur. Intégration technique des systèmes solaires dans les réseaux, réseaux de chaleur intelligents combinant cogénération et solaire thermique, réseaux solaires en zone peu dense, stratégies commerciales et politiques, nouveaux services et technologies…

2nd International Solar District Heating Conference

3-4 June 2014, Hamburg

The 2014 edition of the Solar District Heating Conference takes place on 3 and 4 June 2014 in Hamburg. Market actors and experts are invited to gather for exchanging experience on the newest developments and networking at international level.

Key topics of the conference are: technical system integration of solar thermal into district heating, smart district heating systems combining CHP and solar thermal, solar district heating for housing areas and villages, policy, market strategies and business models as well as new products, technologies and services.

The conference is hosted in the halls of the old waterworks of Hamburg’s municipal energy supplier Hamburg Energie, who at the same time will present its outstanding solar district heating project ‘Energiebunker’ in technical tours before and after the conference sessions.

Registration is now open !

Make sure to be part of this essential renewable heat event !

Please download the registration form, and send it completed to i.melsa@agfw.de or by fax to +49 69 6304 391.

Participation fees are 230 € excl.VAT for early bird registration until 2 May 2014 and 290 € excl. VAT from 3 May 2014 on.

Looking forward to welcoming you to this great event,

Your SDH Conference 2014 Organizing Team

Chiffres clés des énergies renouvelables 2013 : liens avec les réseaux de chaleur

Extrait des Chiffres clés des énergies renouvelables – Édition 2013 – Service de l’observation et des statistiques (SOeS – MEDDE)

L’Union européenne s’est fixé l’objectif de satisfaire 20 % de sa consommation finale d’énergie par les énergies renouvelables à l’horizon 2020 ; cette ambition se traduit par une cible de 23 % pour la France.
Le Service de l’observation et des statistiques du ministère du développement durable a donc souhaité rassembler dans un seul document ses données les plus récentes sur les énergies renouvelables afin de les mettre à disposition d’un large public. Les quatre parties de ce document permettent ainsi de situer les énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de la France, de présenter les différentes filières des énergies renouvelables, en mettant particulièrement l’accent sur la dimension territoriale, de mesurer la trajectoire de la France vers sa cible d’ici 2020 et, enfin, de situer notre pays par rapport à ses voisins européens et au reste du monde.

Nous vous proposons ici une lecture « réseaux de chaleur » de ces chiffres clés, c’est-à-dire orientée sur les données concernant la chaleur renouvelable ainsi que les gisements énergétiques préférentiels des réseaux de chaleur.

Les énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de la France

La production et la consommation de chaleur est le premier usage des ressources renouvelables, devant l’électricité.

bilan énergétique EnR primaire à finale
Sur les 19,49 MTep de ressources primaires d’EnR, 12,28 sont de l’énergie renouvelable thermique. Sur ces 12,28 MTep d’EnRt, la consommation finale de chaleur renouvelable est de 11,62 MTep. La consommation finale d’électricité renouvelable est quant à elle de 5,57 MTep.
Dans ce tableau, on voit bien que les objectif 2020 sont de +20MTep d’énergie renouvelable dans la consommation finale (passage de 16 MTep en 2005 à 36 MTep requises en 2020), dont +10MTep de chaleur renouvelable (passage de 9 à 19 MTep). La contribution des réseaux de chaleur dans cette objectif d’augmentation de la chaleur renouvelable est d’1/4, soit +2,5MTep de chaleur renouvelable distribuée par un réseau de chaleur. On peut rappeler ici que les réseaux de chaleur  sont un puissant moyen pour mobiliser massivement d’importants gisements d’EnR tels que la biomasse, le solaire thermique, la géothermie, le bois-énergie, les déchets urbains (voir « Découvrir les réseaux de chaleur« )…

Le bois-énergie

Le bois-énergie représente 79 % de la consommation finale d’énergies renouvelables
thermiques pour la production de chaleur en 2011, contre 93 % en 1995.

Toutes filières confondues, c’est la principale source d’énergie renouvelable aujourd’hui, et ce sera toujours le cas en 2020 (cf. tableau précédent, où l’on voit par exemple que le solaire photovoltaïque représentera en 2020 environ 0,6 Mtep, alors que la biomasse solide représentera 7,5 Mtep – soit 12 fois plus !).

La forêt occupe près de 30% du territoire métropolitain, avec un boisement plus important à l’est et au sud mais présent dans tous les départements du territoire. Le gisement de bois-énergie exploitable  (selon une étude ADEME de 2009) est d’environ 10 MTep/an, soit l’ordre de grandeur de ce qui est actuellement consommé (8 MTep consommées en 2011). L’objectif 2020 pour les réseaux de chaleur est une distribution de 1,2 MTep de chaleur biomasse contre 0,1 MTep en 2009.
Sur ces graphiques, on peut voir une augmentation de la puissance cumulée des chaufferies bois-énergie qui est passée de 60,1 MW en 2009 à 338,3 MW en 2011, ainsi qu’une augmentation de leur nombre qui a plus que triplé entre 2009 et 2011. Mais, comme on le verra plus loin dans l’article, cette augmentation n’est pas suffisante pour atteindre les objectifs fixés.

Déchets urbains renouvelables

Les déchets renouvelables représentent 2,6% de la consommation finale d’énergies renouvelables thermiques pour la production de chaleur en 2011, sachant que la production d’énergie à partir des déchets urbains est comptabilisée pour moitié comme renouvelable.

En 2011, 414 ktep de chaleur et 191 ktep d’électricité sont produites à partir de déchets urbains. La cogénération contribue de façon importante à cette production. Les réseaux de chaleur sont un excellent moyen de valoriser cette chaleur fatale. Ainsi, l’objectif 2020 est de 0,9 Mtep de chaleur issue de la part renouvelable des déchets ménagers distribuées par les réseaux de chaleur (contre 0,4 Mtep en 2009).

Biogaz

Le biogaz représente 2,6% de la consommation finale d’énergies renouvelables thermiques pour la production de chaleur en 2011.

La production de chaleur à partir de biogaz est de 74 ktep en 2011. L’objectif 2020 est de 555 ktep avec une utilisation majoritaire par les réseaux de chaleur et l’injection dans le réseau de gaz naturel.

La trajectoire de la France vers sa cible 2020

Ce graphique confirme le retard sur la trajectoire du plan national d’action par les filières « Chauffage, refroidissement » et « Transports » : la part des EnR dans la consommation finale de chaleur et de froid est de 16,5% au lieu de 18% prévus par la trajectoire du PNA. En ce qui concerne les réseaux de chaleur, la part EnR&R moyenne est de 36% (enquête SNCU 2011), donc bien au dessus de la moyenne nationale. Ceci confirme que les réseaux de chaleur sont un moyen efficace et puissant pour mobiliser des sources renouvelables.
Ce graphique montre que la réalité n’atteint pas la trajectoire, principalement à cause de la filière biomasse solide et des autres filières chaleur.
Sur ce graphique, on voit plus précisément que la production brute de chaleur à partir de biomasse est en retrait de 977 ktep en 2011 par rapport à la trajectoire prévue. Dans une moindre mesure, les filières  de la géothermie et du solaire thermique pour la production de chaleur n’ont pas atteint la trajectoire. Le dépassement de l’objectif 2011 par les PAC et le biogaz ne suffit pas à compenser ce manque.

L’accent est donc à mettre sur l’utilisation de la biomasse, de la géothermie et du solaire thermique. D’ailleurs, l’objectif de distribution de chaleur géothermique par les réseaux de chaleur est de 0,5 MTep/an en 2020 (pour 0,13 MTep/an en 2009).

Le Fonds chaleur de l’ADEME est un des moyens permettant d’atteindre les objectifs sur la chaleur renouvelable (de +10 MTep en 2020). En effet, le fonds chaleur doit financer plus de la moitié de l’objectif (5,5 MTep).  L’ADEME considère que les résultats atteints sont en ligne avec les objectifs attendus pour 2012.

Comme cela a été confirmé par le rapport de la cour des comptes sur la politique de développement des énergies renouvelables (juillet 2013), ce fonds est donc un dispositif efficace lorsque l’on examine la quantité d’argent public investi et qu’on la rapporte aux quantités de tep renouvelables produites, en particulier pour les réalisations mobilisant la biomasse. Le coût du soutien par le fonds chaleur rapporté à la tep produite est bien plus avantageux pour les filières géothermie (1100 €/tep) et biomasse solide (485 €/tep) que pour d’autres filières, comme le solaire.

Situation de la France par rapport aux autres pays de l’Union Européenne

La Suède, le Danemark et la Finlande sont plus avancés que la France dans l’utilisation des EnR. Cela peut s’expliquer en partie par une utilisation accrue du chauffage urbain, qui couvre plus de la moitié de l’approvisionnement en chaleur des bâtiments  contre moins de 6 % en France.
La Suède vise à présent à couvrir 100 % de ses besoins en chaleur par des énergies renouvelables d’ici 2020. La création d’une taxe carbone dans les années 90 a notamment contribué au développement des réseaux de chaleur. De même au Danemark, en 1977, une taxe a été créée sur le pétrole, l’électricité et le charbon, ce qui a contribué à rendre économiquement viable les investissements dans les réseaux de chaleur.

Pour en savoir plus

Filtre réseaux de chaleur/froid du rapport du groupe de travail sur les énergies renouvelables

source : Site gouvernemental sur la transition énergétique ; Rapport du groupe de travail « Quels choix en matière d’énergies renouvelables et de nouvelles technologies de l’énergie et quelle stratégie de développement industriel et territorial ? »

Le rapport du groupe de travail sur les énergies renouvelables a été présenté au Conseil national du débat sur la transition énergétique le 25 avril 2013. Est synthétisé dans cette article les éléments concernant les réseaux de chaleur/froid, et sont ajoutés des éclaircissements sur les réseaux non présent dans le rapport.

Rappel des objectifs EnR&R

La France s’est fixé un objectif développement des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie de 23% en 2020. Ci-dessous la progression constatée depuis 2005 :

Cet objectif correspond à augmenter de 20 Mtep la production d’énergie renouvelable, dont 10 Mtep pour la chaleur renouvelable. Les réseaux de chaleur ont une place importante dans l’atteinte de ces objectifs puisqu’ils doivent augmenter la production d’énergie renouvelable de 2.5 Mtep d’ici 2020.

La biomasse (en particulier le bois-énergie pour ses usages thermiques) est très contributrice de tep dans l’atteinte des objectifs 2020, son développement repose sur la production de chaleur et la production d’électricité (cogénération).

-> rappel : l’objectif 2020 est  d’1,2 Mtep/an  de chaleur biomasse distribuée les réseaux (contre 0,1 Mtep/an en 2009)

La valorisation du méthane d’origine renouvelable contribue également à l’atteinte des objectifs de développement des EnR dans d’autres usages (injection réseaux de gaz, production d’électricité, production de chaleur).

La géothermie présente l’intérêt de pouvoir couvrir tous les segments de marchés (particuliers, collectif, réseaux de chaleur, centrales électriques dans les DOM COM). Elle assure la production de chauffage et d’eau chaude sanitaire de 1,8 millions d’habitants et représente, selon l’AFPG, près de 6,5 % de l’emploi généré par les EnR en France. Les emplois liés à la géothermie (foreurs, installateurs, bureaux d’études, équipementiers…) sont généralement des emplois de proximité non délocalisables. Avec la technologie des sondes géothermiques verticales assistées par pompes à chaleur, cette énergie est disponible sur plus de 90 % du territoire national. Le potentiel français est sous-exploité et pourrait être multiplié par 10 dans les 15 ans à venir.

-> rappel : l’objectif 2020 est  d’0,5 Mtep/an  de chaleur géothermique distribuée les réseaux (contre 0,13 Mtep/an en 2009)

La contribution de toutes les filières dans l’ensemble des secteurs (chaleur, électricité, transport) et la mobilisation de tous les acteurs publics et privés de la chaîne de la valeur (industriels, prescripteurs, porteurs de projets, …) sont nécessaires pour permettre à notre pays d’être au rendez-vous des objectifs de 2020.

Accélérer la simplification et la cohérence du cadre administratif et réglementaire des filières EnR

Dans son ensemble, le groupe de travail a souligné la difficulté à atteindre les objectifs 2020 au rythme actuel pour certaines filières EnR : il a donc établi une liste de propositions à même de rationaliser et de simplifier les procédures administratives et réglementaires applicables à certaines énergies renouvelables et aux infrastructures de réseaux, dont les réseaux de chaleur.

Le groupe considère qu’il pourrait être intéressant d’étudier la généralisation des critères d’efficacité énergétique et d’utilisation d’énergies renouvelables dans les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU), les Plans départementaux et programmes locaux de l’Habitat (PDH et PLH) et les Plans de Déplacement Urbains (PDU).

Les membres du groupe de travail ont fait un certain nombre de propositions filière par filière :

  • Biomasse pour la production de chaleur collective

Dans le cadre de la consultation actuelle sur les projets d’arrêtés relatifs aux installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) soumises à autorisation, à enregistrement et à déclaration sous la rubrique n°2910 (combustion), les mesures suivantes sont proposées :
– Les contraintes sur l’utilisation de bois d’emballage en fin de vie (palettes) ne doivent pas conduire à l’abandon de cette ressource importante de bois énergie ;
– La valorisation énergétique du bois de déconstruction nécessite un surinvestissement dans les installations compte-tenu du traitement nécessaire des fumées par rapport à des installations
utilisant du bois propre. il conviendra de mettre en place un dispositif de soutien dédié et adapté aux installations valorisant uniquement les bois de déconstruction (appel d’offres par exemple) en prenant soin de minimiser les impacts environnementaux supplémentaires. Aujourd’hui ce bois faiblement pollué est exporté hors de France. Il représente un potentiel de valorisation important pour la filière.

> Cette évolution future de la réglementation des ICPE impactera toutes les chaufferies biomasse françaises, source d’alimentation EnR de nombreux réseaux de chaleur.

  • Méthanisation
    La proposition principale est de ne demander aux porteurs de projets qu’un seul et unique dossier à déposer auprès des banques et gestionnaires de réseaux. Par ailleurs, il est proposé de :
    – Simplifier le traitement des dossiers : Il est nécessaire d’harmoniser les formulaires administratifs des dossiers de demande de subvention pour permettre un traitement similaire de la part de l’administration et des financeurs, et alléger les démarches du porteur de projet.
    – Les seuils ICPE : Le seuil « installations classées » pour le régime enregistrement est de 30t/j de matières traitées, et le seuil pour l’autorisation est de 50t/j. Le relèvement de ces seuils en cohérence avec les seuils européens permettrait des
    simplifications pour les porteurs de projets.
  • Géothermie
    Les membres du groupe de travail considèrent nécessaire une simplification administrative pour faciliter les projets de géothermie, tout en garantissant leur qualité environnementale. Ils souhaitent notamment que le code minier soit réformé pour simplifier les forages géothermiques jusqu’à 300m de profondeur. Tous les travaux doivent être réalisés par des entrepreneurs certifiés/labellisés/agréés.

Financer efficacement le développement des filières énergies renouvelables

État des lieux

Les énergies renouvelables sont des formes d’énergie dont le développement appelle encore un soutien de la puissance publique. Si les coûts d’exploitation et de maintenance sont généralement moins élevés que pour les filières traditionnelles (en raison notamment des coûts de combustible faible (bois) ou nuls), les coûts d’investissements (€/W) sont plus élevés (cf. note de position des experts). Les membres du groupe de travail ont formulé des propositions d’ordre économique (concernant les recettes ou les charges).

-> Ce constat s’avère d’autant plus vrai pour les réseaux de chaleur et de froid pour lesquels l’investissement de départ est  important (du notamment à une durée de vie très grande)

Propositions du groupe de travail

– Le financement de la chaleur renouvelable : la biomasse, première énergie renouvelable à financer. Il est rappelé l’efficacité du fonds chaleur géré par l’ADEME […] qui permet de développer des chaufferies biomasse mais également des centrales géothermiques et du solaire thermique collectif.
– Un effort budgétaire pour augmenter (doublement) la dotation budgétaire de cet outil performant est recommandé rappelant que le poids de la chaleur renouvelable dans l’atteinte des objectifs 2020 est très important, notamment la biomasse issue de la forêt. Par ailleurs, un fonds de gestion durable de la forêt (d’une centaine de millions d’euros/an) pourrait permettre d’augmenter l’offre de plaquettes issues de la forêt, tout en renforçant la labellisation et en respectant les autres fonctions forestières (biodiversité).

Le Fonds chaleur est l’un des principaux leviers financiers actuels pour les réseaux de chaleur : en 2011, les réseaux de chaleur ont représenté 39% des 246 millions d’euros d’aides du fonds chaleur, pour une assiette totale de travaux de 220 millions d’euros. Le taux moyen d’aide des projets de réseaux de chaleur s’est ainsi élevé à 30%.

Les réseaux, le stockage et l’accueil des énergies renouvelables

Le groupe de travail a estimé que les sujets liés aux réseaux et stockage étaient essentiels au traitement du développement des énergies renouvelables, tous les réseaux étant concernés, dont les réseaux de chaleur.

Le groupe de travail a donc décidé de solliciter des experts dont Nicolas Garnier d’AMORCE pour les réseaux de chaleur. Ceux-ci ont été auditionnés lors d’une de séance de travail.

Pour le secteur de la chaleur, l’expert d’AMORCE a indiqué qu’il existe un désaccord sur les chiffres. Toutefois selon AMORCE, il existe en France 450 réseaux de chaleur de grande taille et 300 à 350 réseaux de petite taille. Les projets CRE restent à la marge du développement des réseaux de chaleur. Les réseaux de chaleur représentent 6% du chauffage en France mais permettent une intégration très importante d’énergies renouvelables – 25 à 30% aujourd’hui – grâce à la biomasse et aux usines d’incinération (dont 50% de la production est considérée comme renouvelable). Parmi les constructions de nouveaux logements, 95% sont alimentés par les réseaux de gaz et d’électricité, les 5% restants sont alimentés par des réseaux de chaleur. Il est souligné la nécessité d’évolution des anciens réseaux de chaleur en particulier du fait des baisses de consommation à venir dans les logements. Un grand nombre de campus universitaires est équipé de réseaux de chaleur.

Analyse et propositions du groupe de travail

– Le groupe de travail considère que la R&D sur les solutions de stockage de l’énergie et notamment la méthanation doit être encouragée.

Les réseaux de chaleur constituent un vecteur important pour l’intégration des énergies renouvelables thermiques notamment pour les installations de grandes capacités :

Planification et intégration des réseaux de chaleur aux activités traditionnelles de l’urbanisme : afin de baisser le coût résiduel du réseau, lors de la création de ZAC ou de nouveaux quartiers, inciter à intégrer le coût du génie civil du réseau dans le lot global VRD de l’aménagement de la zone. En effet, les réseaux de chaleur supportent souvent les coûts des travaux induits (revêtement de sol) qui relèvent de l’aménagement urbain ;
Favoriser le raccordement aux réseaux de chaleur existants : en particulier, imposer de réaliser une approche en « coût global » pour les solutions individuelles concurrentes des réseaux de chaleur (incluant non seulement l’investissement initial, mais aussi les coûts de maintenance et de renouvellement,
les coûts globaux des énergies entrantes…) afin d’orienter le choix vers la solution la plus performante d’un point de vue technico-économique, au cas par cas ;
– Envisager une montée progressive, et programmée dans le temps, des taux d’EnR de 50% à 75% pour les seuils d’incitations fiscales existants (TVA, classement..) entre 2015 et 2030.

Propositions non consensuelles

En annexe du rapport se trouvent les propositions qui n’ont pas fait l’unanimité au sein du groupe travail. Parmi ces propositions, nous relevons celles concernant les réseaux de chaleur et de froid :

– vision ADEME : Les objectifs 2030 de développement des réseaux de chaleur sont la conséquence des objectifs des autres EnR. Au total, les réseaux livreront 5,3 Mtep d’EnR&R sur un total de 6,8 Mtep de chaleur. Une partie de production supplémentaire d’ENR centralisées (biomasse,  géothermie, PAC, solaire thermique) permettra de faire monter le taux d’EnR&R des réseaux existant à 75%. Il est en effet techniquement complexe, voire économiquement non viable de vouloir atteindre un taux d’EnR de 100%. Le reste nécessitera la création ou l’extension de 9200 km de réseaux (création et extension), aboutissant à 12800 km de réseau, soit un facteur 3,6 par rapport à la situation actuelle. 5,1 millions de logements (contre 2 millions en 2010) seront raccordés à un réseau de chaleur à l’horizon 2030, soit 2,5 fois plus qu’aujourd’hui.

– vision ADEME : Pour faire face à la baisse des consommations de chauffage dans les zones urbaines (du fait des programmes de réhabilitation), les réseaux existants devront être densifiés ou étendus pour atteindre de nouveaux abonnés. Ils devront aussi être adaptés progressivement (équilibrage des réseaux, modification des productions et des bouquets énergétiques).

Renforcer et pérenniser le fonds chaleur et mettre en œuvre un fonds de soutien à la mobilisation de la biomasse-énergie, de manière à permettre de maintenir le rythme actuel de développement de la chaleur renouvelable dans les réseaux de chaleur et atteindre l’objectif national de 3,2 MTep en 2020 puis 5 MTep en 2025.