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Actualisation du scénario énergie-climat 2035-2050 de l’ADEME

Source : presse.ademe.fr

L’ADEME vient d’actualiser son scénario énergie-climat 2035-2050. Celle-ci vise à souligner les efforts qui devront être faits d’ici 2035 afin de permettre la réalisation des objectifs pour 2050, à savoir la réduction des émissions des gaz à effet de serre et de la consommation d’énergie finale.

Cette actualisation intervient en période de révision de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et de la programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE).

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Étude ADEME sur les marchés et emplois liés à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables

Depuis 2008, l’ADEME dresse chaque année un état des lieux des marchés et des emplois relatifs aux principales activités liées à l’amélioration de l’efficacité énergétique et au développement des énergies renouvelables en France. L’étude s’intéresse à une trentaine de segments de marchés : travaux de rénovation énergétique dans les logements existants, diffusion des équipements domestiques énergétiquement performants, transports collectifs, véhicules particuliers, équipements et installations destinés à produire des énergies renouvelables (EnR). Elle estime également les ventes d’énergies d’origine renouvelable.

Cet article reprend les points clés du focus sur les réseaux de chaleur, p.257-267 du rapport.

Les réseaux de chaleur en augmentation sur tous les fronts (longueur, investissement, emplois…)

tendances réseaux 2011-2013

Entre 2005 et 2011, la longueur des réseaux de chaleur suivis par l’enquête du SNCU a augmenté de 648 km (+25%).
Entre 2009 et 2013, de l’ordre de 530 projets de réseaux de chaleur ont été aidés par le Fonds Chaleur. Représentant 1 200 km et un montant d’investissements de 1,2 milliards d’euros, ces projets devraient se traduire à terme par la distribution de 169 ktep de chaleur supplémentaire (+10% par rapport à 2011).
graphique réalisations réseaux en M€
graphique mises en service annuelles en km
En 2013, les marchés liés à la réalisation des investissements et à l’exploitation des réseaux de chaleur devraient représenter 840 M€ et les emplois 5400 équivalents temps plein.

graphique emplois réseauxMais est-ce suffisant ? Rappel des objectifs

Les enjeux du développement des réseaux de chaleur en France sont grands : ce vecteur est l’unique moyen de développer certaines ressources renouvelables et de récupération telles que la géothermie profonde, la chaleur rejetée par les industries ou les usines d’incinération de déchets. De plus, la chaleur représente environ la moitié de la consommation d’énergie nationale (voir fiche Généralités sur la chaleur).

Ainsi, les objectifs 2020 et 2030 sur les réseaux de chaleur sont les suivants :

situations et objectifs 2020-2030 pour les réseaux
situations et objectifs 2020-2030 pour les réseaux

Prévisions et perspectives

Ces objectifs apparaissent difficilement atteignables malgré l’impulsion donnée par le Fonds Chaleur : la longueur des projets aidés sur la période 2009–2013 représente 1 300 km soit 40% de la longueur des réseaux existants en 2005. La longueur du réseau atteindrait 4 900 km en 2017, alors qu’à densité énergétique comparable (nombre d’équivalents logements desservis par km, de l’ordre de 570 équivalents logements par km de réseau), il faudrait environ 10 000 km pour atteindre les 6 millions d’équivalents logements, soit 5 000 km de plus en 3 ans.
Mais surtout, selon l’enquête SNCU, le nombre d’équivalents logements desservis par les réseaux n’aurait augmenté que de 75 000 entre 2005 et 2011. La densité est passée de 670 à 570 équivalents logements par kilomètre. Même si l’on admet une sous estimation de la croissance des petits réseaux dans l’enquête, il est évident que l’on est loin du rythme nécessaire.

Comment développer les réseaux de chaleur ?

-> Voir les 4 axes de développement des réseaux de chaleur

En savoir plus

Les réseaux de chaleur en Bretagne : état des lieux et perspectives à partir de l’exemple du Danemark – Rapport de Master

Pour son Master de Sciences Pour l’Ingénieur, parcours Energétique à l’Université de Bretagne Sud à Lorient, Jérémy Cléro a travaillé avec le Département de Développement et Planification de l’Université d’Aalborg au Danemark sur les perspectives du développement des réseaux de chaleur en Bretagne à partir de l’exemple du Danemark. Il a effectué son stage entre juillet et décembre 2014.

Voici son rapport, intitulé « Les réseaux de chaleur en Bretagne : état des lieux et perspectives à partir de l’exemple du Danemark ».

Voir également

Formation « Réseaux de chaleur : les positionner dans la stratégie énergie-climat et les développer » – mars 2015

Organisée par Ponts Formation Conseil et coordonnée par le pôle Réseaux de Chaleur du Cerema, la formation « Réseaux de chaleur : les positionner dans la stratégie énergie-climat et les développer » est reconduite en 2015.

Présentation

  • En Bref

Les réseaux de chaleur et de froid urbains sont un élément essentiel du dispositif énergétique des villes, car ils permettent l’accroissement de la production de chaleur renouvelable. Cette formation donne les éléments pour examiner leur opportunité dans une politique énergétique urbaine, depuis l’échelle de la ville jusqu’à celle du quartier. Les outils permettant de soutenir le développement des réseaux de chaleur, notamment en lien avec l’urbanisme et l’aménagement, sont également présentés.

  • Thématiques

*Cadre juridique et politique de l’énergie à différentes échelles territoriales.
*Avantages et inconvénients du développement des réseaux de chaleur, points de vue des acteurs.
*Cadre d’intervention des collectivités, outils d’urbanisme, outils juridiques de soutien aux projets

Programme détaillé

Voir sur le site de Ponts Formation Conseil : Réseaux de chaleur : les positionner dans la stratégie énergie-climat et les développer

Informations pratiques

Contacts :

Comparaison France-Danemark sur les réseaux de chaleur

Dans le cadre d’un stage sur l’impact du développement des réseaux de chaleur en région Bretagne, Jérémy Cléro a présenté une synthèse de la situation de la France et du Danemark sur les réseaux de chaleur au groupe de travail Amorce sur le développement des réseaux de chaleur le 4 novembre dernier.

Jérémy Cléro est en Master de Sciences Pour l’Ingénieur à l’UFR de Sciences et Sciences de l’Ingénieur de LORIENT et en Master d’ingénieur en énergie renouvelable, planification et management à l’Université d’Aalborg au Danemark.

Les réseaux de chaleur sont beaucoup plus développés au Danemark qu’en France, ainsi que les énergies renouvelables et de récupération. En effet, les réseaux de chaleur ne fournissent que 6% du chauffage en France – où ils sont alimentés à 38% par des EnR&R – contre 64% au Danemark – où ils ont 51% d’EnR&R.

Sa présentation est la suivante :

Prezicomparaison France-Danemark

Voir aussi

Analyse comparative de la situation des réseaux de chaleur et de froid en France et aux Etats-Unis

Mémoire de thèse professionnelle réalisé par Sabine Corcos, étudiante en Mastère Spécialisé Politiques et actions publiques pour le développement durable (PAPDD), avec la collaboration du pôle Réseaux de Chaleur du CETE de l’Ouest – juin 2013.

Résumé

Les réseaux de chaleur et de froid consistent à centraliser la production de chaleur ou de froid pour desservir plusieurs usagers. Ils présentent généralement des avantages par rapport aux solutions décentralisées en matière de diminution des émissions de gaz à effet de serre mais aussi en termes de fiabilité et de sécurité. Les situations des réseaux de chaleur dans le monde sont très constrastées et dépendent fortement des politiques énergétiques menées dans les différents pays. Nous avons réalisé une étude comparative de leur situation en France et aux Etats-Unis.

Alors même que le chauffage urbain moderne est né aux Etats-Unis, les réseaux de chaleur ne couvrent aujourd’hui que 4% des besoins de chauffage. Ils ont été conçus par les Electric Utilities américaines à la fin du XIXème comme des moyens d’utiliser la chaleur fatale perdue lors de la production d’électricité. En France, où les 450 réseaux distribuent 6% de la chaleur consommée, ils ont accompagné les politiques d’urbanisation des années 60 et sont en majorité issus d’initiatives de collectivités locales. Alors que le secteur résidentiel constitue la majorité des clients des réseaux en France, c’est le secteur commercial ainsi que les campus universitaires qui sont majoritaires aux Etats-Unis.

La France a fixé des objectifs clairs en matière de politique énergie-climat contrairement aux Etats-Unis. Les lois Grenelle en France promeuvent directement les réseaux de chaleur conçus comme des outils de mobilisation massive des énergies renouvelables et de récupération. Le fonds chaleur, l’obligation d’étudier la faisabilité d’un réseau alimenté par des énergies renouvelables ou de récupération pour tout projet d’aménagement, la révision de la procédure de classement sont des mesures phares des lois Grenelle. Aux Etats-Unis, certaines politiques fédérales ou étatiques peuvent soutenir indirectement les réseaux via le soutien de la cogénération, à laquelle ils sont très souvent associés. Au niveau des Etats, on peut citer les Clean Energy Funds, Renewable and Alternative Portfolio Standars, Energy Efficient Ressource Standards.

Dans les deux pays, on note un renforcement du rôle des acteurs locaux à travers les outils de planification urbaine qui sont les plus adaptés pour permettre le déploiement des réseaux. De plus, la réglementation au niveau de la certification des bâtiments tend à évoluer en faveur des réseaux. Alors que les initiatives publiques sont majoritaires en France, aux Etats-Unis, la propriété et la responsabilité incombent plus largement aux entreprises privées. Cependant, un nombre croissant de villes, seules à avoir une vision de long terme, sont impliquées dans les nouveaux projets de réseaux fortement capitalistiques.

Quel avenir pour les réseaux de chaleur ? Des innovations visant à optimiser les paramètres des réseaux se développent. Le stockage d’énergie thermique, tout comme les réseaux basses températures par exemple, permettent de maximiser l’utilisation d’énergie renouvelable ou de récupération. Ces innovations sont clefs pour faire des réseaux des outils indispensables à la lutte contre l’effet de serre dans les deux pays. Aux Etats-Unis, il semble que la conscience des avantages sociétaux des réseaux se renforce. L’International District Energy Association milite pour obtenir davantage de politiques de soutien fédérales pour les réseaux de chaleur en mettant en avant la capacité des réseaux à mobiliser massivement les énergies renouvelables et de récupération, se rapprochant ainsi de la logique franco-européenne.