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Géothermie sur aquifère superficiel : Les Fontaines Capgemini à Gouvieux (60)

Si sur le plan juridique cette réalisation ne constitue pas un réseau de chaleur (un seul utilisateur), techniquement on s’en approche (système de production de chaleur partagé entre 7 bâtiments regroupant 300 chambres).

L’opération est intéressante dans la mesure où elle illustre deux innovations techniques applicables aux réseaux de chaleur et de froid (voir Innovations pour les réseaux de chaleur) :

  • l’exploitation de la géothermie superficielle (ici à 70m), alors que les réseaux de chaleur historiques français utilisent uniquement la géothermie profonde (jusqu’à 2000m)
  • le fonctionnement du réseau comme moyen de chauffage et de refroidissement des bâtiments : en mode chauffage, les calories contenues dans l’eau de nappe sont prélevées et remontées en température grâce à une pompe à chaleur. En mode rafraichissement, les calories excédentaires sont extraites des chambres pour être évacuées dans la nappe.

Vidéo du chantier (Youtube)

Source : ADEME

  • Région(s) : Picardie
  • Thème :  Energies et matières renouvelables
  • Cibles :  Entreprises
  • Organisme(s) : Capgemini Gouvieux Les Fontaines
  • Partenaire(s) : – ADEME : 95 858 €- Région Picardie : 95 858 €- FEDER : 191 717 €
  • Référence : EMR 88
  • Date de lancement : 2010
  • Bilan : Environnement : 43 tonnes de CO2 évitées par an
  • Economie :- Electricité : 331 MWh/an- Gaz : 50 MWh/an

Contexte et enjeux

Le Domaine Les Fontaines, lieu historique de la région de Chantilly, situé sur la commune de Gouvieux, a été acquis par Capgemini en 1998. Certifié de l’écolabel européen par l’Afnor depuis 2008, ce domaine a été transformé en un site unique dédié à l’organisation d’événements pour les grandes entreprises internationales. Au cœur d’un parc de 50 hectares, le Domaine des Fontaines est composé d’un château Rothschild réhabilité dans l’esprit originel, un forum comprenant un auditorium de 500 places et 45 salles de réunions, un bâtiment logistique, 7 Villas totalisant 300 chambres pour assurer l’hébergement des stagiaires et une piscine.

Les 7 Villas constituées par un groupe de bâtiments relativement semblables de conception, étaient équipées de convecteurs électriques (panneaux rayonnants) qui assuraient le chauffage. L’eau chaude sanitaire était produite par une chaudière gaz. De plus, en cas de températures extérieures élevées et/ou d’ensoleillement important, la température dans les chambres pouvait atteindre un niveau d’inconfort important. Face à cette situation et afin d’optimiser les systèmes de chaleur et d’eau chaude sanitaire peu performants et énergivores, le maître d’ouvrage a souhaité mettre en œuvre un nouveau type d’équipement permettant d’assurer le chauffage et le rafraîchissement de l’ensemble des chambres dans les meilleures conditions de gestion des énergies.

La géothermie a été naturellement retenue au vu d’une ressource souterraine potentiellement favorable. En mode chauffage, les calories contenues dans l’eau de nappe sont prélevées et remontées en température grâce à une pompe à chaleur. En mode rafraichissement, les calories excédentaires sont extraites des chambres pour être évacuées dans la nappe. Les critères privilégiés ayant conduits à cette solution répondent à la fois à un souci de faire appel aux énergies renouvelables, de réduire la facture énergétique, de limiter le recours aux énergies fossiles et de diminuer les émissions de gaz à effet de serre du site.

Présentation de la démarche

La production de chaleur et de froid est assurée pour l’ensemble des sept villas du site par :

• Un dispositif de captage et réinjection de l’eau de nappe prélevée à 70 m de profondeur environ

• Un échangeur de chaleur avec une puissance froid de 490 kW et une puissance chaud de 410 kW.

• Deux pompes à chaleur de 250 kW chacune implantées dans une sous-station en sous-sol. Leur coefficient de performance (COP) est de 4,46.

Ce système alimente les ventilo-convecteurs des chambres en chaud et froid via un réseau 4 tubes et permet le préchauffage de l’eau chaude sanitaire à 40°C (couvrant ainsi environ 40% des besoins ECS). L’installation couvre la totalité des besoins de chaleur et permet d’économiser 331 MWh d’électricité et 50 MWh de gaz par an. Elle permet également d’éviter l’émission annuelle de 43 tonnes de CO2.

Coûts

Investissement : 3 132 900 € dont puits captage/rejet : 320 515 €

Contacts

  • ADEME – Picardie
  • ademe.picardie@ademe.fr
  • Tél. : 03 22 45 18 90

Fiche ADEME présentant l’opération :

Etat des lieux chaufferies et réseaux de chaleur bois en Picardie

Source : Une note réalisée en février 2013 par Nord Picardie Bois fait un inventaire des chaufferies bois collectives et industrielles en fonctionnement et en projet en Picardie (hors chaufferies pour les particuliers). Ces chaufferies sont, dans certains cas, associées à un réseau de chaleur.

Principe de fonctionnement d’une chaufferie automatique

https://i2.wp.com/www.cete-ouest.developpement-durable.gouv.fr/IMG/jpg/fonctionnementchaufferiebois-note-boisetvous-fev2013_cle7a123c.jpg

Bilan des chaufferies en fonctionnement ou en construction en Picardie en janvier 2013

Dans le tableau précédent, on voit que les chaufferies bois alimentent actuellement 9 réseaux de chaleur, pour une puissance de 34,4 MW et une consommation de bois de 56 800 tonnes/an. Et 8 nouveaux réseaux de chaleur sont en construction ou en projet : celui d’Amiens sud, du quartier Étouvie à Amiens, de Château-Thierry, de Péronne, de Pont-Sainte-Maxence, de Saint-Quentin, de Tupigny et de Roisel. Ces nouveaux réseaux correspondent à une puissance de 44,1 MW et une consommation de bois de 80 100 tonnes/an.

Depuis 2008, la consommation de bois déchiqueté dans les chaufferies automatiques de la région a connu une croissance très rapide, notamment grâce à la mise en place de politiques publiques volontaristes (Conseil régional, Conseils généraux, ADEME…).

Chaufferies bois collectives et industrielles en fonctionnement, en construction et en projet en Picardie

Sur cette carte on voit les 9 réseaux de chaleur en fonctionnement en « carré vert » et les 8 réseaux de chaleur en consultation/appel d’offres en « carré orange ».

Perspectives de développement dans le secteur collectif/tertiaire

Le chauffage automatique dans le secteur collectif/tertiaire a connu un très fort développement ces dernières années, notamment grâce au soutien des pouvoirs publics (Europe, État, Région, Départements…) : la consommation de bois déchiqueté, inférieure à 3 000 t/an jusqu’en2007, devrait atteindre plus de 150 000 t/an d’ici 2015. La plupart des grandes villes de la Région (Amiens, Abbeville, Beauvais, Creil, Laon, Soissons, Saint-Quentin…) ont d’ores et déjà mis en place un ou plusieurs réseaux de chaleur au bois de moyenne ou forte puissance. Le potentiel de développement se situe donc aujourd’hui de plus en plus dans les villes de taille moyenne et en milieu rural. Les démarches engagées par les territoires (Pays, Communautés de Communes, Syndicats d’énergie…) sur la thématique énergie/climat devraient ainsi amener de nouvelles installations bois énergie à sortir de terre dans les années à venir. Ces chaufferies (éventuellement associées à des réseaux de chaleur, mais de taille plus modeste), génèreront une demande supplémentaire orientée sur une mobilisation locale de la ressource.

ADEME Picardie : réunion technique « Comment monter un réseau de chaleur biomasse »

L’Ademe Picardie organise le 09 décembre prochain à 14h00, à Amiens, une réunion d’échanges techniques portant sur le thème « Comment monter un réseau de chaleur biomasse ».
Le programme sera bientôt disponible. Détails et inscriptions.