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Rapport de la Banque Mondiale sur le développement de l’investissement privé dans les réseaux de chaleur

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Résumé

Intitulé « Unlocking the potential for Private Sector Participation in District Heating »  le rapport de la banque mondiale s’intéresse aux leviers qui permettraient au secteur privé d’investir dans les réseaux de chaleur tout en analysant les barrières freinant aujourd’hui de tels investissements. Ce document cible les pays de l’ouest des Balkans (Bosnie-Herzégovine, Croatie, Kosovo, Serbie) mais aussi la Mongolie et l’Ukraine.

À travers les aspects juridiques mais aussi économiques des réseaux de chaleur dans ces pays ainsi qu’au regard des spécificités légales des partenariats public-privé notamment par rapport aux processus de sélection des entreprises, le rapport identifie les points faibles pour le développement des PPP.

Le document donne des recommandations spécifiques pour chaque pays étudiés afin de développer les PPP en se basant également sur les réussites d’autres pays. Enfin, à titre d’indication, des estimations concernant les investissements nécessaires dans le secteur des réseaux de chaleur permettent à chaque pays de mieux estimer leur besoin en investissement privé.

La situation spécifique des pays de l’ouest des Balkans, de la Mongolie, et de l’Ukraine :

Comme beaucoup de pays de l’Europe de l’est, le groupe de pays étudié détiennent des installations de réseaux de chaleur conséquentes. Cependant, ces installations, aujourd’hui majoritairement possédées par les collectivités, ont besoin d’investissement et de modernisation. La participation du secteur privé dans le financement comme dans l’accès aux nouvelles technologies (smartgrids, CHP, etc…) peut permettre de renouveler une partie de réseaux de chaleur qui demeurent la source principale de chauffage dans la majorité des villes de ces pays.

Hélas, dans la majorité des cas, le terrain des PPP n’est pas encore bien défriché ou change trop souvent pour donner un signal positif aux investisseurs. En Bosnie-Herzégovine, Serbie et Ukraine, les collectivités locales sont propriétaires du chauffage urbain alors qu’en Mongolie les installations appartiennent à l’État. En Croatie, on trouve des réseaux de chaleur d’État, de collectivités locales et semi-privés. En Bosnie, le haut degré de décentralisation mène à de multiples cadres légaux complexes concernant les PPP. Dans quelques un de ces pays, il existe une autorité régulatrice indépendante pour le chauffage urbain contrôlant notamment les tarifs.

Pour chacun des pays, le rapport réalise un état des lieux détaillé du cadre légale à la fois des PPP, à la fois des réseaux de chaleur.

Les 6 pays possèdent des tarifs de rachat encourageants pour l’électricité produite par cogénération, mais il n’existe pas forcément de bonus ou d’incitation particulière pour la chaleur d’origine renouvelable.

Recommandations du rapport:

Pour attirer les PPP, le rapport recommande la mise en place d’une série de projets pilotes dans différentes municipalités ainsi qu’une assistance internationale pour la structuration de ces projets. En parallèle, les pays doivent se concentrer sur l’amélioration de la viabilité économique de leur réseau de chaleur notamment en réformant la construction du prix. L’approbation du tarif devrait ne plus être laissée seulement au propriétaire du réseau et les subventions devraient être corrélées à la performance dans l’installation.

Bien que des investissements aient été réalisés ces dernières années dans ces 6 pays, l’amélioration des réseaux pour lutter contre la déperdition de chaleur et d’eau reste nécessaire et est évaluée à 1,5 milliards de dollars. Les opportunités pour le développement de la biomasse en Ukraine et dans les pays des Balkans sont bien présentes, le développement de la cogénération également. Mobiliser et développer la chaîne d’acteurs bois-énergie devient alors une nécessité qui a cependant un coût. La récupération de la chaleur fatale des usines d’incinération des ordures ménagères ainsi que la géothermie restent de sources d’énergie à fort potentiel mais en besoin d’investissements. D’autres mesures nécessitant quelques investissements peuvent améliorer également la situation des réseaux de chaleur dans ces pays. Par exemple, étendre la fourniture de chaleur à l’eau chaude sanitaire en plus du chauffage et améliorer l’efficacité énergétique des systèmes également au niveau de l’usager final notamment grâce à la montée en compétence des entreprises de services énergétiques.

D’un point de vue de la formation du tarif, là aussi, le document prévoit quelques conseils pour notamment sortir des « cost-plus  tarifs » pour se tourner vers d’autres constructions du prix incitant à la fois l’entreprise à investir dans de nouvelles installations tout en sensibilisant le client à sa consommation finale (méthode du retour sur investissement, du plafonnement des prix ou du benchmarking).

Certains éléments du rapport concernant notamment les prix et les mécanismes de support peuvent aider à améliorer le développement des réseaux de chaleur également en France.

En savoir plus:

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Réseau de chaleur d’Amsterdam : carte interactive en ligne

Mentionnée dans le récent rapport des Nations Unies sur le développement des réseaux de chaleur, la carte du réseau de chaleur d’Amsterdam permet à tout citoyen, entreprise ou acteur public de consulter librement le tracé des canalisations, à travers une interface en ligne basée sur Google Maps. La carte représente le tracé du réseau (en rouge), les principaux bâtiments/quartiers connectés (en jaune) et les sources (en orange).

Carte du réseau de chaleur d'Amsterdam

La ville d’Amsterdam propose sur son site de nombreuses autres cartographies interactives, sur la plupart de ses domaines d’intervention. Dans le domaine de l’énergie toujours, il est par exemple possible de consulter les consommations de gaz et d’électricité, par bâtiment ou bloc de bâtiments.

Voir aussi…

Les réseaux de chaleur au Royaume-uni: coûts, performances et caractéristiques

DECC_Final_ReportDans un rapport publié le 26 mars 2015, le département de l’énergie et du changement climatique britannique (l’équivalent de la direction général de l’énergie et du climat en France) fait le point sur les coûts et performances des réseaux de chaleur en Grande Bretagne. Comme en France, outre manche également la récolte de données précises et exhaustives sur les réseaux de chaleur n’est pas évidente. Ce travail a permis de combler les lacune sur la connaissance de ce moyen de chauffage afin d’adapter les politiques et de favoriser leur développement.

Le Royaume-Uni compte probablement plus de 2 000 réseaux de chaleur (technique, privés et communal) desservant 200 000 logements et 2000 bâtiments publics et tertiaires. Les plus gros projets se situent essentiellement en zone urbaine ou sur les campus universitaires. Un nombre non négligeable de petits réseaux de chaleur alimentent l’habitat collectif. Au total, les réseaux de chaleur fournissent 2% de la demande en chauffage du secteur résidentiel, tertiaire et public. Le développement de ces derniers diminuerait le prix de l’énergie et les émissions de CO2 grâce à l’utilisation de générateurs plus efficaces et moins polluants. Parmi ces solutions avantageuses, la cogénération, la biomasse, les pompes à chaleur, la chaleur fatale et les réseaux basse température sont les principales technologies visées .

Le but de cette étude est d’améliorer la connaissance en termes de coûts, de performance et de caractéristiques des réseaux de chaleur afin d’évaluer et d’améliorer la politique concernant ces derniers. Un déficit d’information a été en effet détecté par le département de l’énergie et du changement climatique. Ce travail s’est donc concentré sur la récolte de données solides afin de mieux cerner les projets de réseaux de chaleur en zone mixe (habitat et tertiaire).

Details

In January 2014, DECC commissioned research on the cost, performance, and characteristics of heating provided by heat networks so that the findings on updated costs and more detailed information on performance would enable DECC to better estimate the economic potential of heat network development

Pour en savoir plus

Cartographie nationale de chaleur : les exemples de l’Angleterre et de l’Ecosse

Heat Map Angleterre - Vue sur Liverpool

La directive européenne relative à l’efficacité énergétique (2012) impose à chaque État-membre de réaliser, d’ici décembre 2015, une carte nationale des besoins de chaleur. Les cartes ainsi réalisées doivent être transmises à la commission européenne. Mais certains pays ont fait le choix d’aller plus loin, et de mettre les résultats à disposition de tous les acteurs, à travers des plates-formes de consultation cartographie interactive, librement accessibles par internet. L’objectif de cette publication des données sous forme cartographique est de contribuer à l’identification des territoires, villes, quartiers, sur lesquels des enjeux importants existent en matière de chauffage des bâtiments. Ainsi, il est possible de plus facilement cibler les secteurs sur lesquels des études plus fines peuvent être menées, pour déclencher des projets (réseaux de chaleur ou de froid, opérations massives de rénovation énergétique, campagnes de sensibilisation des habitants aux mesures d’efficacité énergétique…).

L’Angleterre a eu un positionnement précurseur en ouvrant sa « national heat map » début 2012. L’Ecosse a quant à elle lancé sa plate-forme en 2014. En France, une initiative similaire a été menée à l’échelle de la région Ile-de-France, avec une plate-forme ouverte également en 2014 et un focus particulier sur les réseaux de chaleur.

Nous vous proposons deux articles pour en savoir plus sur ces plates-formes mises en place outre-Manche, leur contenu, leurs fonctionnalités, leurs modes de représentation des données :

Voir aussi :

Les réseaux de chaleur en Bretagne : état des lieux et perspectives à partir de l’exemple du Danemark – Rapport de Master

Pour son Master de Sciences Pour l’Ingénieur, parcours Energétique à l’Université de Bretagne Sud à Lorient, Jérémy Cléro a travaillé avec le Département de Développement et Planification de l’Université d’Aalborg au Danemark sur les perspectives du développement des réseaux de chaleur en Bretagne à partir de l’exemple du Danemark. Il a effectué son stage entre juillet et décembre 2014.

Voici son rapport, intitulé « Les réseaux de chaleur en Bretagne : état des lieux et perspectives à partir de l’exemple du Danemark ».

Voir également

Comparaison France-Danemark sur les réseaux de chaleur

Dans le cadre d’un stage sur l’impact du développement des réseaux de chaleur en région Bretagne, Jérémy Cléro a présenté une synthèse de la situation de la France et du Danemark sur les réseaux de chaleur au groupe de travail Amorce sur le développement des réseaux de chaleur le 4 novembre dernier.

Jérémy Cléro est en Master de Sciences Pour l’Ingénieur à l’UFR de Sciences et Sciences de l’Ingénieur de LORIENT et en Master d’ingénieur en énergie renouvelable, planification et management à l’Université d’Aalborg au Danemark.

Les réseaux de chaleur sont beaucoup plus développés au Danemark qu’en France, ainsi que les énergies renouvelables et de récupération. En effet, les réseaux de chaleur ne fournissent que 6% du chauffage en France – où ils sont alimentés à 38% par des EnR&R – contre 64% au Danemark – où ils ont 51% d’EnR&R.

Sa présentation est la suivante :

Prezicomparaison France-Danemark

Voir aussi

Une coopérative citoyenne crée un réseau de chaleur bois

Source : lavenir.net – septembre 2014

Où ? à Malempré, une section de la commune belge de Manhay située en Région wallonne dans la province de Luxembourg.

Alimente qui ? 240 habitants soit une 40aine de bâtiments, dont l’école et l’église.

Quel combustible ? Des plaquettes de bois

Quelle longueur ? 1 500 m

Combien ? 950 000 €

Extrait de l’article :

« Ce réseau de chaleur vise à approvisionner à terme l’ensemble du village et à offrir aux habitants une autonomie énergétique.

Et quand on sait que la commune de Manhay est couverte de plus de sept mille hectares de forêts, il y a de la réserve.

Pour s’assurer une autonomie encore plus grande, une deuxième coopérative regroupant des agriculteurs qui pourraient autoproduire le combustible.

Sur le plan social, les habitants y trouvent un intérêt, parce que le coût de l’énergie vendue est plafonné par la coopérative. Ce qui permet à ceux qui ont moins les moyens d’anticiper le montant de leur facture.

Le projet privilégie aussi l’emploi local. Ce sont des entreprises de la région qui ont réalisé les travaux qui se montent à 950 000€. Ce sont aussi des sociétés locales qui gèrent la chaufferie: comptabilité, entretiens, production de plaquettes, etc. Cerise sur le gâteau: le modèle de Malempré est unique en Wallonie et transposable dans n’importe quelle commune. »

Pour en savoir plus

Sur les réseaux de chaleur : 12 fiches découvertes

Innovations sur les réseaux de chaleur et de froid de Helsinki

Climatisation - Helsinki

Un article un peu ancien (avril 2013), mais qui n’en reste pas moins intéressant. Il présente les innovations mises en œuvre sur les réseaux de chaleur et de froid à Helsinki, gérés par Helsingin Energia, en particulier :

  • la récupération de la chaleur rejetée par des data-centers
  • le raccordement de data-centers à un réseau de froid
  • la trigénération à l’échelle du réseau, qui produit/récupère/distribue électricité, chaleur et froid
  • la production de froid à partir de chaleur de récupération
  • l’utilisation d’un réseau de tunnels qui existe sous la ville, permettant de faciliter le déploiement des réseaux de chaleur/froid

A Helsinki, le réseau de chaleur fournit le chauffage de 400000 habitants, sur environ 600000 habitants peuplant la capitale finlandaise (1,3 million dans l’agglomération).

 

Réseaux de chaleur, noyaux de fruits et crématoriums

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Un des atouts des réseaux de chaleur (et de froid) est leur capacité à mobiliser de nombreuses sources d’énergie : comme la production de chaleur est centralisée, il est techniquement et économiquement possible de mettre en place des systèmes « originaux », qu’il serait trop coûteux ou trop compliqué de développer à l’échelle de dizaines ou centaines de bâtiments.

Voici quelques exemples de sources d’énergie originales ou inattendues, utilisées pour alimenter des réseaux de chaleur.

Des tonnes de noyaux de fruits

La commune de Cransac (1800 hab.) a signé en 2009 un contrat d’approvisionnement sur 6 ans avec l’usine Andros de Biars-sur-Cère située à 80km. L’industriel livre environ 300 tonnes (720m3) de noyaux de fruits par an, au tarif de 7€ la tonne. Le réseau de chaleur dessert un lotissement de 13 maisons, 8 appartements et plusieurs bâtiments publics. Coût de l’installation : 825000€ subventionné à 70% par ADEME, Région et Europe.

https://i1.wp.com/asset1.cbsistatic.com/cnwk.1d/i/bto/20091129/417px-UspenskiAtNight_270x388.jpgUn data-center dans le sous-sol d’une cathédrale

L’utilisation de la chaleur des data-centers se développe. En France, un important projet a été annoncé à Marne-la-Vallée. A Helsinki, l’opérateur télécom Academica, qui a installé ses équipements dans un abri aménagé sous la cathédrale d’Uspenski pendant la guerre, indique pouvoir fournir de la chaleur à 1000 appartements. [source]

La chaleur fatale des crématoriums

Comment continuer à agir pour l’environnement, même après votre mort ? En Suisse, plusieurs crématorium recyclent la chaleur dégagée par les fours, généralement pour diminuer les besoins de chauffage des bâtiments du crématorium. Dernière réalisation : la rénovation du crématorium de la ville de Lancy près de Genève – les Églises genevoises auraient donné leur bénédiction à l’initiative. A Halmstad en Suède et à Aalborg au Danemark, cette technique est utilisée pour apporter de l’énergie à des réseaux de chaleur. [source] [source]

Graisses animales et végétales

Lorsqu’on parle de biomasse dans les réseaux de chaleur, il s’agit très souvent de bois. Mais la biomasse ne se limite pas au bois. Les noyaux de fruits de Cransac en sont une première illustration. Autre exemple à Nancy, où le réseau du centre-ville est alimenté par deux chaufferies. L’une d’elles a été récemment rénovée, pour accueillir une chaudière alimentée par du lipofit, un mélange de graisses animales et végétales récupérées dans les bacs à graisse de la restauration, des industries agro-alimentaires ou dans les déshuileurs des stations d’épuration. [source]

https://i0.wp.com/www.cityoflangford.ca/assets/Lifestyle/Images/Westhills.jpgLe chaud et le froid du sol d’un terrain de foot et d’une patinoire

A Langford, ce sont les installations sportives qui contribuent à la réduction des émissions de CO2 du chauffage et de la climatisation des bâtiments. La chaleur est récupérée sous un terrain de foot, tandis que du froid est capté sous une patinoire. Ces sources d’énergie, à mi-chemin entre la récupération et la géothermie, alimentent 300 logements d’un quartier récent (photo). [source]

Les routes comme capteurs solaires

A Zoerle-Parwijs, 13 logements sont chauffés par le Road Energy System, invention d’une société néerlandaise consistant à récupérer la chaleur captée par les surfaces des chaussées – qui du fait de leur couleur sombre ont tendance à chauffer sous l’effet du soleil. La chaleur est stockée dans des tubes sous la chaussée, pour être redistribuée aux bâtiments, ou même utilisée pour maintenir la route hors-gel en cas de chute des températures. [source]

Réseaux de chaleur solaire – Extraits de la newsletter de février SDHtake-off

https://i0.wp.com/www.solar-district-heating.eu/Portals/0/nl2.jpgArticles extraits de la newsletter de février 2011 du projet SDHtake-off

https://i1.wp.com/www.solar-district-heating.eu/Portals/0/Pictures/Large-scale-solar-district-heating-plants-in-Denmark-en%20400.bmp

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