Archives du mot-clé énergies de récupération

Guide Réaliser un état des lieux et étudier le potentiel de développement des réseaux de chaleur/froid à l’échelle régionale

Le pôle réseaux de chaleur du Cerema vient de publier le guide pour Réaliser un état des lieux et étudier le potentiel de développement des réseaux de chaleur à l’échelle régionale. Ce guide est une mise à jour du précédent, qui datait de 2012, avec en plus de l’état des lieux une partie sur l’étude du potentiel de développement des réseaux de chaleur/froid à l’échelle régionale.

Les réseaux de chaleur et de froid sont un moyen efficace pour mobiliser massivement les énergies renouvelables et de récupération (EnR&R), et diminuer les émissions de gaz à effet de serre, de façon locale et intégrée à un territoire.

Leur développement est ainsi un des leviers pour lutter efficacement contre le changement climatique et c’est donc tout naturellement que la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), loi n°2015-992 du 17 août 2015, qui permet à la France de contribuer plus efficacement à la lutte contre le dérèglement climatique, leur apporte un socle juridique plus précis et un objectif fort à l’horizon 2030 : multiplier par 5 la chaleur renouvelable et de récupération livrée par les réseaux de chaleur et de froid. La LTECV prévoit notamment un recensement de l’ensemble des réseaux de chaleur dans le cadre du schéma régional climat air énergie (SRCAE). La loi NOTRe prévoit un schéma de planification unique piloté par les régions : le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET), englobant le SRCAE et donc l’état des lieux régional des réseaux de chaleur.

Ce guide est fait pour aider les acteurs régionaux à réaliser ce recensement. Il propose aussi d’aller plus loin et d’utiliser ce recensement pour évaluer le potentiellement de développement des réseaux de chaleur.

Pour voir le guide : http://reseaux-chaleur.cerema.fr/realiser-un-etat-des-lieux-et-etudier-le-potentiel-de-developpement-des-reseaux-de-chaleurfroid-a-lechelle-regionale

Assises 2016 des énergies renouvelables et de récupération en milieu urbain

Source : www.driee.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr

160621_Logo_assisesEnR_21juin16Les assises des énergies renouvelables et de récupération en milieu urbain, organisées par la DRIEE Ile-de-France et la Direction régionale de l’ADEME se sont déroulées le 21 juin dernier pour une première journée, la seconde aura lieu le 20 octobre prochain.

Ces assises annuelles réunissent collectivités et professionnels afin d’échanger sur les énergies renouvelables et de récupération et plus précisément sur les réseaux de chaleur.

Lors de cette journée du 21 juin, les sujets abordés concernaient la gestion et l’acceptabilité des réseaux de chaleur en zone urbaine.

Ci-joints les liens vers les documents de synthèse des sujets de cette journée :

 

 

 

 

Les réseaux de chaleur en Bretagne : état des lieux et perspectives à partir de l’exemple du Danemark – Rapport de Master

Pour son Master de Sciences Pour l’Ingénieur, parcours Energétique à l’Université de Bretagne Sud à Lorient, Jérémy Cléro a travaillé avec le Département de Développement et Planification de l’Université d’Aalborg au Danemark sur les perspectives du développement des réseaux de chaleur en Bretagne à partir de l’exemple du Danemark. Il a effectué son stage entre juillet et décembre 2014.

Voici son rapport, intitulé « Les réseaux de chaleur en Bretagne : état des lieux et perspectives à partir de l’exemple du Danemark ».

Voir également

Quelques sources EnR&R exotiques pour les réseaux de chaleur/froid

Les réseaux de chaleur et de froid permettent d’accéder potentiellement à plus de sources d’énergie renouvelable et de récupération (EnR&R) que :

  • les systèmes individuels grâce à la mutualisation des moyens financiers et des besoins d’énergie
  • les systèmes nationaux (réseau de gaz et d’électricité) grâce à leur proximité au territoire et leur adaptation aux besoins d’énergie

Biomasse = bois-énergie ? Pas seulement…

Il y a aussi les noyaux de fruits

Plus de 2 ans après notre article Réseaux de chaleur, noyaux de fruits et crématoriums, où en sont ces réseaux mobilisant des sources exotiques ?

Rappel :

La commune de Cransac (1800 hab.) a signé en 2009 un contrat d’approvisionnement sur 6 ans avec l’usine Andros de Biars-sur-Cère située à 80km. L’industriel livre environ 300 tonnes (720m3) de noyaux de fruits par an, au tarif de 7€ la tonne. Le réseau de chaleur dessert un lotissement de 13 maisons, 8 appartements et plusieurs bâtiments publics. Coût de l’installation : 825000€ subventionné à 70% par ADEME, Région et Europe.

Le réseau de chaleur, inauguré en avril 2009, est toujours en fonctionnement en 2014.chaudière biomasse (noyaux de fruits) RdC Cransac La chaudière brûlant les noyaux de fruits (prunes, abricots, pêches) a une puissance de 500 kW.

brûleur chaudière noyaux de fruits Cransac
Source : site cransac-les-thermes.fr

La mairie et l’Office de tourisme de Cransac organisent des visites guidées du réseau de chaleur, comprenant notamment les visites de la chaufferie, de bâtiments desservis et de la noyauterie.

Et la paille

Source : consoglobe.com

Le réseau de chaleur de Pécs, ville de Hongrie à 20 km de Budapest, alimente 120 000 des 150 000 habitants de la ville en chaleur, à partir de…paille !

Centrale-thermique-Pécs-paille
Centrale thermique de Pécs, la plus grande d’Europe. Source : consoglobe.com

La centrale thermique, qui fonctionne en cogénération (donc fournie également de l’électricité), utilisait initialement 50% de bois et 50% de gaz. La paille est venue remplacée le gaz, stabilisant ainsi la facture aux usagers, diminuant les émissions de GES et augmentant l’indépendance énergétique de la Hongrie.

Paille-1
Bottes de paille. Source : consoglobe.com

Les bottes de paille rectangulaires de près de 400 kg sont positionnées sur 4 rampes mécaniques.

Dans un ballet cadencé, elles sont tractées les unes après les autres dans de longs tunnels. Après quoi, elles sont déchiquetées avant de tomber dans le foyer de la chaudière.

Grâce à son pouvoir calorifique supérieur, les 200 000 tonnes de pailles utilisées chaque année fournissent 60% de l’énergie alors que les 400 000 tonnes de bois en fournissent 40%. Cet important pouvoir calorique n’est encore que très peu connu, notamment en France.

Centrale-thermique-Pécs-paille-de-loin
Centrale thermique de Pécs. Source : consoglobe.com

450 agriculteurs, dans un rayon de 100 km autour de la ville de Pécs, peuvent ainsi valoriser leur production, certains ont même multiplié leur chiffre d’affaires par 10.

Energie de récupération = chaleur issue de l’incinération des déchets ? Pas seulement…

Il y a aussi les data-center

Plus de 2 ans après notre article Réseaux de chaleur, noyaux de fruits et crématoriums, où en sont ces réseaux mobilisant des sources exotiques ?

Rappel :

L’utilisation de la chaleur des data-centers se développe. En France, un important projet a été annoncé à Marne-la-Vallée. A Helsinki, l’opérateur télécom Academica, qui a installé ses équipements dans un abri aménagé sous la cathédrale d’Uspenski pendant la guerre, indique pouvoir fournir de la chaleur à 1 000 appartements. [source]

Les data-centers ne cessent de se développer.

140811_Carte des data centers dans le monde-datacentermap.com
Carte des data-centers dans le Monde. Source : http://www.datacentermap.com/

La récupération de la chaleur dégagée par les serveurs informatiques en réseau de chaleur (ou de froid) a un double avantage puisqu’elle permet :

  • d’augmenter la performance des data-centers
  • de chauffer et fournir en eau chaude les bâtiments alentours.

Le projet de Marne-la-Vallée est maintenant réalisé, depuis l’inauguration en 2012 du réseau de chaleur du Val d’Europe. Les retours d’expérience, issus de la présentation aux Assises EnR en milieu urbain d’Ile-de-France en 2013, sont les suivants :

Marne la vallée accueille 6 data-centers et 6 autres sont en projet : la récupération de l’énergie a donc un potentiel. Le réseau de chaleur du Val d’Europe est un réseau privé qui réalise un schéma directeur (schéma qui permet de planifier, en lien avec le territoire, les évolutions possibles et pertinentes du réseau sur 10-20 ans) du fait de la densité résidentielle insuffisante à court terme mais en développement important. Le schéma directeur permet ainsi de mobiliser les différents acteurs afin d’anticiper les évolutions possibles du réseau, en adéquation avec l’augmentation progressive de la demande en énergie du territoire. En effet, le retour d’expérience de ce réseau montre qu’il faut bien mettre en adéquation la quantité d’énergie récupérée avec le besoin. Le prix de la chaleur est de 80€/MWh. La récupération des data-centers est de 20 000 MWh.

Et les boues et station d’épuration

Le SIEL (Syndicat intercommunal d’énergies de la Loire) est un syndicat très novateur par rapport aux réseaux de chaleur : il est l’un des rares syndicats à avoir cette compétence (optionnelle). A la demande de collectivités il réalise ainsi des réseaux de chaleur (études et réalisation).

Par exemple celui à Saint-Chamond qui récupère la chaleur émise lors de l’incinération des boues de la station d’épuration (source : Energie2007.fr) :

L’incinérateur des boues a besoin d’être refroidi en permanence.

RdC-st-chamond-boues-schema-fonctionnement-simplifie
Source : Communiqué de presse du 9 décembre 2013

Un échangeur thermique, installé au niveau de l’incinérateur, permet ainsi de chauffer les bureaux de la station, et, à travers un réseau de chaleur, l’école Cézanne, l’Inspection Académique et les logements locatifs, soit un total de 4 750 m² chauffés. En moyenne 360 000 kWh sont récupérés chaque année et un appoint du réseau est réalisé par des chaudières gaz, installées dans l’école Cézanne, à hauteur de 20% environ.

RdC-st-chamond-boues-station-epuration
Source : Communiqué de presse du 9 décembre 2013

Cette énergie, issue de l’incinération des boues, n’est pas vendue mais donnée à St-Chamond par Saint-Etienne Métropole. L’investissement pour ce réseau de chaleur, de 350 000 € HT, doit être amorti en 12 ans, ce qui est un temps relativement faible pour un réseau de chaleur.

Autres exemples

Parmi les lauréats 2013 du Global district energy climate awards :

  • Climatisation par l’eau d’un lac : élimination du charbon dans le mix énergétique du réseau, grâce à la mise en place d’une cogénération et à un système de climatisation par l’eau d’un lac. Cornell University à Ithaca (New York, Etats-Unis)
  • Froid de l’eau de mer, data-centers, récupération de chaleur de bâtiments des usagers : fourniture de chaleur, froid et électricité pour 90% des bâtiments du centre d’Helsinki (équivalent de 800 000 résidents), en combinant de nombreuses sources renouvelables et de récupération (froid de l’eau de mer, récupération de chaleur de l’incinération de déchets, cogénération, énergie solaire, récupération de chaleur de data centers, récupération de chaleur de bâtiments des usagers). Helsingin Energia à Helsinki (Finlande)
  • Chaleur d’une usine de sel : extension d’une installation de récupération de chaleur à une usine de sel, permettant à la fois de réduire les besoins d’énergie fossile du réseau et de conforter l’usine en lui apportant un débouché économique pour sa chaleur fatale. Twence à Hengelo (Pays-Bas)

Voir également les autres exemples de sources exotiques sur notre article Réseaux de chaleur, noyaux de fruits et crématoriums.

Plus d’informations sur…

Fiches Via Sèva / Cerema : réseaux de chaleur et énergies renouvelables

https://i0.wp.com/www.viaseva.org/var/ezwebin_site/storage/images/media/images/fiche-geothermie3/39903-1-fre-FR/Fiche-geothermie_medium.jpg https://i0.wp.com/www.viaseva.org/var/ezwebin_site/storage/images/media/images/bois-energie/39915-1-fre-FR/bois-energie_medium.jpg https://i1.wp.com/www.viaseva.org/var/ezwebin_site/storage/images/media/images/energie-de-recuperation/39911-1-fre-FR/energie-de-recuperation_medium.jpg

En partenariat avec le pôle Réseaux de Chaleur du Cerema, l’association Via Sèva, dont l’objectif est de contribuer à la connaissance des réseaux de chaleur par le grand public, publie une série de 3 fiches relatives aux trois principales énergies dans lesquelles les réseaux de chaleur permettent de puiser pour contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la diminution de la consommation d’énergies non renouvelables.

Ces fiches présentent de façon simple et illustrée le principe de la mobilisation de ces ressources par les réseaux de chaleur et son intérêt.

Réseaux de chaleur et bois-énergie

Réseaux de chaleur et géothermie

Réseaux de chaleur et énergies de récupération

 

Appel à projets de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse pour récupérer l’énergie des eaux usées

Afin de réduire l’impact énergétique des systèmes d’assainissement, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse a lancé le 20 janvier dernier un appel à projet « Assainissement et énergie » pour récupérer et produire de l’énergie issue des eaux usées.

Les projets présentés doivent s’inscrire dans une démarche visant :

  • la récupération d’énergie thermique ou cinétique liée à l’eau,
  • la production d’énergie par valorisation de la biomasse,
  • le développement d’innovation permettant une valorisation énergie des eaux.

Sont entendus par « système d’assainissement » :

  • les stations de traitement des eaux usées,
  • les réseaux d’assainissement (unitaire ou séparatif),
  • les unités collectives de traitement des boues ou des matières de vidange (par exemple : centres de compostage).

Peuvent répondre à cet appel à projets :

  • les collectivités territoriales (communes et leurs groupements, conseils généraux et régionaux),
  • les exploitants privés de stations de traitement des eaux usées domestiques dans le cadre de concessions,
  • les organismes de recherche publics ou privés dès lors que le projet est également accompagné par une collectivité.

L’agence de l’eau consacre une enveloppe de 5 millions d’euros sur l’année 2014 sur la valorisation énergétique des systèmes d’assainissement. Les projets seront financés de 30 à 80 %.

La date limite de dépôt des dossiers au format papier est fixée au 11 juillet 2014.

Source : Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse

via Geothermie-Perspectives

Retour d’expérience : la mise en place du réseau de chaleur bois de la Chantrerie (Nantes) par une AFUL

Cinq établissements (l’école des Mines, l’école Supérieure du Bois, Polytech Nantes, ONIRIS et IDAC) se sont concertés pour créer une Association Foncière Urbaine Libre, l’AFUL Chantrerie, afin de mettre en place le réseau de chaleur bois du campus de la Chantrerie, à Nantes.

Résumé

La mise en place du réseau de chaleur bois sur le campus de la Chantrerie à Nantes a été possible avec la création de l’AFUL Chantrerie, une association foncière urbaine libre permettant de sélectionner un opérateur privé et de contractualiser l’achat de la chaleur sur 20 ans. Cette AFUL réunit les 5 établissements concernés par le raccordement. Afin que ce projet voit le jour, il a fallu également l’implication importante d’un des établissements, afin de jouer le rôle de chef de projet. Grâce aux apports de l’exploitant privé et de l’Etat à travers le fonds chaleur, les investissements financiers sont en revanche très faibles (comparé au coût du projet) pour les établissements raccordés, et une économie de 5 % a été réalisée sur la facture de chauffage dès la première année par rapport à l’ancien système. Gages de stabilité de la facture, le réseau est alimenté à environ 80 % par le bois et 20 % par le gaz, et le prix payé par l’usager correspond pour plus de la moitié aux charges d’’investissement/entretien, qui sont parfaitement maîtrisées dans le temps. Sur le plan environnemental, cette installation permet d’éviter l’émission de 2 200 tonnes d’équivalent CO2 par an et de substituer la consommation de 700 tep d’une énergie fossile importée (le gaz) par une énergie renouvelable locale (le bois). En outre, l’AFUL Chantrerie permet l’émergence d’autres projets tels que l’installation de panneaux solaires sur la chaufferie, la mise en place de cultures énergétiques et l’implantation de ruches d’abeilles.

Historique : un projet associatif monté en 3 ans

Le projet est né de la volonté de l’école des Mines de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’utiliser des énergies renouvelables pour chauffer son propre bâtiment : d’où l’idée d’une chaufferie bois. Celle-ci étant peu rentable pour un seul établissement, le projet s’est agrandi aux 4 autres écoles et laboratoire du campus, dessinant ainsi le contour du réseau de chaleur.

Localisation du réseau de chaleur de la Chantrerie

Le coût d’investissement d’un réseau de chaleur est important, l’école des Mines a donc missionné Nantes Métropole Aménagement (société publique locale jouant un rôle d’opérateur public dans l’aménagement des territoires urbains de l’agglomération) qui a lancé une étude de faisabilité technique, économique et juridique de laquelle est ressortie la solution de l’association foncière urbaine libre (AFUL, voir ci-après). Nantes métropole, qui dispose de la compétence permettant d’établir des réseaux de chaleur sur son territoire, ne souhaitait pas s’engager dans une DSP ou une régie pour ce projet. De plus, un appel d’offre pour l’achat de chaleur sur 20 ans n’est pas autorisé par le Code des Marchés Public si la chaufferie n’est pas construite, et le financement de la chaufferie n’était pas envisageable par les établissements du campus.

Une AFUL est une « collectivité de propriétaires réunis pour exécuter et entretenir, à frais communs, les travaux qu’elle énumère ». Il s’agit d’un des montages juridiques possibles pour la mise en place d’un réseau de chaleur privé. Un autre type de montage est l’association syndicale libre.

Quatre objets sont possibles dont la construction et l’entretien d’équipements collectifs comme le chauffage :

  • Le remembrement de parcelles et les travaux et aménagements nécessaires ;
  • Le regroupement de parcelles en vue de la mise à disposition ou la vente à un tiers ;
  • La construction et l’entretien d’équipements d’usage collectif (voirie, chauffage, espaces verts …) ;
  • La conservation, la restauration et la mise en valeur d’immeubles en secteur sauvegardé ou périmètre de restauration immobilière.

On trouve d’autres exemples de montage de réseaux de chaleur sous l’égide d’une AFUL, par exemple, dans l’écoquartier Dock de Ris (Ris-Orangis).

Un dialogue compétitif a été lancé en 2010 par l’AFUL, avec l’assistance technique retenue suite à l’étude de faisabilité : un groupe du BE CLIMAT et de SNC LAVALIN. La société Cofely GDF Suez a été choisie pour concevoir, construire, exploiter et financer l’ensemble du réseau de chaleur. Et les 5 établissements raccordés se sont engagés, via l’AFUL, à acheter la chaleur produite sur la durée du contrat, à savoir 20 ans. Voici une chronologie du projet et des étapes clés :

Schéma de l’historique du projet – présentation de Bernard Lemoult de l’école des Mines

Pour chaque étape, le chef de projet de l’école des Mines de Nantes a été l’acteur principal, qui a porté le projet jusqu’à son aboutissement.

Le temps écoulé entre l’idée du projet et la contractualisation est de 2 ans, et moins d’1 an plus tard, mi-octobre 2011, la chaufferie bois est mise en service. La mise en place du projet est très rapide si l’on compare à un schéma plus classique de délégation de service public par exemple.

Description technique : 2500 m de réseau et une chaudière bois de 2,5 MW

Le réseau de chaleur est situé sur un terrain d’environ 2 000 m², propriété de l’AFUL. Le réseau primaire fait environ 2 500 m et dessert les 5 établissements du campus.

Plan schématique du réseau issu de la présentation de Bernard Lemoult de l’école des Mines

Il comprend une chaufferie constituée d’une chaudière bois de 2,5 MW et de deux chaudières gaz en appoint de 5 et 2,5 MW.

Schéma de principe de la chaufferie – présentation de Bernard Lemoult de l’école des Mines

Ci-après une brève description de la chaufferie à travers des photos prises sur site en août 2013.

 – Photos PCI réseaux de chaleur –

Chaufferie – Silo bois

La chaufferie se situe à côté de l’école supérieure du bois. Sur la photo ci-contre, on peut voir le silo où est stocké le combustible bois avec accès direct depuis la route.

Chaudière gaz avec capotage acoustique

Les 2 chaudières gaz sont « encapotées » afin de réduire le bruit, le capotage étant fait avec les caisses rouges sur roulettes, que l’on voit sur la photo.

Poussoirs silo

Des poussoirs sont installés au fond du silo afin de diriger le combustible bois au bon endroit pour qu’il soit acheminé vers le brûleur par un tapis roulant.

Acheminement bois vers le brûleur

Sur cette photo on voit le couloir qui permet d’acheminer le combustible bois vers la chaudière. A droite se trouve le silo et à gauche la chaudière.

Brûleur de la chaudière bois

Le brûleur est le foyer de la chaudière, il est constitué de la flamme, et de briques à forte inertie.

Echangeur-économiseur

L’échangeur se situe après le filtre. Il permet de récupérer la chaleur restant dans les fumées (après brûlage du bois).

Fonctionnement de l’association foncière urbaine libre

La contractualisation, entre l’AFUL Chantrerie et l’opérateur privé, est basée sur une part de 80 % bois. Ainsi, lorsque la consommation de gaz est supérieure à 20 %, la facture reste calée sur 20 %, la différence étant à la charge de l’opérateur, Cofely. Un bilan d’activité a été réalisé sur les 2 saisons de chauffe passées. Les résultats sont les suivants :

Part mensuelle du bois mesurée sur 2011-2013 – présentation de Bernard Lemoult de l’école des Mines

La part de bois était de 61,4 % la première année et de 82,7 % lors de la deuxième saison de chauffe, du fait notamment de la rigueur climatique plus faible la première année. En effet, la chaudière bois ne fonctionne qu’au-dessus d’une certaine demande en énergie. En dessous, cela n’est pas pertinent à cause, notamment, des nombreuses auxiliaires (tapis roulant, pistons, etc.) à mettre en fonctionnement.

Par rapport à la situation initiale de chauffage au gaz pour l’école des Mines, la facture a diminué de 5 % avec le réseau de chaleur. Ce retour d’expérience sur les 2 premières années a impulsé le raccordement d’autres bâtiments de l’ONIRIS qui étaient à la base en dehors du périmètre. Le raccordement de l’école du Design s’est fait également lors de cet été 2013. Ces nouveaux raccordements font passer la consommation de 9,5 GWh à près de 12 GWh. Lors du raccordement d’un nouveau bâtiment au réseau de chaleur, 2 options sont possibles :

  • soit le bâtiment est représenté dans l’AFUL

  • soit l’AFUL peut lui vendre de la chaleur par contrat

L’AFUL Chantrerie se réunit une fois par an minimum, pour l’Assemblée Générale et la réunion du syndicat. Le syndicat est composé de 7 syndics titulaires élus par l’AG, qui élit également 7 suppléants. Le syndicat gère, par délibérations, les affaires de l’AFUL Chantrerie. Il gère les comptes et les opérations accomplies et les présente en AG, il peut proposer une réunion extraordinaire, mettre au vote en AG une extension du réseau par exemple. C’est lors de ces réunions que de nouveaux projets sont nés, notamment l’installation de panneaux photovoltaïques sur la chaufferie, la création de cultures énergétique, l’implantation de ruches d’abeilles. Ces projets, portés par l’AFUL Chantrerie, peuvent porter sur toutes les thématiques possibles.

Pour plus d’informations sur le fonctionnement de l’AFUL, lire Les statuts de l’AFUL Chantrerie (au 6 septembre 2013).

Factures de chauffage : une évolution maîtrisée dans la durée

Les besoins en énergie des différents bâtiments raccordés sont les suivants :

Besoin de chauffage des bâtiments raccordés – présentation de Bernard Lemoult de l’école des Mines

Le besoin total est d’environ 9500 MWh, correspondant à environ 800 équivalents logements. Il s’agit donc d’un réseau comparable, en quantité de chaleur distribuée, à ce qui peut se développer dans des écoquartiers.

Un bilan a été réalisé sur la saison de chauffe 2012-2013 et il en ressort une économie de 5 % sur la facture de chauffage avec le réseau de chaleur bois, par rapport au chauffage gaz collectif. De plus, moins de la moitié de la facture de chauffage avec le réseau de chaleur bois correspond au combustible (bois et gaz), l’autre moitié contribue au retour sur l’investissement du projet, à l’entretien et à l’exploitation principalement. Cette facture comparée est représentée schématiquement ci-après.

Décomposition de l’ancienne et de la nouvelle facture – présentation de Bernard Lemoult de l’école des Mines

L’ancienne facture au gaz collectif était indexée à plus de 80 % sur le prix de l’énergie fossile, qui suit une tendance d’augmentation, comme on peut le voir sur le graphique suivant :

prixboisA l’inverse, la part due aux combustibles de la facture de chauffage avec le réseau de chaleur bois est indexée à 80 % sur le bois et 20 % sur le gaz, avec un prix du bois plus stable que le prix d’une énergie fossile.

Pour ces deux raisons (part significative de la facture correspond à l’amortissement/entretien/exploitation et poids limité du prix du gaz dans la part due aux combustibles), l’évolution dans le temps de la facture du réseau de chaleur bois est beaucoup mieux maîtrisée.

Aspect environnementaux : 60 % d’émissions de GES en moins

La part d’énergie renouvelable et de récupération (EnR&R) du réseau de chaleur bois est d’environ 80 %. Cela permet d’éviter la consommation d’environ 700 tep d’énergie fossile et l’émission de 2 200 tonnes de CO2 par an. Soit une réduction d’environ 60 % des émissions de GES liées à l’énergie.

La fourniture en bois représente 4 camions par semaine en période de grand froid ; on est donc loin de l’idée d’un flot continu de livraison qui inquiète parfois les riverains de projets de chaufferies bois collectives.

La chaufferie bois est équipée d’un filtre réduisant grandement les émissions de particules. Ce type d’installation n’est pas possible pour le chauffage au bois individuel (coûteux et prenant de la place), qui est ainsi un facteur important d’émission de polluants atmosphériques surtout lorsque les appareils sont anciens et peu entretenus.

– Photos PCI réseaux de chaleur –

Filtre

Le filtre est le « container » gris situé en haut de la photo.

Chaufferie

Sur cette photo, on peut voir la cheminée qui évacue les dernières fumées (après filtrage).

Coût du projet : un investissement très faible pour les usagers

Pour les 5 établissements, le projet a nécessité :

  • 5 k€ de l’école des Mines de Nantes pour l’étude de faisabilité technico-économique, menée en grande partie en interne

  • 10 k€ au total (soit 2 k€ par établissement), en complément de 20 k€ d’aide de Nantes métropole Aménagement pour le choix de l’assistance technique et la rédaction des pièces de la consultation

  • 1 700 k€ HT environ pour l’opérateur privé

  • 1 815 k€ de l’ADEME dans le cadre du Fonds Chaleur

Soit un total de 3,53 millions d’euros.

repartitionbudget

En outre, le projet a nécessité des investissements non financiers : réflexions, animation, mobilisation d’acteurs… :

  • Un investissement significatif en temps du chef de projet (école des Mines de Nantes) pour piloter le projet (étude de faisabilité, convaincre les partenaires, suivre de près la consultation et la réalisation)

  • Organisation de l’ensemble des acteurs pour créer une structure juridique, une AFUL, engageant les 5 établissements à acheter de l’énergie thermique pendant 20 ans

En savoir plus sur l’AFUL Chantrerie