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La géothermie fait son retour dans les éco-quartiers

Article à lire sur Batiactu.com :

ZAC Ivry Confluences ©
ZAC Ivry Confluences ©

Les réseaux de chaleur qui avaient connu une première heure de gloire au début des années 1980, reviennent sur le devant de la scène. Ils disposent aujourd’hui de nombreuses perspectives d’utilisations nouvelles grâce à l’avancée des technologies. L’éco-cité Ivry Confluences constitue un bon exemple de ce renouveau.

Neuilly-sur-Marne choisit la géothermie pour son réseau de chaleur

La ville de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) a retenu le groupe d’énergies renouvelables Idex pour concevoir et construire un réseau de chauffage urbain utilisant la géothermie, a annoncé lundi l’entreprise.

Le contrat, dont l’investissement global dépasse les 40 millions d’euros, porte sur « la conception, la construction et l’exploitation de son futur réseau de chaleur à base de géothermie profonde », indique Idex dans un communiqué.

Le réseau de chaleur utilisera 61% d’énergie géothermique, via un forage géothermique profond de 1 800 mètres, le reste de l’énergie provenant de gaz et d’une pompe à chaleur. La chaleur des profondeurs sera puisée dans l’eau du Dogger, une couche géologique qui fait de l’Ile-de-France une des régions d’Europe les mieux dotées en matière de géothermie.

L’énergie sera raccordée au réseau de chaleur existant de Neuilly-sur-Marne (centre-ville et quartier des Fauvettes) puis au nouvel écoquartier de l’Est nocéen. Au total, le réseau porté à 13 km de longueur servira à terme (en 2029) l’équivalent de 11 000 logements et une superficie de 830 000 mètres carrés, dont environ la moitié de constructions neuves, grâce à une eau naturellement chaude à 65 degrés pour un débit de 300 000 litres par heure. Mais le réseau ancien sera raccordé dès 2014 et celui du nouveau quartier doit être opérationnel à partir de 2018, selon Idex.

Source : AFP

Programme des Assises des Energies renouvelables en milieu urbain – 8 octobre 2013, Paris

Le programme des assises des énergies renouvelables et de récupération en milieu urbain, qui auront lieu le 8 octobre 2013 à Paris, a récemment été publié.

 

A Roquebrune Cap Martin, une station d’épuration alimente un réseau de chaleur

Source : lenergieenquestions.fr

A Roquebrune Cap Martin, dans les Alpes Maritimes, un écoquartier « Cap Azur » a été réalisé, il est alimenté par un réseau de chaleur qui puise les calories des eaux traités par la nouvelle station d’épuration de la commune.  Le système permet de couvrir les besoins de 280 logements en chauffage, eau chaude et refroidissement.

L’eau, légèrement tiède (environ 15 à 20° à la sortie de la station), est récupérée au lieu d’être jetée à la mer, et transmise via des échangeurs à un circuit d’eau appelé « boucle d’eau tempérée ». Elle est ensuite convertie grâce à des pompes à chaleur en chauffage (eau à 45°), en eau chaude sanitaire (65°) ou en source de refroidissement des 7 bâtiments BBC (bâtiment de basse consommation) du projet.

Cette solution permet de produire 4 kWh de chaud et/ou 4,5 kWh de froid pour seulement 1 kWh d’énergie électrique consommé pour la valorisation des calories prélevées.

Le réseau de chaleur, pourra être « piloté » à distance (gestion centralisée) afin d’ajuster la production de chaleur et de froid, le chauffage et la production d’eau chaude de certaines parties de l’éco-quartier pourront fonctionner pendant que d’autres seront arrêtées. La chaleur des eaux usées des appartements sera récupérée et utilisée pour le préchauffage d’eau chaude sanitaire.

Les habitants de l’éco-quartier, par cette installation entre autre, devraient constater une diminution de 15 à 20 % de leur facture d’énergie.

Le réseau de chaleur et de froid de la ZAC Seguin-Rives-de-Seine

Source : conseils.xpair.com

Un réseau de chaleur et de froid particulièrement innovant est en train de se développer sur l’Ile Serguin, à Bouglogne-Billancourt (92). Ci-dessous, des extraits de l’article publié à ce sujet sur conseils.xpair.com.

Pour chauffer et refroidir l’éco-quartier de l’Ile Seguin (sur le site des anciennes usines Renault) ainsi que l’ensemble immobilier du Pont de Sèvres, Idex poursuit la construction d’un réseau de chaleur et de froid particulièrement performant au niveau énergétique, environnemental et urbanistique.

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Actuellement, 80 000 m² de rénovation et 300 000 m² de neuf sont chauffés et refroidis par ce réseau, pour à terme (vers 2020) alimenter une superficie totale de 1 000 000 m² (150 000 m² de rénovation urbaine et 850 000 m² de construction neuves).

Sources d’énergie

Le réseau utilise 3 sources d’énergie vertes, permettant ainsi d’atteindre 65 % d’Énergies Renouvelables & de Récupération :

  1. La valorisation énergétique des déchets ménagers provenant du centre d’Issy-les-Moulineaux par l’installation d’une sous-station d’échange vapeur/eau chaude avec le réseau CPCU existant.

  2. Une centrale de stockage de glace avec refroidissement par l’eau de la Seine, capable de fonctionner en free-cooling. Le stockage de glace permet de faire face aux pics de demande de climatisation la journée. La nuit, il permet l’utilisation d’une électricité moins chère et moins polluante. Ce système fonctionne même en hiver en free-cooling : la chaleur dégagée par l’utilisation des ordinateurs dans les bureaux par exemple nécessite de faire fonctionner la climatisation à toutes les saisons.

  3. Une centrale thermo frigorifique avec valorisation géothermale saisonnière. Selon les niveaux de températures, des thermo frigo pompes iront puiser dans un aquifère superficiel (10 puits forés dans la craie pour un débit supérieur à 1000 m³/h) pour chauffer les bâtiments l’hiver (avec une puissance de 20 MW) ou les refroidir l’été (avec une puissance de 25 MW). Ce procédé est novateur car il offre la possibilité de faire du stockage géothermal inter saisonnier ; il n’avait, jusqu’à ce jour, jamais été utilisé en France à cette échelle.

    https://i0.wp.com/www.cete-ouest.developpement-durable.gouv.fr/IMG/gif/130228_Schema_R_R_ZAC_Seguin_cle5158c6.gif
    Mix énergétique du réseau de la ZAC Seguin

    Intégration des installations sur la ZAC

    L’échangeur vapeur est totalement intégré à l’infrastructure d’une copropriété. Les groupes froids et le stockage de glace se trouvent quant à eux dans les culées creuses du Pont de Sèvres. La centrale thermo frigorifique est enterrée. Ses infrastructures énergétiques invisibles ont donc permis aux architectes des bâtiments de laisser libre court à leur talent sans contrainte visuelle liée aux installations techniques de chauffage et de climatisation (cheminées, tours aéro-réfrigérantes, etc…).

    Valorisation du réseau dans la RT2012

    Le réseau de chaleur et de froid de la ZAC Seguin a reçu un agrément par la commission Titre V Réseaux de chaleur pour le contenu CO2 du réseau. Les réseaux qui émettent le moins de GES peuvent être valorisés dans la RT2012. En effet, les bâtiments RT2012 raccordés à un réseau peu émissif peuvent bénéficier d’une majoration de leur limite de consommation énergétique maximale. Pour les nouveaux réseaux ou les réseaux ayant fait évoluer significativement leur mix énergétique, c’est la Commission Titre V qui agrée le contenu CO2. Pour les réseaux existants, le contenu CO2 est publié dans l’annexe VII de l’arrêté du 15 septembre 2006 relatif au diagnostic de performance énergétique. Ces valeurs sont issues de l’enquête de branche du SNCU pour le compte du SOeS (site de l’enquête réseaux).

Coût du projet et aides

L‘investissement total est de 60 M€. L’ADEME a apporté une aide de 4,2 M€ à travers le Fonds chaleur.

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Pour en savoir plus

Liens vers le site Réseaux de chaleur du CETE de l’Ouest :

Novembre 2012: inauguration de la centrale d’énergie biomasse de Ginko, l’écoquartier du lac de Bordeaux

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L’inauguration de la centrale d’énergie biomasse a eu lieu le vendredi 30 novembre.

Le réseau de chaleur de l’écoquartier Ginko couvrant 32 hectares à Bordeaux (quartier des Berges du Lac) présente un montage technique et économique particulier.

La chaleur sera distribuée par un réseau de canalisations sous voirie de 6 km. Par un système de gestion technique centralisée (télérelève, télésurveillance et télépilotage des installations), Cofely Services pourra suivre au plus près les consommations et les usages et piloter la performance énergétique de l’écoquartier.

Un site internet de Cofely Services permettra aux riverains de comprendre leur système de production d’énergie et leur facture énergétique.

Il alimentera à terme 2200 logements, des bureaux, un mail commercial et des locaux publics (écoles, collège, gymnase).

Chiffres clés

Investissement : 6,6 millions d’euros subventionnés en partie par :

  • l’ADEME : 1 699 400 €
  • le fonds européen FEDER : 264 800 €
  • le Conseil régional d’Aquitaine : 264 800 €

le solde étant porté par Cofely Services

100 % de la chaleur produite à partir d’énergies locales et renouvelables. Le bois utilisé proviendra exclusivement des forêts d’Aquitaine.

3 500 tonnes de CO2 évitées par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 2 300 véhicules.

Source : cofely-gdfsuez.com (communiqué de presse)

Voir aussi

Nouveaux quartiers, études de potentiel énergies renouvelables et réseaux de chaleur : quelques précisions

Dans le cadre de son club régional sur les EcoQuartiers, la DREAL Pays de la Loire organisait le 18 octobre un atelier sur les études de potentiel de développement des énergies renouvelables. Le pôle Réseaux de Chaleur du CETE de l’Ouest y intervenait pour présenter le cadre juridique de ces études et pour participer à une table ronde.

Rassemblant de nombreux acteurs de l’aménagement de toute la région, publics, parapublics et privés, cet atelier constitue une très bonne illustration de la prise en compte croissante des questions énergétiques dans les projets d’aménagement, et notamment dans les écoquartiers.

A cette occasion, il nous semble intéressant de rappeler quelques éléments concernant la prise en compte des énergies renouvelables, et notamment leur mobilisation via les réseaux de chaleur, dans le cadre de l’aménagement.

Un guide de recommandations méthodologiques est disponible

L’étude de faisabilité du potentiel de développement des énergies renouvelables a été introduite par la loi Grenelle 1 en juillet 2009 dans le code de l’urbanisme, avec effet immédiat. https://i2.wp.com/www.cete-ouest.developpement-durable.gouv.fr/local/cache-vignettes/L172xH250/couv_guide_s-855cd.jpgCette obligation s’applique donc depuis un peu plus de 3 ans. Au delà de l’article L128-4 du code de l’urbanisme, il n’existe pas de texte juridique venant préciser le contenu de l’étude, son articulation avec l’étude d’impact, les suites à y donner. Un guide réalisé par plusieurs services du ministère sous maîtrise d’ouvrage de la DGEC a été publié fin 2011. Il présente le cadre juridique et apporte de nombreuses recommandations méthodologiques pour la conduite de ces études.

« Etudier » la faisabilité ne signifie pas « conclure » à la faisabilité…

L’obligation qui est faite aux porteurs de projets d’aménagement soumis à étude d’impact est une obligation d’étudier la faisabilité du développement des EnR, notamment via un réseau de chaleur. Bien entendu, cette obligation d’étude de faisabilité n’impose pas que la conclusion soit nécessairement favorable au développement massif des EnR sur chaque aménagement. Dans certains cas, les caractéristiques de l’aménagement et les contraintes extérieures sont telles que la faisabilité de tel ou tel système EnR est grandement fragilisée. Il ne s’agit par exemple pas de réaliser à tout prix des réseaux de chaleur ou de froid sur les nouveaux aménagements. Le réseau de chaleur est un très bon moyen de mobiliser massivement certains gisements renouvelables ou de récupération, mais son développement nécessite qu’un certain nombre de conditions soient réunies afin que la viabilité économique sur le long terme soit assurée. C’est justement l’objet de l’étude EnR que de vérifier si ces conditions sont rassemblées, et de positionner les différentes solutions les unes par rapport aux autres au regard de leur faisabilité. Le dossier Réseaux de chaleur et nouveaux quartiers apporte un certain nombre d’éléments sur cette thématique.

Le réseau de chaleur : une solution EnR à étudier – parmi d’autres

L’étude EnR L128-4 porte sur les énergies renouvelables en général. Si le réseau de chaleur/froid est la seule solution technique explicitement mentionnée dans l’article L128-4, cela ne signifie pas que c’est la seule solution à étudier. Cela ne signifie pas non plus que la non faisabilité d’un réseau de chaleur est un échec pour les porteurs de l’aménagement : dans certaines situations, les systèmes individuels (à EnR ou non) constituent la meilleure solution en réponse à la recherche d’un équilibre économique/environnemental/social.

Un aménagement inscrit dans un projet de territoire – y compris pour l’énergie

Les porteurs de l’opération d’aménagement doivent inscrire cette opération dans un projet de territoire plus large. C’est vrai pour tous les champs des politiques publiques territoriales, et notamment pour l’énergie. Cela signifie que si un SRCAE ou un PCET fixent des orientations (réduction des émissions de GES à hauteur de X%, développement de telle source d’EnR à hauteur de Y%…) sur le territoire au sein duquel est projeté l’aménagement, il relève du bon sens d’étudier dans quelle mesure l’aménagement peut concourir à l’atteinte de ces objectifs (en revanche, contrairement au lien juridique de compatibilité entre PCET et SRCAE, il n’y a pas de lien juridique formel entre les études L128-4 et ces documents). De la même manière, si un SRCAE conclut à l’absence totale d’opportunité de développer une source donnée d’énergie dans la région, il n’est pas forcément utile d’étudier le développement de cette source à l’échelle de l’aménagement. Le SRCAE ou le PCET aident ainsi à mieux cadrer l’étude EnR sur l’aménagement, à l’inscrire dans une stratégie territoriale énergie-climat plus large et partagée entre l’ensemble des acteurs.

Coordonner les actions à l’échelle d’un territoire, actionner les leviers les plus efficaces

De façon générale, l’objectif d’une collectivité sur son territoire, en matière d’énergie, est de concourir aux objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de renforcement de l’indépendance énergétique. Pour atteindre ces objectifs, déclinés localement dans un agenda 21 et/ou PCET, la collectivité dispose d’un catalogue de solutions : incitation à la rénovation thermique des bâtiments, incitation à l’évolution des comportements des usagers/citoyens/entreprises, réalisation d’investissement dans des systèmes EnR publics (ex. : réseau de chaleur), etc. Un des principaux critères d’arbitrage entre ces solutions est leur efficacité, à moyens mobilisés équivalents. Pour 1€ d’argent public investi, quelle action permet d’obtenir la plus forte réduction des émissions de GES ? Dans certains cas, ce sera la mise en place d’une infrastructure sur un aménagement neuf. Dans d’autres cas, ce sera une action sur l’existant – rénovation des bâtiments, densification/extension d’un réseau de chaleur existant…

L’action sur le neuf ne doit pas occulter les enjeux sur l’existant

Enfin, le développement des réseaux de chaleur, et l’atteinte des objectifs nationaux fixés à l’horizon 2020, ne peut être porté par les seuls quartiers neufs. L’étude réalisée sur la région Île-de-France pour le SRCAE montre d’ailleurs très bien que le moyen le plus rapide et le plus efficace est souvent de densifier les réseaux existants, ou de les étendre dans des quartiers anciens encore non raccordés. Par ailleurs, compte tenu du taux annuel de renouvellement urbain, la ville de 2020 est déjà construite à 95% (et celle de 2050 est déjà là à 70%). Il est important d’agir sur le neuf, car les choix réalisés sont souvent difficilement réversibles, et les opérations neuves se doivent d’être exemplaires et en phase avec les enjeux de notre époque. Mais il ne faut pas pour autant oublier l’existant, qui constitue le principal moyen pour atteindre les objectifs. Pour ce qui concerne les réseaux de chaleur, les actions sont à conduire sur 4 fronts : modification du bouquet énergétique des réseaux de chaleur existants, extension des réseaux de chaleur existants, densification des réseaux de chaleur existants, création de nouveaux réseaux de chaleur.

Compléments / En savoir plus :

Réseaux de chaleur et nouveaux quartiers : dossier

IllustrationLa diminution de la consommation énergétique des bâtiments dans les quartiers neufs amène à se poser la question de la pertinence de solutions de desserte énergétique nécessitant des investissements importants, telles que les réseaux de chaleur. Mais si le réseau de chaleur n’est effectivement pas viable en toutes circonstances, il reste une solution qui, compte tenu de ses atouts, doit être étudiée dans tous les cas.

Une question à ne pas négliger

Lors de la réalisation d’un projet d’aménagement, il est plus aisé de choisir des solutions courantes, ne nécessitant pas de montage juridique particulier, ou pour lesquelles l’équation économique est facilement résolue à court terme. Mais ce choix engage le quartier et ses habitants sur plusieurs décennies. Il convient donc de bien comparer les différentes options afin de choisir celle qui offre le meilleur compromis, au regard d’un objectif d’aménagement durable.

Des atouts importants

Les réseaux de chaleur disposent d’atouts dont les autres solutions ne permettent pas toujours de bénéficier, notamment un accès à des gisements énergétiques renouvelables très importants difficiles à exploiter par des systèmes individuels, une stabilité du prix de la chaleur sur le long terme, un impact positif sur l’économie locale. En contrepartie, un réseau représente un investissement important, qui doit être amorti à travers la vente de chaleur.

Une obligation légale dans certains cas

Pour les aménagement les plus importants (soumis à étude d’impact), le code de l’urbanisme (art. L128-4) impose qu’une étude de faisabilité d’un réseau de chaleur alimenté par des énergies renouvelables soit réalisée.

Coût global et analyse multi-critères

Le calcul économique ne doit pas se limiter à la comparaison des coûts d’investissement : c’est bien l’ensemble du coût du service de chauffage, à long terme, qui doit servir de base de comparaison des solutions. Cette approche en coût global permet de démontrer que malgré un investissement initial important, un réseau de chaleur peut au final coûter moins cher pour les usagers que des solutions dominées par les énergies fossiles.

Par ailleurs, l’aspect financier ne peut plus être le seul critère de comparaison. Des paramètres environnementaux (rejets de CO2, taux d’énergie renouvelable mobilisée, qualité de l’air, impact paysager/architectural…) et sociaux (coût de la chaleur, stabilité de ce coût, acceptabilité des solutions…) doivent aussi être considérés.

La densité n’est pas le seul facteur

Plusieurs écoquartiers, opérations d’aménagement exemplaires par définition, ont fait le choix du réseau de chaleur, après en avoir vérifié la faisabilité au travers d’études technico-économiques. L’analyse de ces exemples montre des densités, en logements par hectare, variant de 40 à 200. On ne peut donc pas dire que seule une densité forte permet de valider la viabilité d’un réseau.

D’autres paramètres sont à prendre en considération, notamment l’organisation spatiale de cette densité, la mixité fonctionnelle du quartier, ou encore la possibilité d’étendre le réseau à des bâtiments ou quartiers voisins.

Des pistes pour renforcer la pertinence du réseau

Optimisation et exploitation de nouvelles sources

L’ingénierie des réseaux de chaleur évolue. Réseaux basse température, ajustement automatique des températures, sur-isolation, canalisations souples pré-isolées, stockage thermique sont autant de techniques qui permettent de réduire le coût d’investissement et/ou de fonctionnement du réseau. De nouvelles sources d’énergie (solaire thermique, récupération sur eaux usées, géothermie superficielle…) peuvent également être mobilisées.

Davantage d’usages et d’usagers

Le taux de raccordement au réseau est important, puisqu’à longueur de canalisation équivalente, il détermine la quantité de chaleur vendue. La procédure de classement, révisée par la loi Grenelle 2, permet de rendre obligatoire le raccordement au réseau pour les nouvelles installations.

Par ailleurs, en élargissant les usages, on facilite la résolution de l’équation économique, tout en augmentant les bénéfices environnementaux et sociaux pour le quartier. Par exemple, la fourniture de froid peut parfois être couplée au chauffage et à l’eau chaude sanitaire.

Pour en savoir plus sur la place des réseaux de chaleur dans les quartiers neufs, voir le dossier thématique complet Réseaux de chaleur et nouveaux quartiers sur le site du CETE de l’Ouest ou consulter les sous-rubriques proposées ci-dessous.

Réseaux de chaleur et nouveaux quartiers – Rapport Illustration

La diminution de la consommation énergétique des bâtiments dans les quartiers neufs amène à se poser la question de la pertinence de solutions de desserte énergétique nécessitant des investissements importants, telles que les réseaux de chaleur. Mais si le réseau de chaleur n’est effectivement pas viable en toutes circonstances, il reste une solution qui, compte tenu de ses atouts, doit être étudiée dans tous les cas.

IllustrationInnovations pour les réseaux de chaleur dans un contexte basse consommation

L’ingénierie des réseaux de chaleur s’adapte à la baisse des consommations des bâtiments, notamment dans les quartiers neufs. Nouvelles sources d’énergie (solaire, géothermie superficielle, récupération de chaleur des eaux usées…), sur-isolation des canalisations et optimisation des températures, réseaux à sources multiples, « smart grids thermiques »… Le point sur ces innovations, en 3 fiches.

Réseaux de chaleur et écoquartiers Illustration

Dans plusieurs écoquartiers, le choix a été fait d’assurer le chauffage ou la climatisation des bâtiments par le biais d’un réseau de chaleur ou de froid. Ce dossier est constitué d’une série de fiches « exemples » ainsi que d’études de cas plus approfondies réalisées auprès des porteurs de projet.

IllustrationEffets de la densité et de la mixité sur la pertinence énergétique d’un réseau de chaleur – Etude théorique

La présente étude, basée sur un outil de modélisation simplifié, a pour objet d’illustrer les effets de la densité d’un quartier et de sa mixité fonctionnelle sur la performance énergétique d’un réseau de chaleur et de la comparer à celle de solutions décentralisées.

Retour d’expérience : la création du réseau de chaleur de l’écoquartier Centre Sainte-Geneviève (Nanterre – Hauts-de-Seine)

Retour d’expérience réalisé à l’issu d’un entretien avec les services de la ville de Nanterre réalisé en avril 2012, dans le cadre du dossier thématique Réseaux de chaleur et nouveaux quartiers.

Voir l’article complet sur le site du CETE de l’Ouest : Retour d’expérience : la création du réseau de chaleur de l’écoquartier Centre Sainte-Geneviève (Nanterre – Hauts-de-Seine).

Synthèse des enseignements tirés de ce retour d’expérience

  • importance de l’existence d’une politique générale climat-énergie à l’échelle de la ville, partagée par tous les acteurs : facilite l’émergence des projets, des idées, et permet une acceptation plus facile de solutions collectives. Le PCET est un très bon outil pour cela.
  • sans remettre en cause l’intérêt de sources d’énergie « traditionnelles » comme le bois, cet exemple montre que réseau de chaleur peut aussi être synonyme d’innovation, en permettant de mobiliser de nouveaux gisements.
  • la densité urbaine rend à la fois les solutions décentralisées à la fois plus compliquées à mettre en œuvre (moins d’espace sur les bâtiments ou les parcelles, moins de marge de manœuvre architecturale…) et les solutions centralisées plus performantes économiquement.
  • la collaboration entre les services de la ville et l’aménageur est un point essentiel au bon déroulement de ce type d’opérations.
  • les réflexions sur un écoquartier ne doivent pas se limiter à son strict périmètre ; pour l’énergie notamment, des gisements et des besoins peuvent se trouver en dehors du quartier et justifier des projets qui dépassent la seule échelle géographique du quartier.
  • des écarts non négligeables peuvent apparaître entre les estimations des besoins en amont, et la réalité des appels de puissance et consommation d’énergie des bâtiments réalisés ; ces écarts doivent être pris en compte dans les études de faisabilité et de dimensionnement.

Voir l’article complet sur le site du CETE de l’Ouest : Retour d’expérience : la création du réseau de chaleur de l’écoquartier Centre Sainte-Geneviève (Nanterre – Hauts-de-Seine).



Fiches exemples : écoquartiers avec réseaux de chaleur (2)

https://i1.wp.com/www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/Logo%20EcoQuartier%20HD.jpgDans le cadre de son dossier « Réseaux de chaleur et nouveaux quartiers« , le CETE de l’Ouest publie une série de fiches exemples d’écoquartiers ayant fait le choix d’une desserte énergétique (chauffage, climatisation et/ou eau chaude sanitaire) par le biais d’un réseau de chaleur.

Suite aux 4 premiers exemples publiés le mois dernier, 7 autres ont été mis en ligne :

Retrouvez tous les exemples ainsi que 2 retours d’expérience plus approfondis dans la rubrique Réseaux de chaleur et écoquartiers.