Archives du mot-clé data-centers

Réseaux de chaleur 2.0: un nouveau data center se connecte

Savvis_L05_DataCentre_IsleSource: Les Echos

Interxion, géant du stockage de données, prévoit la construction d’un nouveau data center à La Courneuve sur l’ancien site d’Eurocopter. Cette ferme de données sera la plus grande de France avec 20 000 mètres carrés.   Ce bâtiment nécessite une capacité électrique de 100 MW, soit l’équivalent d’une ville d’environ 80 000 habitants.

Pour autant l’entreprise n’entend pas négliger l’environnement malgré son activité énergivore. Elle a signé un partenariat avec EDF en s’engageant à ce que 90 % de l’énergie consommée provienne des énergies renouvelables. Interxion va même plus loin puisque que sur le site de La Courneuve sera intégré un système de recyclage de la chaleur afin d’alimenter le réseau de chaleur de la ville. Un échangeur permettra de remonter la température de 25 à 60 degrés.

Pour en savoir plus:

 

 

 

Publicités

Consommation d’énergie et valorisation de la chaleur des data-centers

https://i2.wp.com/www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/1090x500/datacenters.jpg

Intéressant article de slate.fr sur l’efficacité énergétique des data-centers et la valorisation de leurs rejets thermiques.

Extrait :

« L’IT peut être certainement beaucoup plus éco-responsable, mais constituera une part toujours croissante des bilans énergétiques. Alors, pourquoi ne pas, tout simplement, acter cet état de fait? Et utiliser la chaleur dégagée par les serveurs pour, par exemple, chauffer bureaux ou logements? Chez Celeste, la chaleur produite par les serveurs est récupérée dans une colonne d’air, située de l’autre côté de la colonne d’air froid, et utilisée pour chauffer les bureaux. Mais l’on peut également envisager d’implanter un data-center près d’un bureau, d’un logement collectif ou même d’un écoquartier, et ainsi récupérer la chaleur produite. Exactement comme l’on cherche de plus à plus à relier les usines et centres d’incinération, producteurs de chaleur fatale, à des quartiers de bureaux ou de logements, consommateurs de chaleur. Les idées ne manquent pas, ici ou là.

La petite société française Stimergy compte même en faire un un modèle d’affaires. Son projet: développer des petites chaudières numériques, constituées d’une vingtaine de serveurs, et logées, tout simplement, dans les caves d’immeuble, les chaufferies d’hôtels ou de bâtiments publics. La chaleur fatale dégagée est récupérée pour produire une partie de l’eau chaude des habitants. Une première chaudière numérique a ainsi été installée à l’université de Lyon 3. »

Voir aussi :

Amazon se met au réseau de chaleur sur datacenter

Projet de nouveau campus Amazon à SeattleLe géant américain du commerce en ligne prévoit la réalisation d’un nouveau campus dans la ville de Seattle (où se trouve le siège de la société), afin d’accueillir de nouveaux immeubles de bureaux ainsi qu’un ensemble de biodomes.

Afin de limiter la consommation d’énergie non renouvelable de ces nouvelles constructions, Amazon s’est associée à un datacenter voisin du projet (voir plan ci-dessous), afin de récupérer la chaleur qu’il rejette en refroidissant ses serveurs informatiques. Cette chaleur sera injectée dans un nouveau réseau de chaleur, et permettra d’alimenter le campus pour le chauffage de ses bâtiments.

Campus Amazon à Seattle - Plan

Approuvé sur le principe par le conseil municipal de Seattle en septembre, le projet pourrait même se développer au delà du campus Amazon. La ville s’est en effet montrée très intéressée par l’initiative, et a identifié le potentiel pour des développements plus importants, avec le raccordement d’autres bâtiments et la connexion, à terme, d’autres sources de chaleur fatale (autres datacenters, récupération de chaleur des eaux usées..). D’après l’IDEA, des subventions pourraient être versées par la municipalité aux propriétaires de nouveaux bâtiments se raccordant à ces énergies.

En savoir plus sur le projet d’Amazon à Seattle

Voir aussi

Amazon HQ Seattle

Quelques sources EnR&R exotiques pour les réseaux de chaleur/froid

Les réseaux de chaleur et de froid permettent d’accéder potentiellement à plus de sources d’énergie renouvelable et de récupération (EnR&R) que :

  • les systèmes individuels grâce à la mutualisation des moyens financiers et des besoins d’énergie
  • les systèmes nationaux (réseau de gaz et d’électricité) grâce à leur proximité au territoire et leur adaptation aux besoins d’énergie

Biomasse = bois-énergie ? Pas seulement…

Il y a aussi les noyaux de fruits

Plus de 2 ans après notre article Réseaux de chaleur, noyaux de fruits et crématoriums, où en sont ces réseaux mobilisant des sources exotiques ?

Rappel :

La commune de Cransac (1800 hab.) a signé en 2009 un contrat d’approvisionnement sur 6 ans avec l’usine Andros de Biars-sur-Cère située à 80km. L’industriel livre environ 300 tonnes (720m3) de noyaux de fruits par an, au tarif de 7€ la tonne. Le réseau de chaleur dessert un lotissement de 13 maisons, 8 appartements et plusieurs bâtiments publics. Coût de l’installation : 825000€ subventionné à 70% par ADEME, Région et Europe.

Le réseau de chaleur, inauguré en avril 2009, est toujours en fonctionnement en 2014.chaudière biomasse (noyaux de fruits) RdC Cransac La chaudière brûlant les noyaux de fruits (prunes, abricots, pêches) a une puissance de 500 kW.

brûleur chaudière noyaux de fruits Cransac
Source : site cransac-les-thermes.fr

La mairie et l’Office de tourisme de Cransac organisent des visites guidées du réseau de chaleur, comprenant notamment les visites de la chaufferie, de bâtiments desservis et de la noyauterie.

Et la paille

Source : consoglobe.com

Le réseau de chaleur de Pécs, ville de Hongrie à 20 km de Budapest, alimente 120 000 des 150 000 habitants de la ville en chaleur, à partir de…paille !

Centrale-thermique-Pécs-paille
Centrale thermique de Pécs, la plus grande d’Europe. Source : consoglobe.com

La centrale thermique, qui fonctionne en cogénération (donc fournie également de l’électricité), utilisait initialement 50% de bois et 50% de gaz. La paille est venue remplacée le gaz, stabilisant ainsi la facture aux usagers, diminuant les émissions de GES et augmentant l’indépendance énergétique de la Hongrie.

Paille-1
Bottes de paille. Source : consoglobe.com

Les bottes de paille rectangulaires de près de 400 kg sont positionnées sur 4 rampes mécaniques.

Dans un ballet cadencé, elles sont tractées les unes après les autres dans de longs tunnels. Après quoi, elles sont déchiquetées avant de tomber dans le foyer de la chaudière.

Grâce à son pouvoir calorifique supérieur, les 200 000 tonnes de pailles utilisées chaque année fournissent 60% de l’énergie alors que les 400 000 tonnes de bois en fournissent 40%. Cet important pouvoir calorique n’est encore que très peu connu, notamment en France.

Centrale-thermique-Pécs-paille-de-loin
Centrale thermique de Pécs. Source : consoglobe.com

450 agriculteurs, dans un rayon de 100 km autour de la ville de Pécs, peuvent ainsi valoriser leur production, certains ont même multiplié leur chiffre d’affaires par 10.

Energie de récupération = chaleur issue de l’incinération des déchets ? Pas seulement…

Il y a aussi les data-center

Plus de 2 ans après notre article Réseaux de chaleur, noyaux de fruits et crématoriums, où en sont ces réseaux mobilisant des sources exotiques ?

Rappel :

L’utilisation de la chaleur des data-centers se développe. En France, un important projet a été annoncé à Marne-la-Vallée. A Helsinki, l’opérateur télécom Academica, qui a installé ses équipements dans un abri aménagé sous la cathédrale d’Uspenski pendant la guerre, indique pouvoir fournir de la chaleur à 1 000 appartements. [source]

Les data-centers ne cessent de se développer.

140811_Carte des data centers dans le monde-datacentermap.com
Carte des data-centers dans le Monde. Source : http://www.datacentermap.com/

La récupération de la chaleur dégagée par les serveurs informatiques en réseau de chaleur (ou de froid) a un double avantage puisqu’elle permet :

  • d’augmenter la performance des data-centers
  • de chauffer et fournir en eau chaude les bâtiments alentours.

Le projet de Marne-la-Vallée est maintenant réalisé, depuis l’inauguration en 2012 du réseau de chaleur du Val d’Europe. Les retours d’expérience, issus de la présentation aux Assises EnR en milieu urbain d’Ile-de-France en 2013, sont les suivants :

Marne la vallée accueille 6 data-centers et 6 autres sont en projet : la récupération de l’énergie a donc un potentiel. Le réseau de chaleur du Val d’Europe est un réseau privé qui réalise un schéma directeur (schéma qui permet de planifier, en lien avec le territoire, les évolutions possibles et pertinentes du réseau sur 10-20 ans) du fait de la densité résidentielle insuffisante à court terme mais en développement important. Le schéma directeur permet ainsi de mobiliser les différents acteurs afin d’anticiper les évolutions possibles du réseau, en adéquation avec l’augmentation progressive de la demande en énergie du territoire. En effet, le retour d’expérience de ce réseau montre qu’il faut bien mettre en adéquation la quantité d’énergie récupérée avec le besoin. Le prix de la chaleur est de 80€/MWh. La récupération des data-centers est de 20 000 MWh.

Et les boues et station d’épuration

Le SIEL (Syndicat intercommunal d’énergies de la Loire) est un syndicat très novateur par rapport aux réseaux de chaleur : il est l’un des rares syndicats à avoir cette compétence (optionnelle). A la demande de collectivités il réalise ainsi des réseaux de chaleur (études et réalisation).

Par exemple celui à Saint-Chamond qui récupère la chaleur émise lors de l’incinération des boues de la station d’épuration (source : Energie2007.fr) :

L’incinérateur des boues a besoin d’être refroidi en permanence.

RdC-st-chamond-boues-schema-fonctionnement-simplifie
Source : Communiqué de presse du 9 décembre 2013

Un échangeur thermique, installé au niveau de l’incinérateur, permet ainsi de chauffer les bureaux de la station, et, à travers un réseau de chaleur, l’école Cézanne, l’Inspection Académique et les logements locatifs, soit un total de 4 750 m² chauffés. En moyenne 360 000 kWh sont récupérés chaque année et un appoint du réseau est réalisé par des chaudières gaz, installées dans l’école Cézanne, à hauteur de 20% environ.

RdC-st-chamond-boues-station-epuration
Source : Communiqué de presse du 9 décembre 2013

Cette énergie, issue de l’incinération des boues, n’est pas vendue mais donnée à St-Chamond par Saint-Etienne Métropole. L’investissement pour ce réseau de chaleur, de 350 000 € HT, doit être amorti en 12 ans, ce qui est un temps relativement faible pour un réseau de chaleur.

Autres exemples

Parmi les lauréats 2013 du Global district energy climate awards :

  • Climatisation par l’eau d’un lac : élimination du charbon dans le mix énergétique du réseau, grâce à la mise en place d’une cogénération et à un système de climatisation par l’eau d’un lac. Cornell University à Ithaca (New York, Etats-Unis)
  • Froid de l’eau de mer, data-centers, récupération de chaleur de bâtiments des usagers : fourniture de chaleur, froid et électricité pour 90% des bâtiments du centre d’Helsinki (équivalent de 800 000 résidents), en combinant de nombreuses sources renouvelables et de récupération (froid de l’eau de mer, récupération de chaleur de l’incinération de déchets, cogénération, énergie solaire, récupération de chaleur de data centers, récupération de chaleur de bâtiments des usagers). Helsingin Energia à Helsinki (Finlande)
  • Chaleur d’une usine de sel : extension d’une installation de récupération de chaleur à une usine de sel, permettant à la fois de réduire les besoins d’énergie fossile du réseau et de conforter l’usine en lui apportant un débouché économique pour sa chaleur fatale. Twence à Hengelo (Pays-Bas)

Voir également les autres exemples de sources exotiques sur notre article Réseaux de chaleur, noyaux de fruits et crématoriums.

Plus d’informations sur…

Les réseaux de chaleur sur datacenters… une ressource 2.0 ?

Sources: assises des EnR en milieu urbain et article du moniteur du 8/10/2013: les Parisiens se chaufferont-ils aux disques durs ?

Des projets de récupération de la chaleur des datacenters via un réseau de chaleur ont déjà vu le jour en France comme à l’étranger. Le nombre de datacenters augmente d’année en année et le potentiel de chaleur fatale également. Lors des assises des énergies renouvelables en milieu urbain, les datacenters ont été présentés comme une source sérieuse de chaleur pour les franciliens.  Une cartographie représentant les datacenters et les réseaux de chaleur en Ile-de-France a été réalisée par la DRIEE :

Des obstacles dans le développement de cette ressource existent pourtant. Certains gestionnaires de datacenters peuvent être réticents à l’idée de ne plus contrôler parfaitement la thermique de leur centre. Des problèmes d’adéquation de la température des datacenters et de celles de la plus part des réseaux de chaleur actuels sont également souvent évoquées (article du moniteur du 8/10/2013: les Parisiens se chaufferont-ils aux disques durs ?).

Les datacenters représentent bel et bien une source de chaleur non négligeable mais l’exploitation de cette ressource demande peut être encore quelques ajustements techniques et juridiques.

Helsinki : 4500 logements chauffés par un futur datacenter

https://i0.wp.com/www.usinenouvelle.com/mediatheque/9/2/4/000147429_5.jpgLe futur datacenter d’Atos construit par Academica chauffera 4 500 logements à Helsinki. Une prouesse possible uniquement grâce à l’existence d’un réseau urbain de chauffage dans la capitale finlandaise.

Article complet à lire sur l’Usine Nouvelle : Atos propose un datacenter pour chauffer un quartier (18/01/2012)

Sur le même sujet (réseau de chaleur alimenté par un datacenter), rappelons également le projet de Val d’Europe, en Île-de-France.

Un réseau de chaleur de 7,8 MW alimenté par un data-center

(image Dalkia)

Le nouveau quartier du Val-d’Europe construit par le groupe Euro Disney en partenariat avec les pouvoirs publics à Marne-la-Vallée va exploiter la chaleur émise par un data center pour chauffer les bâtiments de son parc d’entreprises. La chaleur sera collectée et distribuée par le biais d’un réseau de chaleur, pour une puissance de 2,4 MW d’ici à la fin de l’année et de 7,8 MW en 2014 ou 2015. Le réseau couvrira ainsi les besoins de chauffage et d’eau chaude de plusieurs centaines de clients, représentant une surface totale de 600 000 m².

En savoir plus :

Voir aussi : Réseaux de chaleur et énergies de récupération (fiche de présentation)

Finlande: un datacenter va fournir la chaleur de 1000 logements

Dans un récent article consacré à la consommation énergétique des data-centers, le site des Échos évoque un projet finlandais de réseau de chaleur desservant 1000 appartements, alimenté par la chaleur de récupération produite par un de ces centres de traitement de données informatiques, dans lesquels tournent 24h/24 et 7j/7 ordinateurs, serveurs et autres équipements de communications électroniques.

Extrait de l’article :

La cathédrale Uspenski est un célèbre monument d’Helsinki, en Finlande. A partir du mois d’avril, ce sera aussi une immense chaufferie. Un abri creusé pendant la dernière guerre a été réaménagé pour accueillir le nouveau « data center » d’Academica, un opérateur de télécommunications. La chaleur dégagée par les ordinateurs va être récupérée et revendue pour alimenter le circuit d’eau chaude de la ville. « Cela permettra de chauffer 1.000 appartements de 90 mètres carrés, affirme Pietari Päivänen, directeur commercial et marketing d’Academica. Notre « data center » sera le plus éco-efficace de la planète. »