Archives du mot-clé chaleur fatale

La chaleur fatale d’Arcelor Mittal réutilisée par le réseau de chaleur de Saint-Chély-d’Apcher (Lozère)

Source : article occitanie-tribune.comArcelorMittal, Kyotherm, Schneider Electric et la commune de Saint-Chély- d’Apcher (48) lancent un projet de valorisation de chaleur « fatale ». Il consiste à récupérer, sur le site industriel d’ArcelorMittal, la chaleur perdue par des fours de recuit d’acier à plus de 1 000°C et de valoriser cette énergie « fatale » pour le réseau de chauffage de la ville et pour les besoins de l’usine (production et chauffage). Des échangeurs de chaleur, raccordements et automatismes fournis par Schneider Electric permettront de capter jusqu’à 4,8 MW de chaleur. Cette énergie sera distribuée jusqu’aux points d’usage grâce à un réseau de 1,2 km et couvrira des besoins énergétiques qui correspondent à la consommation d’environ 1 150 logements.

Ce système va permettre de diminuer les émissions de CO2 de plus de 4 000 tonnes par an, ce qui équivaut à retirer environ 2 000 voitures neuves de la circulation. Le projet sera mis en service au premier semestre de l’année 2018. L’investissement, d’un montant total de 5,6 M€, est porté par Kyotherm et bénéficie d’aides de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et de la Région Occitanie.

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Un site sur la récupération de chaleur industrielle

www.recuperation-chaleur.fr

Le guide de la récupération de chaleur est un outil de sensibilisation, destiné à un public industriel, sur la récupération et la valorisation des rejets de chaleur dans l’industrie. Il a pour double vocation d’apporter à la fois une vision globale sur le sujet et de détailler certains points, notamment sur l’intérêt d’une récupération, les technologies et méthodologies associées.

Ce site détaille les questions importantes suivantes :

et détaille techniquement les notions de chaleur, puissance, audit, etc.

Rappel : pour les installations >20MW thermique et soumises à autorisation au titre de la réglementation des installations classées (ICPE), une analyse coût-avantage est obligatoire pour la valorisation de la chaleur fatale sur réseau de chaleur.

Voir également

Récupération de la chaleur sur une usine d’incinération à Saint-Saulve (dans le Nord)

Saint-Saulve : l’usine d’incinération ne va plus laisser perdre la chaleur

Source : lavoixdunord.fr – 18 février 2015

De gros investissements sont prévus pour rénover l’incinérateur, dans le cadre du renouvellement de contrat avec EDF, à qui est vendue l’électricité produite. L’usine va revenir à un réseau de chaleur, qui relèvera le taux de rendement énergétique et fera baisser la taxe générale sur les activités polluantes.

lire l’article complet

Les avantages de la récupération de la chaleur

Les avantages de récupérer la chaleur en réseau pour les UIOM (usines d’incinération des ordures ménagères) :

  • baisser la facture
  • supprimer les ventilateurs d’évacuation de la chaleur
  • rendre plus rentable les investissements
  • augmenter le rendement énergétique (par rapport à une production uniquement d’électricité) ce qui permet de baisser la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP)
  • et surtout valoriser la chaleur en chauffant des bâtiments, chaleur qui autrement serait perdue

Pour en savoir plus

« Warmth from Waste » : potentiel de production de chaleur à partir des déchets

warmth from wasteTrois associations européennes impliquées dans le domaine de l’énergie (CEWEP, ESWET et Euroheat&Power) publient, à travers la plate-forme DHC+, un livre blanc sur le potentiel de développement conjoint des réseaux de chaleur et de la valorisation énergétique des déchets sous forme de chaleur, au niveau européen.

En France, le projet de loi de transition énergétique prévoit de renforcer la valorisation énergétique des déchets non valorisables sous forme de matière. En Ile-de-France, l’ADEME et ses partenaires placent la récupération de chaleur fatale (incluant donc la chaleur issue des déchets) en source prioritaire à mobiliser, avant d’examiner les sources renouvelables comme la géothermie ou la biomasse. Il s’agit en effet d’une source d’énergie locale, qui est produite de toute façon, et donc perdue si on ne l’exploite pas.

prioriser les enr

Executive summary

The Background Paper for project development on District Energy from Waste, created by three associations active in the energy field (CEWEP, ESWET and Euroheat & Power through the DHC+ Technology Platform), aims to serve as a basis for any future European or national project development, in particular under the Horizon 2020 Framework Programme.
The Paper identifies the potential for enhancing the collaboration between the District Heating and Cooling (DHC) sector and the Waste-to-Energy (WtE) sector across Europe. The results are presented in the form of a list of activities that could be developed at the European level along with their respective potential impact.
In 2009 the European Council set the objective for the EU to  decarbonise its energy system by at least 80% below the 1990 level by 2050 without affecting general economic growth. The Directive on Energy from Renewable Sources (RES Directive) sets a 20% target for renewable energy by 2020. Current EU targets on waste will be revised during 2014 and are likely to become more ambitious: the amount of waste sent to landfill will be reduced and the demand for more sustainable waste treatment will increase. A scenario which could help to fulfil all these targets is the increased exploitation of synergy between WtE and DHC.
Waste represents a local, cost effective, secure and sustainable energy source which is already used in some DHC systems, allowing them to deliver affordable energy and reducing primary energy consumption.

Voir aussi

Valorisation de la chaleur fatale industrielle – consultation d’un projet de décret

Source : plate-forme de consultations publiques du ministère du développement durable

La directive 2012/27/UE relative à l’efficacité énergétique établit un cadre commun de mesures pour la promotion de l’efficacité énergétique dans l’Union européenne en vue d’accroître de 20% l’efficacité énergétique d’ici à 2020. Cette directive traite de tous les maillons de la chaîne énergétique : production, transport, distribution, utilisation, information des consommateurs. L’article 14 vise à identifier les solutions rentables d’efficacité énergétique par l’usage de réseaux de chaleur et de froid efficaces et la valorisation de la chaleur fatale industrielle. L’article 14.5 impose la réalisation, pour certaines installations, d’une analyse coûts-avantages afin d’évaluer l’opportunité de valoriser de la chaleur fatale industrielle notamment à travers un réseau de chaleur ou de froid.

-> plus d’informations sur la place des réseaux de chaleur/froid dans la directive européenne sur l’efficacité énergétique

Décret de transposition de la directive 2012/27/UE sur l’efficacité énergétique

Une consultation est mise en place sur la plate-forme de consultations publiques du ministère du développement durable. Cette consultation concerne le projet de décret transposant les articles 14.5 et 14.7 de la directive 2012/27/UE relative à l’efficacité énergétique.

Il s’agit plus spécifiquement d’élargir le contenu des études d’impact de certaines catégories d’installations – d’une puissance supérieure à 20 MW – pour prendre en compte le bilan coût-avantage sur l’opportunité de valoriser la chaleur fatale industrielle à travers un réseau de chaleur ou de froid.

  • observations éventuelles à mettre en commentaire du 28 mai au 19 juin 2014 inclus en bas de cette page

Ce décret sera examiné en juin par le Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT).

Récupération de chaleur de cuisson des frites

Frites !

L’histoire se passe en Allemagne et non en Belgique…

Récupération de chaleur dans la production de frites

Le ministère fédéral de l’environnement (BMU) soutient un projet innovant de récupération de chaleur dans l’industrie agro-alimentaire par l’intermédiaire d’une aide financière de 760.000 euros, allouée dans le cadre de son programme d’innovation environnementale.

L’entreprise Agrarfrost GmbH fabrique et commercialise des produits de pommes de terre tels que frites, beignets, et chips. Sur son site d’Oschersleben (Saxe-Anhalt), elle traite annuellement 450.000 tonnes de pommes de terre. Une partie des friteuses y est approvisionnée en vapeur basse et haute pression à partir d’une chaudière centrale à lignite.

L’innovation prévue consiste à l’intégration d’un condenseur qui, cumulé à un système de contrôle intelligent et d’une technologie hydraulique, permettra de récupérer la chaleur perdue par les friteuses sous forme de vapeur. Cette chaleur résiduelle pourra être utilisée à la fois pour le séchage, le pré-chauffage ou encore le refroidissement interne grâce à un échangeur frigorifique. L’économie annuelle d’énergie devrait atteindre 46,6 millions de kilowatt-heures pour l’énergie thermique ainsi que 632.500 kilowatt-heures pour l’énergie électrique. En termes d’émissions de gaz à effet de serre, environ 13.200 tonnes de dioxyde de carbone seront évitées.

Enfin, la technologie est transférable à des systèmes comparables dans d’autres entreprises de l’industrie alimentaire. C’est la première fois que, dans le cadre de ce programme d’innovation environnementale du BMU, une technologie innovante sera appliquée à grande échelle.

Source : Bulletin Electronique Allemagne – 24/01/14

Bien que le procédé soit ici limité à une utilisation de la chaleur récupérée pour les besoins propres du site qui produit cette chaleur, on peut très bien imaginer que dans d’autres situations, lorsque les besoins de chaleur de l’industrie sont inférieurs aux quantités de chaleur fatale récupérable, l’excédent d’énergie récupérée soit injectée dans un réseau afin d’aller alimenter en chaleur des bâtiments résidentiels ou des bureaux situés à distance raisonnable.

L’article mentionne une quantité de 46 GWh d’énergie thermique économisée chaque année. Si on suppose que cette quantité correspond à l’énergie récupérée, et si on convertit en équivalent-logement (soit environ 12 MWh/an), on obtient de quoi alimenter plus de 3800 équivalents-logements (ce nombre semble toutefois élevé, les chiffres seraient peut-être à vérifier…).

Bien entendu, l’idée n’est pas limitée à l’industrie de la frite : en France comme à l’étranger, la chaleur rejetée par les industries représente un important gisement d’énergie parfois mobilisable, comme en témoigne le réseau de chaleur de Dunkerque alimenté par une usine sidérurgique. Voir aussi notre article Réseaux de chaleur, noyaux de fruits et crématoriums.

Terminons sur un rappel de ce chiffre évalué par l’association Euroheat & Power : 1000€ d’énergie rejetée dans la nature par an et par habitant en Europe. En équivalent de portions de frites, ça fait combien ?

Image : Creative Commons Rainer Zenz

Projets et chantiers de réseaux de chaleur dans l’agglomération de Strasbourg

Source : Le Moniteur du 13 novembre 2013

Les objectifs 2020 du plan climat-énergie territorial (PCET) de la communauté urbaine de Strasbourg (CUS) sont notamment : une réduction des émissions de GES de 30% et une part EnR&R de 30% de la consommation.

Plusieurs chantiers de l’agglomération strasbourgeoise répondent à ces objectifs notamment 2 projets de réseaux de chaleur :

  • L’extension du réseau de chaleur situé dans le sud de l’agglomération et la connexion de celui-ci à l’usine d’incinération des ordures ménagères, avec 11 kilomètres de nouvelles canalisations qui desserviront à terme les 17 000 habitants du quartier de Neuhof. L’investissement correspond est de 22 millions d’euros et résulte de la délégation de service public attribuée en 2010, pour 20 ans, à l’entreprise Senerval.
  • Une autre délégation sera attribuée par la CUS en fin d’année pour gérer le réseau de chaleur du quartier du Wacken desservant le parc des expositions, le palais de la musique et des congrès, le quartier d’affaires international et un lycée.

Un projet, permettant l’utilisation d’énergie de récupération est également en cours :

L’utilisation de chaleur fatale produite par le sidérurgiste Badische Stahlwerke, de l’autre côté du Rhin en Allemagne dans la ville de Kehl, par un réseau de chaleur répondant aux besoin importants d’énergie de la ville de Strasbourg. En effet, la sidérurgie se trouve à proximité de l’agglomération, de l’autre côté du Rhin, et les besoins sont plus importants et regroupés dans la ville de Strasbourg que dans la ville de Kehl. Cela ferait un réseau transfrontalier.

En savoir plus sur les réseaux de chaleur

Un réseau de chaleur de 7,8 MW alimenté par un data-center

(image Dalkia)

Le nouveau quartier du Val-d’Europe construit par le groupe Euro Disney en partenariat avec les pouvoirs publics à Marne-la-Vallée va exploiter la chaleur émise par un data center pour chauffer les bâtiments de son parc d’entreprises. La chaleur sera collectée et distribuée par le biais d’un réseau de chaleur, pour une puissance de 2,4 MW d’ici à la fin de l’année et de 7,8 MW en 2014 ou 2015. Le réseau couvrira ainsi les besoins de chauffage et d’eau chaude de plusieurs centaines de clients, représentant une surface totale de 600 000 m².

En savoir plus :

Voir aussi : Réseaux de chaleur et énergies de récupération (fiche de présentation)

Plan Bâtiment Grenelle – Rapport intermédiaire « Innovation & Recherche » : énergies fatales

Le groupe de travail « Innovation & Recherche » du Plan Bâtiment Grenelle a récemment publié un rapport intermédiaire comprenant un certain nombre de propositions pour susciter l’innovation dans la rénovation énergétique et la construction basse consommation.

Une des propositions porte sur les énergies fatales, qui peuvent parfois être valorisées à travers des réseaux de chaleur.

Les énergies fatales désignent toutes les énergies perdues dans de nombreux procédés, comme par exemple les centrales électriques ; il y en a partout et elles sont très mal utilisées. Cette énergie peut être en partie valorisée, comme cela est couramment fait avec les déchets par exemple. Cette valorisation concerne également les calories qui peuvent être extraites du sol (géothermie basse température), des mers ou des rivières et envoyées dans les bâtiments avec des pompes à chaleur.

Les énergies fatales sont encore peu utilisées pour l’approvisionnement en énergie des bâtiments. Pourtant, elles sont parfois à disposition à proximité immédiate, et souvent moins chère, étant en général perdues si on ne les utilise pas.

Enfin, il est souvent extrêmement intéressant de les utiliser sur un ensemble de bâtiment, voire sur un quartier entier en fonction de la source. Des économies d’échelle importantes sont réalisables par ce biais.

Proposition 18 : Insister sur l’utilisation des énergies fatales dans l’étude de faisabilité des approvisionnements en énergie nécessaire à toute construction neuve. Adopter une démarche similaire pour les rénovations lourdes.

Le projet Genève Lac Nations :
Le principe du projet consiste à assurer le besoin en chauffage et en refroidissement d’une dizaine de bâtiments, essentiellement administratifs grâce à un réseau hydraulique de transport de l’eau du lac Léman avec des pompes à chaleur. La taille du projet et les technologies mises en place on permis d’assurer sa rentabilité, tout en fournissant une prestation à un prix similaire aux technologies classiques.
Les projets eSpace et Versoix Centre-Ville ont suivi l’exemple.

(Académie des Technologies, janvier 2011)

Nouvelle fiche : réseaux de chaleur et énergies de récupération

Le CETE de l’Ouest publie une nouvelle fiche de sa série consacrée aux réseaux de chaleur. Elle est consacrée à l’utilisation des énergies de récupération (chaleur fatale, biogaz…) dans les réseaux de chaleur.

Résumé :

La chaleur fatale rejetée par les usines d’incinération de déchets ou les industries et le biogaz produit par la méthanisation des déchets sont des sources importantes d’énergie pour les réseaux de chaleur. D’environ 0,4 Mtep/an actuellement, elles devront passer à 1,4 Mtep/an d’ici 2020.

A lire sur le site internet du CETE de l’Ouest :