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Les égouts comme source de chaleur à Bruxelles, et en France

Sources : article smartgridbelgium.belfius.be et vivaqua.be

La rénovation des réseaux d’égouts est l’occasion d’installer des récupérateurs de chaleur, comme cela se fait à Bruxelles par Vivaqua, une société coopérative de production et distribution d’eau potable. Après avoir étudier les kWh disponibles en chauffant et mesurant un local technique de bassin d’orage, des projets se développent pour chauffer des bâtiments. Ainsi, un bâtiment communal de 15 000 m² pourra utiliser les égouts à hauteur de 20% de ses besoins en chaleur et refroidissement d’ici 2019. Un brevet européen est déposé par la société pour ce système.

Équiper par anticipation une partie de l’ensemble du réseau d’égout chaque année permettrait d’économiser, en Région bruxelloise, 26.000 tonnes de CO2 annuellement si 20 km d’échangeurs pouvaient être activés par la suite en fonction des demandes de ce type de chauffage ou conditionnement d’air. Un projet de géothermie urbaine qui touche à la fois à l’économie circulaire et au développement durable, «et qui est aussi une contribution non négligeable à la qualité de l’air à Bruxelles», conclut Laurence Bovy.

Les réseaux de chaleur et de froid sont des systèmes permettant la redistribution des kWh récupérés des égouts pour chauffer et refroidir les bâtiments alentours.

En France, il existe des réseaux de chaleur utilisant les calories des égouts comme celui de l’EcoQuartier Sainte-Geneviève, utilisant la technologie brevetée Degrés Bleus. Différents systèmes de récupération de calories sont développés selon l’installation pour du neuf, de l’existant, avec ou sans filtre, etc. Le Grand Lyon s’interroge actuellement sur l’utilisation thermique possible des eaux usées pour le quartier de la Saulaie, et étudie ces différents systèmes.

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L’aménagement énergétique du quartier de la Saulaie au Grand Lyon

Les étudiants d’options environnement et aménagement, de l’École Nationale des Travaux Public de l’État, en deuxième année, suivent un cours sur la “transition énergétique et l’aménagement”, géré par Emmanuel Martinais, docteur en aménagement et urbanisme. Le pôle réseaux de chaleur du Cerema intervient dans ce cours pour présenter le lien entre les réseaux de chaleur et l’aménagement et la planification des territoires. Les élèves ont étudié, cette année, l’aménagement énergétique du quartier de la Saulaie au Grand Lyon et plus précisément les 4 sujets suivant :

  • Thématique technique cloacothermie : comment valoriser techniquement la ressource thermique en eaux usées disponible sur le quartier ?
  • Thématique technique solaire : comment valoriser techniquement la ressource solaire disponible sur le quartier ?
  • Thématique stratégique : quelle planification et gouvernance énergétique pour la mise en place de solutions énergétiques collectives sur le projet de ZAC ?
  • Thématique concertation : quelle perception des ressources “eaux usées” et “solaire” de la part des citoyens ? Quelles démarches mettre en place pour s’assurer d’une perception vertueuse ?

Voir les supports de cours et les rapports des élèves sur l’aménagement énergétique du quartier de la Saulaie.

Voir les rapports des années précédentes : le réseau de chaleur de la ville de Vénissieux en 2015, l’étude du quartier Terraillon à Bron en 2016, l’étude du quartier Saint-Jean à Villeurbanne en 2017

La ville de Vancouver, sud-ouest du Canada, se chauffe grâce aux égouts

Source : www.latribune.fr

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(Crédits : DR)

A l’image d’Oslo en Norvège et de Tokyo au Japon, la ville de Vancouver utilise les égouts pour chauffer l’eau et 10 000 habitations.

Vancouver a pour ambition de devenir la ville la plus verte du monde en 2020, c’est ainsi que, depuis 2010, elle expérimente la solution de récupérer les calories des eaux usées pour chauffer de l’eau qui circule ensuite dans un réseau de tuyaux chauffant les bâtiments raccordés. Une deuxième pompe est en prévision d’installation.

Vancouver a souhaité associer la population à ce développement et a cherché à intégrer la station au paysage, tout en étant ludique visuellement. C’est ainsi que cinq conduits d’évacuation en forme de doigts d’une main sortent de la station et changent de couleur (du bleu vers le rouge) en fonction de la quantité d’énergie consommée par les habitants.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’article sur le site www.latribune.fr.

 

 

Appel à projets de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse pour récupérer l’énergie des eaux usées

Afin de réduire l’impact énergétique des systèmes d’assainissement, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse a lancé le 20 janvier dernier un appel à projet « Assainissement et énergie » pour récupérer et produire de l’énergie issue des eaux usées.

Les projets présentés doivent s’inscrire dans une démarche visant :

  • la récupération d’énergie thermique ou cinétique liée à l’eau,
  • la production d’énergie par valorisation de la biomasse,
  • le développement d’innovation permettant une valorisation énergie des eaux.

Sont entendus par « système d’assainissement » :

  • les stations de traitement des eaux usées,
  • les réseaux d’assainissement (unitaire ou séparatif),
  • les unités collectives de traitement des boues ou des matières de vidange (par exemple : centres de compostage).

Peuvent répondre à cet appel à projets :

  • les collectivités territoriales (communes et leurs groupements, conseils généraux et régionaux),
  • les exploitants privés de stations de traitement des eaux usées domestiques dans le cadre de concessions,
  • les organismes de recherche publics ou privés dès lors que le projet est également accompagné par une collectivité.

L’agence de l’eau consacre une enveloppe de 5 millions d’euros sur l’année 2014 sur la valorisation énergétique des systèmes d’assainissement. Les projets seront financés de 30 à 80 %.

La date limite de dépôt des dossiers au format papier est fixée au 11 juillet 2014.

Source : Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse

via Geothermie-Perspectives

Chauffage par les eaux usées : deux projets annoncés à Paris

Deux nouveaux projets de chauffage basé sur la récupération de chaleur des eaux usées ont récemment été annoncés. Contrairement au projet de l’écoquartier de Nanterre, ces deux nouveaux projets ne seront pas exploités en mode « réseau de chaleur », mais en mode individuel (un seul utilisateur de la chaleur récupérée).

Le premier concerne le Palais de l’Élysée, qui a annoncé le projet le 31 mars par un communiqué :

Le Palais de l’Elysée réduit sa consommation d’énergie fossile en adoptant le système innovant « Degrés Bleus »

A l’heure du Grenelle 2 de l’Environnement fixant des objectifs ambitieux pour la réduction des gaz à effet de serre et encourageant les réseaux de chaleur d’origine renouvelable, les services de la Présidence de la République montrent l’exemple, par le choix d’un système innovant de récupération de chaleur sur les eaux usées, Degrés Bleus®.

Le Palais de l’Elysée est le premier bâtiment de l’Etat qui va désormais bénéficier de ce procédé, utilisant une énergie locale et écologique.

Grâce à ce bouquet énergétique élargi, le Palais et ses annexes rue de l’Elysée, pourront dès l’été 2011, réduire leur consommation d’énergie fossile de 63%, évitant ainsi l’émission de 206 tonnes de CO2 par an.

Dans sa démarche volontariste pour se doter de cette nouvelle ressource énergétique, la présidence de la République a fait appel à GDF SUEZ et ses filiales : CPCU, délégataire du Service Public de distribution de la chaleur à Paris et Lyonnaise des Eaux, détentrice du procédé Degrés Bleus®.

Degrés Bleus® utilise la chaleur émanant des eaux usées : eaux des salles de bains, cuisines… à travers des échangeurs thermiques installés dans les collecteurs et des pompes à chaleur qui concentrent les calories ainsi récupérées.

Ce projet emblématique engagé par les services de la Présidence devrait en outre bénéficier du soutien de l’ADEME, dans le cadre du Fonds chaleur, et de la DRIRE au titre de la Performance Energétique.

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Le second projet est porté par la ville de Paris et concerne un groupe scolaire (communiqué du 01/04/11).

Le groupe scolaire Wattignies (12e) expérimente, pour la première fois à Paris, une technique de chauffage basée sur la récupération de chaleur des égouts. Cette source d’énergie innovante permet de se chauffer sans danger, sans pollution et sans nuisance.

Ce mode de chauffage utilise une nouvelle énergie : la récupération de la chaleur des eaux usées circulant dans le réseau d’assainissement. Pour le groupe scolaire Wattignies, cette énergie nouvelle permettra de couvrir plus de 70% des besoins annuels de chauffage de l’école et d’éviter ainsi l’émission de 76,3 tonnes de CO2 chaque année.

Ce projet est le fruit d’une coopération étroite entre la direction de la propreté et de l’eau (DPE) de la Ville de Paris et deux entreprises : la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (CPCU) et Lyonnaise des Eaux.

Au cours de l’inauguration, vendredi 1er avril, Bertrand Delanoë déclare: « Nous allons élargir cette opération à la mairie du 3e, à la piscine de l’Aspirant Dunand (14e) et au groupe scolaire Lacordaire (15e) ». « Selon la faisabilité (proximité des égouts) ce nouveau mode de chauffage pourrait être étendu encore à d’autres bâtiments publics ».

L’expérience de l’école Wattignies: une première dans un groupe scolaire

Le site retenu pour cette expérience de chauffage est le groupe scolaire Wattignies dans le XIIème arrondissement. L’école a été équipée d’une pompe à chaleur et 60 mètres d’échangeurs ont été installés dans le collecteur des Coteaux. Le collecteur, qui est un égout de grande dimension, assure le débit nécessaire. Cette énergie nouvelle permettra de couvrir plus de 70% des besoins annuels de chauffage de l’école et d’éviter ainsi chaque année l’émission de 76,3 tonnes de CO2.

Comment ça marche ?
L’activité humaine en ville est naturellement productrice de chaleur. A Paris, toute l’année, le réseau des égouts reçoit des eaux usées dont la température est suffisante pour pouvoir être récupérée et réutilisée.
Cette énergie est renouvelée : le rejet des eaux usées en égout est un phénomène permanent qui assure une source de chaleur quasi constante. Les eaux usées qui coulent dans les égouts sont toute l’année à une température située entre 12°C et 20°C selon le moment de la journée et les saisons.

Pourquoi de la chaleur?
Cette source de chaleur est engendrée en partie par les appareils électro-ménagers (lave-vaisselle et lave-linge) qui utilisent et rejetent de l’eau portée à haute température. Quand l’eau est évacuée, elle conserve une partie de sa chaleur.

La technologie Degrés Bleus®
Le fonctionnement s’appuie sur la technologie Degrés Bleus® (brevet Lyonnaise des Eaux). Le système peut être installé dans des égouts qui ont assez de débit pour permettre la récupération thermique. L’efficacité du dispositif dépend en effet du débit des eaux usées qui doit être suffisant pour assurer une température constante. On estime que les eaux usées produites par 100 habitants permettent de chauffer 10 habitants. La récupération des calories s’effectue par le passage des eaux sur la surface d’une plaque métallique posée dans la partie en contact avec l’eau. Cette plaque d’inox intègre des tuyaux parcourus par un fluide caloporteur (eau glycolée). Le fluide circule en boucle fermée à l’intérieur des échangeurs. Réchauffé au contact du métal, ce fluide alimente ensuite une pompe à chaleur* qui va concentrer les calories, jusqu’à une température de 60°C. Cette chaleur est alors transmise au réseau habituel de chauffage de l’école.

Un chauffage sans danger, sans pollution, sans nuisance
Ce procédé est très sûr et non polluant. Il ne demande aucune combustion (ni flamme, ni produit inflammable). Il assure uniquement la transmission de la chaleur, pas celle des odeurs, car les trois flux sont physiquement séparés.
Ce système de récupération de chaleur peut être mis en place dans certaines zones, comme les grands ensembles de bâtiments (écoles, complexes sportifs, bâtiments administratifs …) ou dans des quartiers à forte consommation de chaleur. Seule condition, le bâtiment à chauffer doit être proche de l’égout (500 mètres maximum) pour éviter les déperditions d’énergie.

http://www.paris.fr/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=98744&role=2

Nanterre : récupération de chaleur des eaux usées dans un écoquartier

https://i0.wp.com/www.lemoniteur.fr/cache/11/03/18/IMAGE_2011_03_18_13768575_194x117.jpgArticle publié par le Moniteur :

« La ville de Nanterre a inauguré vendredi 18 mars la pose d’un échangeur thermique sur le premier réseau français de chaleur alimenté par la récupération calorifique des eaux usées pour chauffer un éco-quartier. »