Guide de l’usager du chauffage urbain

L’association Via Sèva et l’ADEME viennent de publier le guide de l’usager du chauffage urbain.

Ce document  pédagogique d’une vingtaine de pages se compose de 5 parties :
– généralités sur le chauffage urbain
– organisation et gestion
– tarification et facturation
– qualité de service
– énergie et environnement

Ce guide peut être consulté sur le site de Via Sèva. Il sera également distribué par l’ADEME, via les Espaces Info Energie.

> Guide de l’usager du chauffage urbain

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Etude « Filières vertes » du CGDD : extraits concernant les réseaux de chaleur

Dans une étude récemment publiée, le Commissariat Général au développement durable (CGDD) a analysé les forces et les faiblesses de 17 « filières vertes » et a proposé pour chacune d’entre elles des objectifs de développement industriel à moyen et long terme.

Le CGDD indique que cette étude a pour principal objectif de permettre d’engager une discussion. A cet effet, une consultation publique est organisée ; les réponses peuvent être faites en ligne, jusqu’au 15 janvier 2010, par l’intermédiaire du site suivant : Consultation sur la stratégie française en matière de filières industrielles françaises de la croissance verte.

Les 17 filières étudiées sont les suivantes (en gras, celles qui concernent directement ou indirectement les réseaux de chaleur) :

1. Biomasse (valorisation énergétique)
2. Biomasse (valorisation matériaux)
3. Biocarburants
4. Chimie verte (dont chimie biomasse)
5. Recyclage des déchets à haute valeur ajoutée
6. Eolien, dont off-shore
7. Energies Marines
8. Géothermie
9. Captage et stockage de CO2
10. Photovoltaïque
11. Véhicules électriques
12. Stockage d’énergie / Batteries
13. Métrologie – instrumentation
14. Optimisation des procédés industriels
15. Logistique et gestion de flux
16. Réseaux énergétiques intelligents (smart grids)
17. Efficacité énergétique dans le bâtiment

La biomasse-énergie et la géothermie ont été identifiées par le CGDD comme filières matures, pour lesquelles la France dispose d' »un potentiel naturel et industriel élevé », mais « dont le
potentiel de développement est sous exploité ».

Les extraits du rapport concernant directement les réseaux de chaleur sont présentés ci-après.

Extrait des objectifs proposés pour le développement de la filière biomasse énergie (p. 37) :

Développer les réseaux de chaleur pour les bâtiments collectifs (habitat et tertiaire)

L’utilisation du bois et de ses dérivés pour la production de chaleur possède un taux de rendement (85 à 90%) extrêmement plus élevé que la production d’électricité seule (15 à 30%). Les réseaux de chaleur ne desservent aujourd’hui que 4% du parc national. Il faut se fixer un pourcentage supérieur dans le chauffage des bâtiments. Rappelons que 70% des dépenses d’énergie domestique sont consacrées au chauffage. Il s’agît là d’un enjeu majeur pour l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments dans le cadre du Grenelle.

Extrait des conditions de succès de la stratégie de développement de la filière biomasse énergie (p. 38) :

Sur l’aval collectif, la mise en place de mesures incitatives pour favoriser l’implantation de sites de production de chaleur ou d’électricité et pour créer des réseaux de chaleur/convertir des réseaux de chaleur existants est le facteur clé de succès.

Extrait des priorités d’action pour le développement de la filière biomasse énergie :

Priorité n°1. La France doit structurer en amont la mobilisation de la ressource biomasse et en particulier sa ressource sylvicole
– Création d’un fond stratégique d’investissement dédié aux infrastructures (dessertes forestières, zone de dépôt,…) et au soutien des acteurs
– Jouer sur la réglementation pour favoriser l’incorporation de bois d’oeuvre (seuil d’incorporation dans les constructions neuves) et de bois d’énergie (réglementations thermiques)
– Renforcer le programme BIP de l’Ademe et développer un observatoire national de la biomasse
Priorité n°2. Développer les réseaux de chaleur pour l’habitat collectif et le tertiaire
– Communiquer auprès des particuliers, des promoteurs et des gestionnaires des bâtiments publics
– Rendre l’Etat exemplaire en systématisant le recours aux réseaux de chaleur lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments publics
– Rendre obligatoire la connexion des logements neufs aux réseaux de chaleur lorsqu’ils existent

Extrait des objectifs proposés pour le développement de la filière géothermie (p. 73) :

Bien que la France ne compte pas parmi les principaux pays géothermiques, celle-ci possède deux spécificités intéressantes lui permettant de se positionner sur des filières d’excellence en matière de géothermie profonde :
– d’une part, l’expérience du développement ancien de réseaux de chaleur géothermique, et la bonne conjonction de la ressource et d’ensembles urbains importants (bassin parisien, Aquitaine, Alsace)
– d’autre part, des DOM insulaires volcaniques, où la production géothermique d’électricité est compétitive, mais présente certaines spécificités (contexte géologique, contrainte d’éloignement) pouvant présenter une barrière à l’entrée pour les acteurs des grands pays géothermiques.

Le développement d’une telle filière de géothermie « industrielle » en France bénéficiera aux deux niches précédemment citées pour la partie commune (forages, équipements de puits…). Mais celles-ci auront aussi leurs spécificités. Notamment, le développement de la géothermie dans les DOM devrait pouvoir, moyennant un fort investissement local, devenir un leader mondial en la matière capable de s’exporter par exemple dans tout l’arc antillais ou dans le Pacifique.

Pour les réseaux de chaleur, les emplois directs liés à la réalisation des investissements en géothermie profonde ont été estimés à 260 en 2006. Les emplois liés à la production d’énergie marchande sont de l’ordre de 600, pour une valeur des ventes de 100 M€. La filière pourrait représenter 2 000 emplois à l’horizon 2012.

Pour en savoir plus :
article de présentation de l’étude Filières vertes sur le site du MEEDDM
le rapport complet « Filières vertes » : Les filières industrielles stratégiques de la croissance verte (CGDD, octobre 2009)
– Synthèses par filières (filières concernant le plus les réseaux de chaleur) : biomasse énergiegéothermiecaptage et stockage de CO2efficacité des bâtimentsrecyclage des déchets

Taxe carbone et réseaux de chaleur : moratoire d’un an

La taxe carbone – rebaptisée contribution carbone – a été approuvée par le Sénat le 24 novembre. Les sénateurs ont notamment voté un amendement qui concerne spécifiquement les réseaux de chaleur : les produits énergétiques utilisés par les réseaux de chaleur seront exemptés de contribution carbone jusqu’au 31 décembre 2010. L’auteur de l’amendement a mis en avant le nombre important de logements sociaux raccordés à des réseaux de chaleur.

En savoir plus :
> Taxe carbone : exonérations pour les réseaux de chaleur et le transport fluvial (Les Echos, 24/11/09)
> La taxe carbone a été votée par le Sénat (Challenges, 24/11/09)

Reportage vidéo sur le réseau de chaleur géothermique de Chevilly-Larue

Le réseau de chaleur géothermique de Chevilly-Larue/L’Haÿ-les-Roses/Villejuif fait l’objet d’un numéro de l’émission Les pieds sur Terre, diffusée par Public Sénat. Ce réseau, qui compte 85km de canalisations, est l’un des plus importants système de chauffage urbain alimenté par géothermie en Europe. Il dessert 22000 équivalents-logements.

Voir aussi :
> Photos de la centrale de géothermie de Chevilly-Larue
> Vidéos sur le site Géothermie – Perspectives

Un nouveau réseau de chaleur à Nantes Métropole

A Saint-Jean-de-Boiseau dans l’agglomération nantaise, un réseau de chaleur alimenté par du bois (source de base) et du gaz (en appoint lors des périodes de grand froid) dessert désormais une centaine de logements individuels dans un nouveau quartier, viabilisé depuis un an. D’après Jean-Luc Rambelomanana, chef de projet à Nantes Métropole, cette installation doit permettre d’éviter chaque année le rejet de 274 tonnes de CO2.

> Voir l’article complet : Chauffés au bois (Presse Océan – 23/11/2009)

A voir également : projet de réseau de chaleur biomasse à Amiens Métropole

Conseil de Paris : projets concernant le chauffage urbain

Dans une récente communication sur le développement durable, le Maire de Paris souligne le rôle que devra jouer le chauffage urbain parisien dans l’atteinte des objectifs d’augmentation de l’utilisation des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie de la capitale :

« […] Le très grand chantier d’extension du réseau de chauffage urbain de la CPCU au nord-est parisien, à l’occasion des travaux de prolongement du T3, constitue un moyen significatif d’augmenter la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique à Paris. A cet égard, des clauses environnementales ont été intégrées dans le cahier des charges de la CPCU pour qu’elle atteigne 60 % d’énergies renouvelables d’ici 2012. De son côté, le SYCTOM développe le recours à la méthanisation avec notamment la future unité de Romainville. […] »

> Conseil de Paris : communication sur le développement durable (23/11/2009)

Assises de l’Energie et du Climat des Collectivités Territoriales

La 11ème édition des Assises de l’Energie et du Climat des Collectivités Territoriales se déroulera à Dunkerque les 26, 27 et 28 janvier 2010.

> Le programme (au 17 novembre 2009)
> Détails et inscriptions sur le site des Assises

La CPCU annonce un projet de chaufferie biomasse

A l’occasion de la publication de son chiffre d’affaires pour les 3 premiers trimestres de 2009, la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (CPCU), le plus important gestionnaire de réseau de chaleur en France, a annoncé un projet de centrale de production de chaleur alimentée par de la biomasse. Cette nouvelle chaufferie devra partiellement remplacer la chaufferie charbon du site de Saint-Ouen de la CPCU, fournissant ainsi 7% de la chaleur distribuée par la CPCU. Le projet est estimé à 200 millions d’euros pour une puissance de 120 MW et la mise en service est prévue pour 2014. Les 250000 tonnes de bois annuelles nécessaires seront apportées d’une part par la récupération de bois en fin de vie (150000 tonnes) et d’autre part par la filière sylvicole locale (100000 tonnes).

> Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain : une centrale biomasse en projet (Yahoo Finances – 16 novembre 2009)
> Chauffage : CPCU développe la chaleur urbaine renouvelable (Le Journal du Développement Durable – 20 novembre 2009)

Récupération de la chaleur des eaux usées à Levallois

La Ville de Levallois est la première collectivité de France à s’équiper de Degrés Bleus, système de récupération de chaleur des eaux usées, proposé par Lyonnaise des Eaux,  filiale de Suez Environnement. Ce système innovant et écologique permettra de maintenir en température l’eau des bassins du nouveau Centre Aquatique de la ville.

> Article à lire sur Enviro2B.com : Levallois s’équipe de Degrés Bleus (09/11/09)

Les réseaux de chaleur en quelques chiffres

kchartSituation actuelle des réseaux de chaleur en France

  • 1,2 millions de logements sont alimentés par des réseaux de chaleur en France (soit env. 5%)
    • environ la moitié sont des logements sociaux
    • 1 logement social sur 6 est desservi par un réseau de chaleur
  • clientèle des réseaux : 2/3 résidentiel, 1/3 tertiaire et industrie (le tertiaire inclut les bâtiments publics : écoles, hôpitaux, …)
    • en comptant tous les types de bâtiments, le parc raccordé est d’environ 2,1 millions d’équivalents logements
  • il y a entre 400 et 450 réseaux de chaleur en service en France
    • dont 120 en Île-de-France
  • les réseaux de chaleur sont actuellement alimentés à 26% par des énergies renouvelables et de récupération (en volume, 500 ktep)
    • l’incinération d’ordures ménagères (considérée à seulement 50% comme source renouvelable), fournit 3/4 des EnR&R. La géothermie (11%) et la biomasse (7%) sont très minoritaires.
  • quelques taux d’utilisation des réseaux de chaleur ailleurs en Europe : Finlande 95%, Suède 75%, Pologne 70%, Allemagne 14%, Royaume-Uni 2%

Le marché de la chaleur en France

  • la chaleur représente 52% de la consommation énergétique finale totale en France
    • en volume, en 2007 : 84 Mtep sur 162
  • les 2/3 de la chaleur produite sont utilisés pour le chauffage du résidentiel-tertiaire
    • le reste correspond essentiellement à la chaleur pour l’industrie
  • dans le résidentiel-tertiaire, la chaleur représente 80% de l’énergie consommée
  • le chauffage du résidentiel-tertiaire génère près d’1/3 des émissions de CO2 de la France

Objectifs pour 2020

  • la France s’est engagée à porter à 23% la part des énergies renouvelables dans sa production énergétique totale
  • en volume, et compte tenu des mesures de réduction de la consommation énergétique prises en parallèle, cela revient à augmenter de 20 Mtep la production d’énergie à partir de sources renouvelables
  • sur ces 20 Mtep, la production de chaleur devra contribuer à hauteur de 10 Mtep (soit 50%)
  • sur les 10 Mtep de chaleur renouvelable, les réseaux de chaleur représentent environ 1/4 de l’objectif, avec 2,5 Mtep supplémentaires (ce qui portera à 3 Mtep la quantité totale d’énergie renouvelable utilisée dans les réseaux de chaleur)
    • les 3/4 restant devront être obtenus, à part à peu près équivalente, par :
      • les mesures sur le logement individuel (solaire thermique, pompes à chaleur, biomasse, géothermie…),
      • l’augmentation de l’utilisation de biomasse dans l’industrie
      • la cogénération de chaleur à partir de biomasse
  • les 2,5 Mtep supplémentaires sont réparties, par source, comme suit :
    • +1,1 Mtep biomasse
    • +0,5 Mtep part renouvelable des UIOM et bois DIB
    • +0,5 Mtep biogaz
    • +0,4 Mtep géothermie profonde
  • scénario privilégié pour atteindre cet objectif en volume sur les réseaux de chaleur :
    • x3 équivalents logements raccordés et 76% d’énergies renouvelables dans les sources

Actualités sur les réseaux de chaleur, réseaux de froid et énergies renouvelables, en lien avec la planification et l'aménagement des territoires