Tous les articles par Muriel Labonne - Cerema

Programme CEE « Economies d’énergie dans les TEPCV »

Les certificats d’économie d’énergie sont une aide financière (payée par les fournisseurs d’énergie) pour réaliser des économies d’énergie. Depuis le 13 février, les territoires à énergie positive peuvent bénéficier d’une aide via les CEE à hauteur des 2/3 des dépenses réalisées avant fin 2018. Cette aide est accordée notamment pour le raccordement de bâtiments teritiaires (fiche BAT-TH-127) ou résidentiels (fiche BAR-TH-137) à un réseau de chaleur. C’est l’occasion de mutualiser au niveau TEPCV les raccordements de bâtiments aux réseaux de chaleur.

Depuis le 13 février 2017, les territoires signataires d’une convention de Territoire à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV) peuvent être porteurs d’un programme d’économies énergie et voir leurs investissements récompensés par l’attribution de certificats d’économie d’énergie (CEE). L’obtention d’un financement CEE permettra d’obtenir un financement à hauteur des deux tiers des dépenses réalisées pour des travaux d’économies d’énergie effectués avant le 31 décembre 2018 sur les bâtiments appartenant au patrimoine des collectivités territoriales, ou pour des aides accordées directement aux ménages modestes. Le financement sera accordé pour les travaux de :

  • rénovation de l’éclairage public extérieur ;

  • isolation ou changement de chauffage pour les bâtiments publics ;

  • isolation ou changement de chauffage pour les logements résidentiels individuels ;

  • raccordement d’un bâtiment public ou résidentiel à un réseau de chaleur.

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Guide Réaliser un état des lieux et étudier le potentiel de développement des réseaux de chaleur/froid à l’échelle régionale

Le pôle réseaux de chaleur du Cerema vient de publier le guide pour Réaliser un état des lieux et étudier le potentiel de développement des réseaux de chaleur à l’échelle régionale. Ce guide est une mise à jour du précédent, qui datait de 2012, avec en plus de l’état des lieux une partie sur l’étude du potentiel de développement des réseaux de chaleur/froid à l’échelle régionale.

Les réseaux de chaleur et de froid sont un moyen efficace pour mobiliser massivement les énergies renouvelables et de récupération (EnR&R), et diminuer les émissions de gaz à effet de serre, de façon locale et intégrée à un territoire.

Leur développement est ainsi un des leviers pour lutter efficacement contre le changement climatique et c’est donc tout naturellement que la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), loi n°2015-992 du 17 août 2015, qui permet à la France de contribuer plus efficacement à la lutte contre le dérèglement climatique, leur apporte un socle juridique plus précis et un objectif fort à l’horizon 2030 : multiplier par 5 la chaleur renouvelable et de récupération livrée par les réseaux de chaleur et de froid. La LTECV prévoit notamment un recensement de l’ensemble des réseaux de chaleur dans le cadre du schéma régional climat air énergie (SRCAE). La loi NOTRe prévoit un schéma de planification unique piloté par les régions : le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET), englobant le SRCAE et donc l’état des lieux régional des réseaux de chaleur.

Ce guide est fait pour aider les acteurs régionaux à réaliser ce recensement. Il propose aussi d’aller plus loin et d’utiliser ce recensement pour évaluer le potentiellement de développement des réseaux de chaleur.

Pour voir le guide : http://reseaux-chaleur.cerema.fr/realiser-un-etat-des-lieux-et-etudier-le-potentiel-de-developpement-des-reseaux-de-chaleurfroid-a-lechelle-regionale

Séminaire ADEME géothermie très basse énergie

La Géothermie très basse énergie – GTBE – recouvre l’ensemble des techniques développées pour valoriser l’énergie du sous-sol peu profond (administrativement jusqu’à 200 m de profondeur), pour chauffer ou refroidir des bâtiments, ou pour produire de l’eau chaude sanitaire.

Elle s’adresse à tous types de bâtiments : neuf, existant (voire très ancien), résidentiel, tertiaire, agricole, industriel, de la maison individuelle jusqu’à des bâtiments de plusieurs dizaines de milliers de m2. Elle peut également être couplée à des réseaux (appelés boucles d’eau tempérée) destinés à desservir plusieurs bâtiments pour couvrir simultanément des besoins de chaud et de froid. La GTBE est ainsi très bien adaptée aux éco-quartiers.

Elle peut ainsi contribuer pleinement à atteindre l’objectif fixé par la programmation pluriannuelle de l’énergie – PPE – pour la chaleur géothermale, qui est de multiplier par 4 la contribution de cette source renouvelable d’énergie d’ici à 2023 par rapport à sa contribution de 2014.seminaire_ademe_geothermie

Un séminaire est organisé par l’ADEME les 23 et 24 mars prochains, à Sophia-Antipolis (dans les Alpes-Maritimes). C’est l’occasion de faire le point sur cette filière pour les maîtres d’ouvrage et les prescripteurs.

Voir le programme de ces journées géothermie

En savoir plus sur ces journées géothermie

Voir également la fiche réseaux de chaleur et géothermie, et les objectifs de la PPE.

Rapports élèves ENTPE sur l’aménagement énergétique du quartier Saint-Jean à Villeurbanne

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Carte du périmètre de l’étude – source : Grand Lyon

Chaque année depuis 2013, Emmanuel Martinais de l’ENTPE gère et anime, avec Fabien Challéat du Grand Lyon depuis cette année, le cours Transition énergétique et aménagement à destination des élèves de 2è année des voies d’approfondissement aménagement et environnement. A l’issu de ce cours, les élèves ont un rapport à fournir. En 2016, les différents sujets concernaient l’aménagement énergétique du quartier Saint-Jean à Villeurbanne. Les meilleurs rapports des étudiants, ne contenant pas de données confidentielles, sont publiés sur le site réseaux de chaleur du Cerema.

Le Cerema participe à ce cours, en tant que formateur, notamment pour un module sur les réseaux de chaleur et leurs liens avec l’aménagement, en participant au jury de présentations des élèves de leur projet, et en donnant un avis sur certains rapports des élèves.

En savoir plus sur la formation réseaux de chaleur

District Heating and Cooling Days

Les 21, 22 et 23 février prochains auront lieus les district heating and cooling days. Cet événement est l’occasion d’en apprendre plus sur les innovations dans les réseaux de chaleur et de froid.

Il est soutenu par le projet Celsius, Amorce, l’UNEP, le Grand Lyon et Göteborg Energi (en savoir sur les réseaux de chaleur en Suède).

Le 21 et le 22 février seront dédiés à plusieurs sessions sur des thèmes divers :

  • Récupération de la chaleur fatale en milieu urbain
  • L’innovation dans le froid urbain
  • Les business models
  • etc.

La journée du 23 février sera quant à elle dédiée à des visites de sites :

  • Incinérateur de Gerland
  • Centrale de La Fayette

Programme

Pour s’inscrire.

A lire

Exemples de territoires à énergie positive lauréats

Rappel des épisodes précédents______________________________________________

Le Ministère du Développement Durable a dévoilé la liste des 212 lauréats (sur 528 candidats) de l’appel à initiatives « Territoires à énergie positive pour la croissance verte » début 2015. Les lauréats bénéficient d’une aide financière de 500 000 à 2 millions d’euros, afin de baisser la consommation d’énergie, d’augmenter la production d’énergie renouvelable et de mobiliser les citoyen(ne)s.

Fin du rappel___________________________________________________________________

source : MEDDE – article TECV – fin juillet 2015

A l’occasion de la signature, le 22 juillet de 100 nouvelles conventions des territoires à énergie positive pour la croissance verte, le ministère de l’Ecologie a publié une nouvelle brochure intitulée « La France exemplaire. Les territoires en action ».

Cette nouvelle brochure de 32 pages reprend les principales actions de ces territoires labellisés, en matière de :

  • Réduction de la consommation d’énergie dans le bâtiment et l’espace public
  • Diminution des émissions de gaz à effet de serre et des pollutions liées aux transports
  • Développement de l’économie circulaire et de la gestion durable des déchets
  • Production d’énergies renouvelables locales
  • Préservation de la biodiversité, protection des paysages et promotion d’un urbanisme durable
  • Promotion de l’éducation à l’environnement, de l’écocitoyenneté et mobilisation des acteurs locaux

Les 2 premiers exemples de cette brochure concernent des réseaux de chaleur vertueux :

  • Une chaufferie bois à Tramayes qui s’est transformée en réseau de chaleur bois et chauffe maintenant, en plus des bâtiments communaux, l’hôpital et une quarantaine de logements de particuliers permettant d’économiser 140 000 litres de fioul par an ;
  • La communauté de communes de Vitry, Champagne et Der cherche à optimiser ses réseaux de chaleur. Elle a notamment étendu le réseau de chaleur biomasse au centre aquatique qui utilisait de l’énergie fossile.

En savoir plus…

…sur les territoires à énergie positive et les réseaux de chaleur

Un réseau de froid 95% EnR&R à Bordeaux Saint-Jean Belcier

Source : objectifaquitaine.latribune.fr

Un réseau de de chaleur et de froid va voir le jour à Bordeaux Saint-Jean Belcier :

« …ce réseau, qui est développé en deux phases distinctes en accompagnement de la progression des programmes immobiliers, chauffe déjà les premiers habitants installés dans les nouveaux programmes.

Concernant le contrat de Bordeaux Saint-Jean Belcier, Bègles, le réseau d’eau chaude (17 km) alimentera l’habitat neuf, l’habitat collectif existant et le tertiaire pour un total de 820.000 m2, soit l’équivalent de 18.000 logements. La chaleur sera produite par l’incinération des ordures ménagères de l’usine de Bègles (Astria). Ces calories chaufferont à 100°C une eau en circuit fermé qui sera acheminée vers les bâtiments via un réseau de canalisations isolées en acier. Le mix énergétique sera composé à 90 % d’énergie renouvelable et de récupération (EnR&R) et 10 % de gaz naturel.

Le froid, lui, sera aussi produit à partie de la chaleur fournie par l’usine d’incinération via l’utilisation de pompes à chaleur à absorption. Dans ce cas, le mix énergétique sera composé à 95 % d’EnR&R et à 5 % d’électricité. Le froid produit ainsi alimentera uniquement les 200.000 m2 de nouveaux bâtiments tertiaires qui sortiront de terre dans la zone concernée, en plein périmètre de l’opération d’intérêt national Bordeaux-Euratlantique. »

Le réseau de froid sera alimenté par l’usine d’incinération des ordures ménagères locales, via des PAC à absorption pour atteindre une part EnR&R de 95%.

Petit état des lieux des réseaux de froid français

Les réseaux de froid sont encore peu développés en France par rapport à d’autres pays (comme au Japon ou aux Etats-Unis notamment). Dans le dernier arrêté relatif aux contenu CO2 des réseaux de chaleur, issu de l’enquête 2013 sur les réseaux de chaleur et de froid, 17 réseaux de froid sont recensés. Ils livrent 880 GWh, et ont une part d’énergies renouvelables et de récupération de 3%.

Or ils offrent de nombreux avantages par rapport à des systèmes individuels :

  • accès à plus de sources renouvelables et de récupération (par exemple, le réseau de froid de la ZAC Seguin utilise le refroidissement par l’eau de la Seine)
  • moins de pollution visuelle sur les bâtiments
  • un meilleur contrôle des risques sanitaires dû aux fluides frigorigène notamment

Ainsi, les réseaux de froid sont amenés à se développer, avec la demande de froid grandissante. Quelques projets de réseaux de froid utilisant l’eau de mer notamment se développent.

Voir également

Un site sur la récupération de chaleur industrielle

www.recuperation-chaleur.fr

Le guide de la récupération de chaleur est un outil de sensibilisation, destiné à un public industriel, sur la récupération et la valorisation des rejets de chaleur dans l’industrie. Il a pour double vocation d’apporter à la fois une vision globale sur le sujet et de détailler certains points, notamment sur l’intérêt d’une récupération, les technologies et méthodologies associées.

Ce site détaille les questions importantes suivantes :

et détaille techniquement les notions de chaleur, puissance, audit, etc.

Rappel : pour les installations >20MW thermique et soumises à autorisation au titre de la réglementation des installations classées (ICPE), une analyse coût-avantage est obligatoire pour la valorisation de la chaleur fatale sur réseau de chaleur.

Voir également

Des vaches alimentent un réseau de chaleur

Source : leparisien.fr – 11 mai 2015

A Haravilliers, dans le Val-d’Oise à environ 50 km au Nord-Ouest de Paris, une éleveuse de vaches laitières monte un projet de méthanisation à petite échelle pour valoriser tous les déchets issus de son exploitation.

Les déchets produits par ses 90 bêtes et son lisier auxquels sont ajoutés des déchets issus de l’industrie agro-alimentaire permettront de produire du biogaz. Ce biogaz sera transformé en électricité réinjectée dans le réseau national. Mais la chaleur produite par l’installation sera aussi valorisée pour éventuellement alimenter le réseau de chaleur de la ville, et ainsi chauffer la mairie, l’école, certaines maisons et peut-être la salle polyvalente.

Le projet devrait voir le jour en 2016.

En savoir plus sur…

Et l’article présentant Quelques sources EnR&R exotiques pour les réseaux de chaleur et de froid.

Étude ADEME sur les marchés et emplois liés à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables

Depuis 2008, l’ADEME dresse chaque année un état des lieux des marchés et des emplois relatifs aux principales activités liées à l’amélioration de l’efficacité énergétique et au développement des énergies renouvelables en France. L’étude s’intéresse à une trentaine de segments de marchés : travaux de rénovation énergétique dans les logements existants, diffusion des équipements domestiques énergétiquement performants, transports collectifs, véhicules particuliers, équipements et installations destinés à produire des énergies renouvelables (EnR). Elle estime également les ventes d’énergies d’origine renouvelable.

Cet article reprend les points clés du focus sur les réseaux de chaleur, p.257-267 du rapport.

Les réseaux de chaleur en augmentation sur tous les fronts (longueur, investissement, emplois…)

tendances réseaux 2011-2013

Entre 2005 et 2011, la longueur des réseaux de chaleur suivis par l’enquête du SNCU a augmenté de 648 km (+25%).
Entre 2009 et 2013, de l’ordre de 530 projets de réseaux de chaleur ont été aidés par le Fonds Chaleur. Représentant 1 200 km et un montant d’investissements de 1,2 milliards d’euros, ces projets devraient se traduire à terme par la distribution de 169 ktep de chaleur supplémentaire (+10% par rapport à 2011).
graphique réalisations réseaux en M€
graphique mises en service annuelles en km
En 2013, les marchés liés à la réalisation des investissements et à l’exploitation des réseaux de chaleur devraient représenter 840 M€ et les emplois 5400 équivalents temps plein.

graphique emplois réseauxMais est-ce suffisant ? Rappel des objectifs

Les enjeux du développement des réseaux de chaleur en France sont grands : ce vecteur est l’unique moyen de développer certaines ressources renouvelables et de récupération telles que la géothermie profonde, la chaleur rejetée par les industries ou les usines d’incinération de déchets. De plus, la chaleur représente environ la moitié de la consommation d’énergie nationale (voir fiche Généralités sur la chaleur).

Ainsi, les objectifs 2020 et 2030 sur les réseaux de chaleur sont les suivants :

situations et objectifs 2020-2030 pour les réseaux
situations et objectifs 2020-2030 pour les réseaux

Prévisions et perspectives

Ces objectifs apparaissent difficilement atteignables malgré l’impulsion donnée par le Fonds Chaleur : la longueur des projets aidés sur la période 2009–2013 représente 1 300 km soit 40% de la longueur des réseaux existants en 2005. La longueur du réseau atteindrait 4 900 km en 2017, alors qu’à densité énergétique comparable (nombre d’équivalents logements desservis par km, de l’ordre de 570 équivalents logements par km de réseau), il faudrait environ 10 000 km pour atteindre les 6 millions d’équivalents logements, soit 5 000 km de plus en 3 ans.
Mais surtout, selon l’enquête SNCU, le nombre d’équivalents logements desservis par les réseaux n’aurait augmenté que de 75 000 entre 2005 et 2011. La densité est passée de 670 à 570 équivalents logements par kilomètre. Même si l’on admet une sous estimation de la croissance des petits réseaux dans l’enquête, il est évident que l’on est loin du rythme nécessaire.

Comment développer les réseaux de chaleur ?

-> Voir les 4 axes de développement des réseaux de chaleur

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