Les réseaux de chaleur en France en 2012 – Panorama

Le SNCU a publié cet été les résultats de la dernière enquête nationale annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid qu’il réalise chaque année pour le compte du service statistique du ministère du développement durable (enquête portant sur les bilans 2012, conduite en 2013).

On dénombre désormais 479 réseaux (dont 16 réseaux de froid), qui ont livré en 2012 la chaleur correspondant à 2 301 947 équivalents-logements (2 153 374 en 2011). La part des énergies renouvelables et de récupération continue de progresser, passant de 36% en 2011 à 38% en 2012.

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Bouquet énergétique des réseaux de chaleur en 2012

 

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Situation par région : nombre de réseaux recensés et part EnR&R moyenne

Nouvelle fiche action : « Réunir les territoires pour développer les réseaux de chaleur »

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L’échelon communal se révèle parfois insuffisant pour porter le développement d’un réseau de chaleur. Les projets nécessitent en effet une implication forte des services techniques de la collectivité, avec des compétences pointues, plus facilement accessibles en les mutualisant avec d’autres communes. Par ailleurs, les réseaux de chaleur sont intimement liés aux questions d’urbanisme, d’aménagement et de logement, compétences de plus en plus exercées à l’échelle intercommunale. Enfin, en tant que réseaux, ils ont vocation à relier des parties de territoires dont le découpage n’est pas toujours celui des limites administratives communales. Afin d’élever les projets au dessus de l’échelon communal, plusieurs types d’intercommunalités peuvent être mobilisés.

Le réseau d’Orléans traverse la ligne de train

Source : girus.fr

Passerelle sur le train pour le réseau d'Orléans

Une passerelle de 24 m a été posée la nuit afin de relier la chaufferie existante au gaz et la nouvelle chaufferie cogénération biomasse.

Rappel

Il y a 2 réseaux de chaleur à Orléans. Les chiffres clés sont les suivants :

  • Près de 15 000 logements concernés (soit 27% de la ville d’Orléans)
  • 87 millions d’€ d’investissement pour les deux projets
  • 52 km de réseaux
  • 90 000 tonnes d’émissions de CO2 évitées, soit l’équivalent de 40 000 voitures
  • mi-2014, les 2 réseaux du chauffage urbain seront alimentés à la biomasse

Pour en savoir plus

Appel à initiatives : territoires à énergie positive

RéseauLe Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie lance un appel à projets visant à valoriser et d’encourager les initiatives territoriales de progrès environnemental et énergétique . 200 territoires à énergie positive seront ainsi identifiés et bénéficieront d’un accompagnement par les services de l’Etat.

Les réseaux de chaleur font bien entendu partie des outils qui peuvent être mobilisés par les territoires pour accroître la part locale et renouvelable de leur consommation énergétique.

Communiqué du MEDDE

200 territoires à énergie positive pour la croissance verte

Engager 200 territoires volontaires dans une démarche exemplaire au service du nouveau modèle énergétique et écologique français, c’est l’objectif de l’appel à initiatives « 200 territoires à énergies positive pour la croissance verte ». Ce dispositif permettra à ces territoires d’être accompagnés et orientés par l’État dans leurs projets.

En coordination avec la ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la ruralité, Ségolène Royal s’engage pour l’aménagement durable des territoires.
Les 200 projets, portés par les élus locaux, en coopération avec les acteurs économiques et les citoyens, témoigneront de l’engagement de ces territoires au service du nouveau modèle énergétique et écologique français. Ils permettront le développent de filières industrielles d’avenir et la création d’emploi.

Seront notamment valorisées :

  • les mesures favorisant les économies d’énergie
  • le développement d’une mobilité bas-carbone
  • la valorisation des déchets
  • la production d’énergies renouvelables, etc.

L’objectif de cet appel à projet est de valoriser et d’encourager les initiatives territoriales de progrès environnemental et énergétique, par la stimulation de projets, et par le développement économique favorisant une croissance durable et des emplois pérenne sur des filières d’avenir.

L’État encouragera ces divers projets par le biais des politiques contractuelles de l’aménagement durable et de l’urbanisme (éco-quartiers, éco-cités, éco-territoires ruraux, contrats locaux), via les financements dédiés à l’Ademe.

Les 200 démarches présentant l’approche la plus large et la plus ambitieuse en matière de performance énergétique seront par ailleurs soutenues par un financement dédié notamment à l’animation locale et à l’ingénierie de projet.

Voir aussi…

Brest : raccordement de la base navale au réseau de chaleur

Extensions du réseau de chaleur de BrestLe réseau de chauffage urbain de Brest, alimenté majoritairement par la chaleur de récupération de l’usine d’incinération des déchets, va s’agrandir à l’horizon 2016, en raccordant notamment la base navale.

Ce raccordement représente 8,4 km de réseau supplémentaires (dont 1,3km posé en aérien du fait de l’encombrement du sous-sol par divers tunnels et galeries techniques), 29 points de livraisons, 82 bâtiments desservis. Les travaux s’étendront sur un an et demi, à partir de mars 2015, et représenteront un coût total de 9,2 millions d’euros. Ils permettront à la base d’éviter le rejet 4500 tonnes de CO2 par an.

Voir aussi

Guide et fiches pratiques produits par l’association Hespul

Source : Site de l’association Hespul

140901_logo_HespulL’association Hespul a réalisé un guide intitulé
« Prise en compte de l’énergie dans les projets d’aménagement : de l’urbanisme de planification aux projets opérationnels ».

(…) Afin d’apporter des éléments de réponses à ces questions, HESPUL a produit un guide à destination des petites et moyennes collectivités et de leur AMO (bureaux d’études techniques, point INFO->ÉNERGIE, agence d’urbanisme, CAUE, etc.). Cet outil pratique a pour but de les accompagner à intégrer au mieux le thème de l’énergie à chaque étape d’un projet d’aménagement qu’il s’agisse d’urbanisme de planification (ex. PLU) ou opérationnel (ex. ZAC, projet de rénovation urbaine, …).

5 fiches pratiques accompagnent ce guide, dont notamment la fiche suivante  :

Gouvernance locale de la transition énergétique – Séminaire n°2 : Aménagement et énergie

Source : Plan Urbanisme Construction Architecture (PUCA)

Organisation de la deuxième séance du cycle de séminaires sur
« La gouvernance locale de la transition énergétique », dont le thème est

« Aménagement et énergie »
Des opérations d’aménagement aux politiques de planification urbaine et de transports : quelle contribution locale à la transition énergétique ?

Mercredi 22 octobre 2014 de 10h à 17h

Lieu : Grande Arche de la Défense – Paroi Sud – Salle 1 – Niveau 3

  • Programme de la journée  (en pdf)
  • Formulaire d’inscription en ligne, (inscription gratuite mais obligatoire pour accéder au Ministère), composée de 9 questions et à renseigner avant le 17 octobre 2014.
    Attention : nombre de places limitées

Panorama des réseaux de chaleur en Pays de la Loire

rapport dreal panorama rdcLa DREAL des Pays de la Loire a lancé l’année dernière une enquête dans le but d’en apprendre plus sur les réseaux de chaleur présents sur son territoire. Les informations disponibles sur ce sujet sont en effet assez limitées. Elles sont disponibles sous forme de synthèse nationale agglomérée pour les installations de tailles importantes (>3,5 MW) grâce à l’enquête nationale sur le chauffage urbain réalisée par le SNCU pour le compte du ministère en charge de l’énergie mais au niveau local, et particulièrement pour les réseaux de petite taille, les données sont difficilement accessibles.

C’est suite à ces constats que la DREAL des Pays de la Loire a souhaité réaliser en 2013 un panorama régional des réseaux de chaleur en activité en 2012 par le biais d’une enquête sur le territoire.

Les résultats de cette enquête, disponibles sur le site de la DREAL et ci-dessous, montrent qu’en 2012, la région Pays de la Loire compte plus de 70 réseaux de chaleur sur son territoire (NB : ce chiffre inclut des réseaux sans vente de chaleur), un nombre en forte évolution depuis 2010. D’une longueur moyenne de 4km, ils présentent des puissances très différentes (30 réseaux de moins de 300 kW, 5 réseaux de plus de 5 MW). Ils desservent majoritairement des zones mixtes, combinant usages résidentiel et tertiaire.

La démarche engagée par la DREAL pour connaitre la quantité, le mix et la territorialisation de la chaleur livrée sur la région permet d’améliorer la visibilité des réseaux de chaleur parmi les systèmes énergétiques suivis dans les tableaux de bord régionaux : si l’éolien ou le solaire font souvent l’objet de suivis réguliers et publiés, c’est moins le cas pour les énergies mobilisées via les réseaux de chaleur.

Une fiche de retour d’expérience sur cette initiative sera prochainement réalisée par le pôle Réseaux de Chaleur du Cerema en lien avec la DREAL Pays-de-la-Loire, afin de permettre à d’autres DREAL (ou autres acteurs régionaux) de s’inspirer de la démarche pour la reproduire sur leurs territoires.

Quelques sources EnR&R exotiques pour les réseaux de chaleur/froid

Les réseaux de chaleur et de froid permettent d’accéder potentiellement à plus de sources d’énergie renouvelable et de récupération (EnR&R) que :

  • les systèmes individuels grâce à la mutualisation des moyens financiers et des besoins d’énergie
  • les systèmes nationaux (réseau de gaz et d’électricité) grâce à leur proximité au territoire et leur adaptation aux besoins d’énergie

Biomasse = bois-énergie ? Pas seulement…

Il y a aussi les noyaux de fruits

Plus de 2 ans après notre article Réseaux de chaleur, noyaux de fruits et crématoriums, où en sont ces réseaux mobilisant des sources exotiques ?

Rappel :

La commune de Cransac (1800 hab.) a signé en 2009 un contrat d’approvisionnement sur 6 ans avec l’usine Andros de Biars-sur-Cère située à 80km. L’industriel livre environ 300 tonnes (720m3) de noyaux de fruits par an, au tarif de 7€ la tonne. Le réseau de chaleur dessert un lotissement de 13 maisons, 8 appartements et plusieurs bâtiments publics. Coût de l’installation : 825000€ subventionné à 70% par ADEME, Région et Europe.

Le réseau de chaleur, inauguré en avril 2009, est toujours en fonctionnement en 2014.chaudière biomasse (noyaux de fruits) RdC Cransac La chaudière brûlant les noyaux de fruits (prunes, abricots, pêches) a une puissance de 500 kW.

brûleur chaudière noyaux de fruits Cransac
Source : site cransac-les-thermes.fr

La mairie et l’Office de tourisme de Cransac organisent des visites guidées du réseau de chaleur, comprenant notamment les visites de la chaufferie, de bâtiments desservis et de la noyauterie.

Et la paille

Source : consoglobe.com

Le réseau de chaleur de Pécs, ville de Hongrie à 20 km de Budapest, alimente 120 000 des 150 000 habitants de la ville en chaleur, à partir de…paille !

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Centrale thermique de Pécs, la plus grande d’Europe. Source : consoglobe.com

La centrale thermique, qui fonctionne en cogénération (donc fournie également de l’électricité), utilisait initialement 50% de bois et 50% de gaz. La paille est venue remplacée le gaz, stabilisant ainsi la facture aux usagers, diminuant les émissions de GES et augmentant l’indépendance énergétique de la Hongrie.

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Bottes de paille. Source : consoglobe.com

Les bottes de paille rectangulaires de près de 400 kg sont positionnées sur 4 rampes mécaniques.

Dans un ballet cadencé, elles sont tractées les unes après les autres dans de longs tunnels. Après quoi, elles sont déchiquetées avant de tomber dans le foyer de la chaudière.

Grâce à son pouvoir calorifique supérieur, les 200 000 tonnes de pailles utilisées chaque année fournissent 60% de l’énergie alors que les 400 000 tonnes de bois en fournissent 40%. Cet important pouvoir calorique n’est encore que très peu connu, notamment en France.

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Centrale thermique de Pécs. Source : consoglobe.com

450 agriculteurs, dans un rayon de 100 km autour de la ville de Pécs, peuvent ainsi valoriser leur production, certains ont même multiplié leur chiffre d’affaires par 10.

Energie de récupération = chaleur issue de l’incinération des déchets ? Pas seulement…

Il y a aussi les data-center

Plus de 2 ans après notre article Réseaux de chaleur, noyaux de fruits et crématoriums, où en sont ces réseaux mobilisant des sources exotiques ?

Rappel :

L’utilisation de la chaleur des data-centers se développe. En France, un important projet a été annoncé à Marne-la-Vallée. A Helsinki, l’opérateur télécom Academica, qui a installé ses équipements dans un abri aménagé sous la cathédrale d’Uspenski pendant la guerre, indique pouvoir fournir de la chaleur à 1 000 appartements. [source]

Les data-centers ne cessent de se développer.

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Carte des data-centers dans le Monde. Source : http://www.datacentermap.com/

La récupération de la chaleur dégagée par les serveurs informatiques en réseau de chaleur (ou de froid) a un double avantage puisqu’elle permet :

  • d’augmenter la performance des data-centers
  • de chauffer et fournir en eau chaude les bâtiments alentours.

Le projet de Marne-la-Vallée est maintenant réalisé, depuis l’inauguration en 2012 du réseau de chaleur du Val d’Europe. Les retours d’expérience, issus de la présentation aux Assises EnR en milieu urbain d’Ile-de-France en 2013, sont les suivants :

Marne la vallée accueille 6 data-centers et 6 autres sont en projet : la récupération de l’énergie a donc un potentiel. Le réseau de chaleur du Val d’Europe est un réseau privé qui réalise un schéma directeur (schéma qui permet de planifier, en lien avec le territoire, les évolutions possibles et pertinentes du réseau sur 10-20 ans) du fait de la densité résidentielle insuffisante à court terme mais en développement important. Le schéma directeur permet ainsi de mobiliser les différents acteurs afin d’anticiper les évolutions possibles du réseau, en adéquation avec l’augmentation progressive de la demande en énergie du territoire. En effet, le retour d’expérience de ce réseau montre qu’il faut bien mettre en adéquation la quantité d’énergie récupérée avec le besoin. Le prix de la chaleur est de 80€/MWh. La récupération des data-centers est de 20 000 MWh.

Et les boues et station d’épuration

Le SIEL (Syndicat intercommunal d’énergies de la Loire) est un syndicat très novateur par rapport aux réseaux de chaleur : il est l’un des rares syndicats à avoir cette compétence (optionnelle). A la demande de collectivités il réalise ainsi des réseaux de chaleur (études et réalisation).

Par exemple celui à Saint-Chamond qui récupère la chaleur émise lors de l’incinération des boues de la station d’épuration (source : Energie2007.fr) :

L’incinérateur des boues a besoin d’être refroidi en permanence.

RdC-st-chamond-boues-schema-fonctionnement-simplifie
Source : Communiqué de presse du 9 décembre 2013

Un échangeur thermique, installé au niveau de l’incinérateur, permet ainsi de chauffer les bureaux de la station, et, à travers un réseau de chaleur, l’école Cézanne, l’Inspection Académique et les logements locatifs, soit un total de 4 750 m² chauffés. En moyenne 360 000 kWh sont récupérés chaque année et un appoint du réseau est réalisé par des chaudières gaz, installées dans l’école Cézanne, à hauteur de 20% environ.

RdC-st-chamond-boues-station-epuration
Source : Communiqué de presse du 9 décembre 2013

Cette énergie, issue de l’incinération des boues, n’est pas vendue mais donnée à St-Chamond par Saint-Etienne Métropole. L’investissement pour ce réseau de chaleur, de 350 000 € HT, doit être amorti en 12 ans, ce qui est un temps relativement faible pour un réseau de chaleur.

Autres exemples

Parmi les lauréats 2013 du Global district energy climate awards :

  • Climatisation par l’eau d’un lac : élimination du charbon dans le mix énergétique du réseau, grâce à la mise en place d’une cogénération et à un système de climatisation par l’eau d’un lac. Cornell University à Ithaca (New York, Etats-Unis)
  • Froid de l’eau de mer, data-centers, récupération de chaleur de bâtiments des usagers : fourniture de chaleur, froid et électricité pour 90% des bâtiments du centre d’Helsinki (équivalent de 800 000 résidents), en combinant de nombreuses sources renouvelables et de récupération (froid de l’eau de mer, récupération de chaleur de l’incinération de déchets, cogénération, énergie solaire, récupération de chaleur de data centers, récupération de chaleur de bâtiments des usagers). Helsingin Energia à Helsinki (Finlande)
  • Chaleur d’une usine de sel : extension d’une installation de récupération de chaleur à une usine de sel, permettant à la fois de réduire les besoins d’énergie fossile du réseau et de conforter l’usine en lui apportant un débouché économique pour sa chaleur fatale. Twence à Hengelo (Pays-Bas)

Voir également les autres exemples de sources exotiques sur notre article Réseaux de chaleur, noyaux de fruits et crématoriums.

Plus d’informations sur…