Interconnexion : « Quand les villes s’épaulent pour mieux utiliser leurs réseaux de chaleur »

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Source : localtis.infoArticle du 5 mars 2013

Grâce à des interconnexions, ou plus rarement en les fusionnant, des collectivités s’apprêtent à faire monter en puissance leurs réseaux de chaleur. En Ile-de-France, deux initiatives relèvent de cette logique de développement et de maîtrise de l’énergie.

Dans l’Hexagone, les réseaux de chaleur pêchent à deux niveaux : ils sont insuffisamment raccordés aux habitations et souffrent parfois d’un surdimensionnement qui plombe leur rendement. Pour améliorer leur efficacité, la chasse aux calories perdues s’impose. Elle conduit généralement les collectivités et leurs syndicats mixtes à y greffer, par le biais de ce qu’il est communément appelé une « interconnexion », d’autres flux d’énergie excédentaire ou non-utilisée et pertinente à recycler. Dans le Val-de-Marne, c’est ce que viennent d’opérer les communes de Vitry-sur-Seine et Choisy-le-Roi. Leur réseau de chauffage urbain est géré par le Syndicat intercommunal de chauffage urbain de Choisy et Vitry (Sicucv), qui lance un chantier d’interconnexion avec le réseau du Marché d’intérêt national (MIN) de Rungis, lui-même déjà en boucle avec la principale usine d’incinération locale. Pour ces trois partenaires, qui ont signé un accord le 12 février, le but est de « rendre plus vertueux les réseaux de chaleur tout en répondant à des besoins de production supplémentaires, en s’appuyant en priorité sur les sources d’énergies renouvelables existantes ». Coût des travaux : 10-11 millions d’euros. Pour une mise en service prévue fin 2014.

Faire chauffage commun

Plus originale encore est l’initiative d’Aulnay-sous-Bois et de Sevran, en Seine-Saint-Denis. En effet, les deux villes vont jusqu’à fusionner leurs réseaux existants, actuellement surdimensionnés. Ce qui permettra, comme elles l’avancent par voie de communiqué [voir ci-dessous], « d’agrandir le parc et d’amortir le coût des investissements nécessaires à l’accès aux énergies locales ». Sur le volet financier, elles promettent que « l’équilibre sera garanti par le nombre, potentiellement extensible, de logements raccordés ». Comme dans le Val-de-Marne, l’objectif est d’utiliser à terme 50% d’énergies renouvelables dans la production de la chaleur alimentant les logements. Et ce en vue de bénéficier d’une réduction sur la TVA prévue par le Code général des Impôts. Une réduction alléchante puisqu’au lieu des 19,6% actuels, la TVA tombe à 5,5% si ce mix énergétique est atteint. Après un premier rapprochement, Sevran et Aulnay-sous-Bois vont donc œuvrer ensemble pour diversifier leurs sources de chaleur. Deux pistes ont été explorées : géothermie profonde et biomasse. « La filière bois-énergie semble la plus pertinente parmi les scenarii étudiés, étant donné les ressources forestières en Ile-de-France et l’approvisionnement en bois qui pourrait se faire par voie ferroviaire ». Reste, pour ces villes, à établir un schéma directeur commun, pour « définir plus précisément le développement du futur réseau » et de nouveaux scénarios d’évolution. Il sera réalisé dans les prochains mois.

L’exemple Aulnay-Sevran

Source : site de la ville de Sevran.

Communiqué de presse

  • Aulnay-Sevran agissent contre la précarité énergétique

Dans un territoire fortement exposé, des solutions concrètes pour lutter contre la précarité énergétique s’imposent plus que jamais. Voilà pourquoi, les maires d’Aulnay-sous-Bois et
de  Sevran  ont  décidé  de  mutualiser  leur  réseau  de  chaleur  en  construisant  des installations «intelligentes » dont un des objectifs est de diminuer, de façon conséquente, le budget « énergie » des ménages. Les deux communes, déjà investies dans ces problématiques par le biais de leur Plan Climat Energie Territorial (PCET) respectif, optent pour une politique énergie-climat volontariste.

  • Aulnay-Sevran : un axe énergétique, écologique et innovant

En pleine mutation sur le plan économique, Aulnay-sous-Bois et Sevran sont concernées par d’ambitieux projets de rénovation urbaine visant à revaloriser le territoire sur le plan économique, mais aussi social et culturel. Cette stratégie, notamment portée par le projet du Grand Paris et définie par l’accord cadre du « Contrat de Développement Territorial Est-Seine-Saint-Denis » (CDT), s’accompagne aujourd’hui d’une importante avancée en matière énergétique.

Le projet doit donner naissance à un « axe énergétique » qui s’étendra le long de l’arc paysager « Nature et loisirs » imaginé par le cabinet Finn Geipel dans le cadre du CDT, et de la future ligne du Grand Paris Express. Ce périmètre allant du canal de l’Ourcq aux zones d’activités d’Aulnay-sous-Bois, concerne quatre réseaux de chaleur qui desservent 20 936 équivalents logements et fonctionnent à 100% à partir d’énergies fossiles. La mutualisation permettra d’amortir les investissements nécessaires pour accéder aux énergies locales et renouvelables comme la géothermie profonde (gisements d’énergie en sous-sol) ou la biomasse (reposant principalement sur le bois-énergie et une filière d’approvisionnement).

Voir aussi : Interconnexion de réseaux de chaleur : exemple dans le Val-de-Marne

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