Récupération de chaleur issue de l’incinération : les déchets de 7 familles permettent d’en chauffer 1

L’ADEME a récemment publié un avis concernant l’incinération des déchets ménagers et assimilés.

Usine d'incinération d'ordures ménagères Bien que sujette à des craintes sociétales persistantes, l’incinération offre aujourd’hui un moyen sûr et efficace d’élimination des déchets ménagers ne pouvant être recyclés ou restitués aux sols. Les usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) produisant de la chaleur contribuent en outre à réduire la consommation d’énergies fossiles. Certaines participent également à la production nationale d’électricité. Cependant, le recours à l’incinération nécessite des mesures de coordination et de précaution, afin notamment de ne pas nuire aux efforts de prévention, de réutilisation et de recyclage des déchets.

Plusieurs informations concernant la valorisation énergétique des déchets à travers un réseau de chaleur sont rappelées dans cet avis. Des éléments de contexte plus généraux sur la place de l’incinération dans le traitement des déchets en France sont également apportés.

  • En 2010, le parc d’UIOM est composé de 129 usines traitant un total de 14 Mt/an dont 114 usines avec récupération d’énergie correspondant à un tonnage traité de 13,8 Mt/an3. Chaque UIOM avec récupération d’énergie traite entre 8 900 t/an et 730 000 t/an avec une moyenne d’environ 120 000 t/an.
  • En 2010, 30 % de nos déchets municipaux étaient traités par incinération (1er mode traitement, à égalité avec la mise en décharge). La France se situe au 7ème rang européen pour la place tenue par l’incinération dans le traitement des ordures ménagères.
  • Le coût moyen d’incinération de déchets est de 94 € TTC par tonne en 2010, en incluant la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP). 80 % des installations ont des coûts qui se situent entre 60 € et 120 €.
  • La méthanisation, le captage du biogaz dans les installations de stockage et l’incinération sont les principaux modes de traitement permettant de valoriser l’énergie contenue dans les déchets.
  • Une usine d’incinération des ordures ménagères (UIOM) est composée d’un four pour la combustion, d’une chaudière pour la récupération de la chaleur, d’un système de traitement des fumées. La vapeur générée par la chaudière peut être utilisée pour alimenter un réseau de chauffage urbain pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire d’habitations ou distribuée à des établissements publics (hôpitaux, piscines…) ou des entreprises avoisinantes. Elle peut également être détendue dans un turboalternateur produisant de l’électricité. Le type de valorisation énergétique mis en œuvre dépend de la taille de l’usine mais aussi de son contexte d’implantation, en particulier de l’existence ou non d’un utilisateur à proximité pour absorber la chaleur fournie tout au long de l’année. Une production combinée de chaleur et d’électricité (cogénération) peut être mise en oeuvre.
  • Des aides au titre du Fonds Chaleur sont prévues pour le raccordement entre incinérateurs et réseaux de chaleur.
  • La valorisation d’une tonne de déchets peut permettre de produire jusqu’à 500 kWh d’électricité (en valorisation d’électricité seule) ou 1 700 kWh de chaleur (en valorisation thermique seule).
  • Les déchets issus de 7 familles (après tri) assurent le chauffage et l’eau chaude sanitaire d’une famille, les déchets issus de 10 familles assurent l’électricité d’une famille (hors chauffage).
  • En 2010, la récupération d’énergie par incinération a représenté 6,6 millions de MWh chaleur et 2,9 millions de MWh électriques.
  • L’incinération emploie en moyenne 29 personnes en équivalent temps plein pour une unité de 100 kt/an (3 fois plus d’emplois que pour la filière stockage).
  • Le développement de la prévention, la systématisation des collectes séparées et l’élargissement des consignes de tri orientant davantage de déchets vers la valorisation (recyclage, compostage, etc.) permettront de diminuer drastiquement la part de déchets ménagers résiduels envoyés en incinération et stockage. A l’inverse, une part croissante de déchets combustibles pré-triés disposant d’un fort potentiel énergétique (déchets non recyclables refusés par les collectes séparatives ou issus d’une installation de tri de déchets industriels ou de traitement mécano-biologique) sera disponible. Enfin, la révision de la réglementation sur le stockage (directive en cours de révision, travaux au niveau français) pourrait progressivement fixer certains critères d’admissibilité des déchets en stockage, notamment un pouvoir calorifique maximum. Les UIOM sont donc susceptibles de voir évoluer le pouvoir calorifique des déchets qu’elles traitent, soit à la hausse si ces fractions à haut pouvoir calorifique y sont incinérées, soit au contraire à la baisse si ces fractions sont valorisées énergétiquement dans d’autres types d’installations.

Voir aussi :

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