ADEME : « Géothermie, la réserve d’énergie »

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Dans le dernier numéro de son magazine d’actualités, l’ADEME consacre un dossier à la géothermie.

Extrait

La géothermie refait surface !

La géothermie est la source de chaleur renouvelable la plus utilisée dans le monde, après la biomasse.

Ressource propre, disponible à tout instant, inépuisable… La géothermie opère un retour en force sur le devant de la scène. Juste sous nos pieds ou dans les entrailles de la Terre, les techniques sont multiples pour capter l’énergie thermique du sous-sol et la transformer en chaleur ou en électricité…

C’est une véritable manne qui se cache en profondeur. Une richesse qui suscite aujourd’hui un regain d’intérêt. La géothermie – qui consiste à utiliser la chaleur contenue dans le sol à des profondeurs pouvant atteindre plus de 2 500 mètres, pour produire de la chaleur, du froid ou de l’électricité – n’est pas nouvelle. « Les eaux thermales sont utilisées depuis plusieurs millénaires et les premières centrales géothermiques de production d’électricité ont vu le jour au début du siècle dernier », rappelle Philippe Laplaige, ingénieur expert en géothermie à l’ADEME. Énergie propre, locale, disponible à tout moment, elle est la source de chaleur renouvelable la plus utilisée dans le monde après la biomasse. De nombreux pays tirent également profit de cette ressource pour produire de l’électricité.

UN QUART DE LA PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ
Les États-Unis, les Philippines, l’Indonésie, le Mexique, l’Italie sont ainsi les principaux producteurs d’électricité géothermique. Dans certains pays, cette production peut représenter jusqu’à 25 % de la production nationale d’électricité, comme aux Philippines ou en Islande ; deux pays situés à la frontière de plaques tectoniques, où l’activité volcanique est propice à cette forme de géothermie. La géothermie utilisée pour des besoins de chaleur ou de froid est présente plus largement. Près de 80 pays y ont recours. Les applications sont nombreuses : chauffage de bâtiments depuis la maison individuelle jusqu’à celui de grands ensembles de plusieurs centaines de logements, chauffage de serres agricoles ou de bassins de pisciculture, thermoludisme ou balnéothérapie, utilisation de chaleur géothermique dans des process industriels, jusqu’à des applications plus exotiques comme le dégel de pistes d’aéroport.

DÈS 1964
« La France a été pionnière dans le développement de cette ressource, souligne encore Philippe Laplaige. C’est en effet en 1964 que la première opération française de chauffage géothermique a vu le jour, permettant d’assurer le chauffage et la climatisation de la Maison de la Radio à Paris. » La deuxième réalisation majeure a eu lieu à Melun, en 1969. L’installation fonctionne encore aujourd’hui et dessert 7 000 logements. « Mais ce sont les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 qui sont réellement à l’origine du développement de la géothermie en France, avec d’abord la réalisation d’inventaires de ressources au milieu des années 1970, puis, entre 1980 et 1986, avec la mise en service de plus de 70 projets dans les bassins parisien et aquitain », commente l’expert de l’Agence.

CRISE ÉNERGÉTIQUE ET ENVIRONNEMENTALE
À cette phase de dynamisme a succédé une période de désintérêt : la baisse du coût des énergies fossiles, associée à des problèmes techniques résultant de la corrosion de certains puits, ont conduit à un ralentissement des investissements durant une vingtaine d’années. Aujourd’hui, la géothermie, sous ses différentes formes, refait surface. Les producteurs d’énergie, les gouvernements, les collectivités locales et les usagers finaux redécouvrent les atouts de cette ressource souterraine. « Ce nouveau départ s’explique par un ensemble de raisons concomitantes », poursuit Philippe Laplaige : un nouveau contexte énergétique mondial, marqué par des tensions constantes et fortes sur le prix des énergies fossiles et les disponibilités futures du pétrole ; des inquiétudes sur la sécurité d’approvisionnement des pays développés et, enfin, la prise de conscience internationale du changement climatique incitant les pays à recourir plus largement aux énergies renouvelables.

INCITATIONS FINANCIÈRES
En France, un ensemble de dispositifs financiers et fiscaux, issu du Grenelle de l’environnement, a été instauré pour relancer l’utilisation de la géothermie. Parmi ces outils, le Fonds chaleur (voir interview), doté d’un milliard deux cents millions d’euros et destiné à promouvoir la chaleur renouvelable, a permis pour la géothermie de quintupler le nombre d’opérations subventionnées au cours de ces deux dernières années. Des résultats encourageants, en phase avec les objectifs particulièrement ambitieux du Grenelle pour cette énergie : atteindre à l’horizon 2020 une production de 800 000 tonnes équivalent pétrole (tep) pour les pompes à chaleur géothermiques, 500 000 tep pour les réseaux de chaleur et 90 000 tep pour l’électricité dans les zones volcaniques de l’outremer. Soit, globalement, une multiplication par 6 de la production d’énergie géothermique nationale !

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