Presque 500 réseaux de chaleur bois, selon une étude d’AMORCE

Source : Localtis.info

Grandes ou petites, de plus en plus de collectivités ont recours à la biomasse pour alimenter leurs réseaux de chaleur. Une enquête d’Amorce fait le point sur cette tendance.

L’association de collectivités Amorce vient de publier une enquête sur les réseaux de chaleur équipés de chaufferies bois. Pour la réaliser, elle s’est appuyée sur l’un de ses « clubs » internes, le C3biom, qui réunit des collectivités recourant à la chaleur biomasse. En 2010, Amorce recense environ 470 réseaux qui l’utilisent. Selon la carte réalisée par l’association, ils sont essentiellement situés dans la moitié est de l’Hexagone. Quasi absents dans le Sud-Ouest, on en trouve également peu en Bretagne. L’enquête se fonde sur 160 de ces réseaux. Elle est à lire en complément de celle menée chaque année par le Syndicat national du chauffage urbain et de la climatisation urbaine (SNCU). Trois types de réseaux peuvent être distingués : les réseaux ruraux, ceux qui sont créés en milieu urbain et ceux qui existaient déjà mais sur lesquels des chaufferies bois ont été greffées pour y injecter plus d’énergies renouvelables (EnR), en remplacement d’énergies fossiles.

Les réseaux en milieu rural

En milieu rural, les petites chaufferies bois (moins de 500 kW) sont légion. Amorce estime qu’il y en a vingt fois plus qu’il y a treize ans. Leur intérêt environnemental est réel puisqu’en zone rurale non desservie par le réseau gaz naturel, à défaut de bois, c’est le fuel qui est utilisé. Presque uniquement exploitées en régie, leur création relève d’un « acte de politique locale fort ». Leur impact sur l’emploi et certaines activités agricoles n’est en effet pas négligeable. La fourniture du bois, dans un contexte par exemple d’entretien des haies communales, s’insère dans une logique de filière, d’économie de proximité. Pour autant, gare aux projets mal adaptés. « La recherche de l’équilibre économique passe parfois au second plan », note ainsi Amorce, tout en s’interrogeant sur le devenir de ces projets ruraux si les aides fournies par l’Ademe dans le cadre des Contrats de projets Etat-Régions (CPER) venaient à disparaître. La clé du succès repose en grande partie sur la capacité qu’ont les équipes locales à se fédérer pour mutualiser des coûts. L’appui des syndicats d’énergie départementaux est un atout à ne pas négliger.

Les réseaux en milieu urbain

Principalement exploités en délégation de service public, les réseaux en milieu urbain produisent en moyenne plus de 1,5 MW. Depuis la création du fonds Chaleur, ce type d’installations a le vent en poupe. Généralement, la ville en question est desservie en gaz naturel. Les réseaux de chaleur bois énergie y sont donc souvent assistés par du gaz. Ils desservent des logements collectifs, des établissements scolaires, des équipements et bâtiments municipaux (gymnase, bibliothèque, salle polyvalente, centre de loisirs). Mais très peu de maisons individuelles et encore moins l’industrie, qui « reste un client marginal ». Pour Amorce, le scénario le plus courant consiste à « développer le réseau à partir d’un premier gros consommateur, par exemple un collège ou un lycée, dans un projet porté ou initié par le département ou la région ». D’un point de vue technique, des piscines ou établissements de soins y sont souvent pris pour « fond de chauffe » du réseau. En toute logique, les réseaux plus puissants (plus de 3 MW) concernent des agglomérations importantes. Ils représentent un tiers du parc national de chaufferies bois et contribuent à plus des trois quarts de la production globale. « La réussite du projet passe par la définition, le financement d’une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage particulièrement soignée et compétente », recommande l’association. Les difficultés sont surtout rencontrées lors du montage du projet. Une fois celui-ci en route, elles sont liées à l’approvisionnement, au réseau ou bien à la chaudière elle-même.

En substitution sur des réseaux existants

Un constat : la taille du réseau préexistant influence la composition de son bouquet énergétique. Dans les plus gros d’entre eux, le bois ne représente ainsi pas toujours une part majoritaire. Lorsque des chaufferies bois sont greffées sur un réseau de chaleur existant, la part des EnR dans l’énergie finale vendue augmente. L’enjeu consiste alors à en apporter d’autres, en récupérant par exemple la chaleur d’un incinérateur voisin. Si ce mix atteint les 50% d’EnR, un bénéfice à la TVA est possible (TVA à 5,5% sur la vente de chaleur). A ce levier fiscal, qui a eu un effet d’accélérateur sur les projets de substitution représentant déjà plus de la moitié de la puissance bois installée en France, s’en ajoute un autre pointé par Amorce : « L’arrivée à échéance, dans les cinq à dix prochaines années, des contrats d’obligation d’achat de l’électricité produite par les centrales de cogénération au gaz naturel, avec plus de 200 réseaux de chaleur concernés en France. »

Morgan Boëdec / Victoires-Editions

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