Chauffage par les eaux usées : deux projets annoncés à Paris

Deux nouveaux projets de chauffage basé sur la récupération de chaleur des eaux usées ont récemment été annoncés. Contrairement au projet de l’écoquartier de Nanterre, ces deux nouveaux projets ne seront pas exploités en mode « réseau de chaleur », mais en mode individuel (un seul utilisateur de la chaleur récupérée).

Le premier concerne le Palais de l’Élysée, qui a annoncé le projet le 31 mars par un communiqué :

Le Palais de l’Elysée réduit sa consommation d’énergie fossile en adoptant le système innovant « Degrés Bleus »

A l’heure du Grenelle 2 de l’Environnement fixant des objectifs ambitieux pour la réduction des gaz à effet de serre et encourageant les réseaux de chaleur d’origine renouvelable, les services de la Présidence de la République montrent l’exemple, par le choix d’un système innovant de récupération de chaleur sur les eaux usées, Degrés Bleus®.

Le Palais de l’Elysée est le premier bâtiment de l’Etat qui va désormais bénéficier de ce procédé, utilisant une énergie locale et écologique.

Grâce à ce bouquet énergétique élargi, le Palais et ses annexes rue de l’Elysée, pourront dès l’été 2011, réduire leur consommation d’énergie fossile de 63%, évitant ainsi l’émission de 206 tonnes de CO2 par an.

Dans sa démarche volontariste pour se doter de cette nouvelle ressource énergétique, la présidence de la République a fait appel à GDF SUEZ et ses filiales : CPCU, délégataire du Service Public de distribution de la chaleur à Paris et Lyonnaise des Eaux, détentrice du procédé Degrés Bleus®.

Degrés Bleus® utilise la chaleur émanant des eaux usées : eaux des salles de bains, cuisines… à travers des échangeurs thermiques installés dans les collecteurs et des pompes à chaleur qui concentrent les calories ainsi récupérées.

Ce projet emblématique engagé par les services de la Présidence devrait en outre bénéficier du soutien de l’ADEME, dans le cadre du Fonds chaleur, et de la DRIRE au titre de la Performance Energétique.

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Le second projet est porté par la ville de Paris et concerne un groupe scolaire (communiqué du 01/04/11).

Le groupe scolaire Wattignies (12e) expérimente, pour la première fois à Paris, une technique de chauffage basée sur la récupération de chaleur des égouts. Cette source d’énergie innovante permet de se chauffer sans danger, sans pollution et sans nuisance.

Ce mode de chauffage utilise une nouvelle énergie : la récupération de la chaleur des eaux usées circulant dans le réseau d’assainissement. Pour le groupe scolaire Wattignies, cette énergie nouvelle permettra de couvrir plus de 70% des besoins annuels de chauffage de l’école et d’éviter ainsi l’émission de 76,3 tonnes de CO2 chaque année.

Ce projet est le fruit d’une coopération étroite entre la direction de la propreté et de l’eau (DPE) de la Ville de Paris et deux entreprises : la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (CPCU) et Lyonnaise des Eaux.

Au cours de l’inauguration, vendredi 1er avril, Bertrand Delanoë déclare: « Nous allons élargir cette opération à la mairie du 3e, à la piscine de l’Aspirant Dunand (14e) et au groupe scolaire Lacordaire (15e) ». « Selon la faisabilité (proximité des égouts) ce nouveau mode de chauffage pourrait être étendu encore à d’autres bâtiments publics ».

L’expérience de l’école Wattignies: une première dans un groupe scolaire

Le site retenu pour cette expérience de chauffage est le groupe scolaire Wattignies dans le XIIème arrondissement. L’école a été équipée d’une pompe à chaleur et 60 mètres d’échangeurs ont été installés dans le collecteur des Coteaux. Le collecteur, qui est un égout de grande dimension, assure le débit nécessaire. Cette énergie nouvelle permettra de couvrir plus de 70% des besoins annuels de chauffage de l’école et d’éviter ainsi chaque année l’émission de 76,3 tonnes de CO2.

Comment ça marche ?
L’activité humaine en ville est naturellement productrice de chaleur. A Paris, toute l’année, le réseau des égouts reçoit des eaux usées dont la température est suffisante pour pouvoir être récupérée et réutilisée.
Cette énergie est renouvelée : le rejet des eaux usées en égout est un phénomène permanent qui assure une source de chaleur quasi constante. Les eaux usées qui coulent dans les égouts sont toute l’année à une température située entre 12°C et 20°C selon le moment de la journée et les saisons.

Pourquoi de la chaleur?
Cette source de chaleur est engendrée en partie par les appareils électro-ménagers (lave-vaisselle et lave-linge) qui utilisent et rejetent de l’eau portée à haute température. Quand l’eau est évacuée, elle conserve une partie de sa chaleur.

La technologie Degrés Bleus®
Le fonctionnement s’appuie sur la technologie Degrés Bleus® (brevet Lyonnaise des Eaux). Le système peut être installé dans des égouts qui ont assez de débit pour permettre la récupération thermique. L’efficacité du dispositif dépend en effet du débit des eaux usées qui doit être suffisant pour assurer une température constante. On estime que les eaux usées produites par 100 habitants permettent de chauffer 10 habitants. La récupération des calories s’effectue par le passage des eaux sur la surface d’une plaque métallique posée dans la partie en contact avec l’eau. Cette plaque d’inox intègre des tuyaux parcourus par un fluide caloporteur (eau glycolée). Le fluide circule en boucle fermée à l’intérieur des échangeurs. Réchauffé au contact du métal, ce fluide alimente ensuite une pompe à chaleur* qui va concentrer les calories, jusqu’à une température de 60°C. Cette chaleur est alors transmise au réseau habituel de chauffage de l’école.

Un chauffage sans danger, sans pollution, sans nuisance
Ce procédé est très sûr et non polluant. Il ne demande aucune combustion (ni flamme, ni produit inflammable). Il assure uniquement la transmission de la chaleur, pas celle des odeurs, car les trois flux sont physiquement séparés.
Ce système de récupération de chaleur peut être mis en place dans certaines zones, comme les grands ensembles de bâtiments (écoles, complexes sportifs, bâtiments administratifs …) ou dans des quartiers à forte consommation de chaleur. Seule condition, le bâtiment à chauffer doit être proche de l’égout (500 mètres maximum) pour éviter les déperditions d’énergie.

http://www.paris.fr/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=98744&role=2

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