Ecoquartiers et réseaux de chaleur : quelques exemples

https://i1.wp.com/www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/Logo%20EcoQuartier%20HD.jpgBien que les bâtiments d’un écoquartiers soient par définition conçus pour consommer peu d’énergie, dans certains cas la solution du réseau de chaleur peut être pertinente. Plusieurs écoquartiers ont ainsi fait ce choix ; voici quelques exemples.

NB : les informations présentées proviennent de sources diverses : articles de presse, présentations lors de colloques, sites internet d’aménageurs ou d’exploitants…

Ecoquartier « Temps Durables » – Limeil Brevannes (Val-de-Marne) – Source

  • 9,5 hectares, 1 000 logements, 4 000 m2 de surfaces commerciales
  • Solutions pour la fourniture de chaleur et d’eau chaude sanitaire
    • Réseau de chaleur
    • Chaufferie biomasse combinant bois et huile végétale
    • Panneaux solaires thermiques
    • Pompes à chaleur sur VMC
    • Panneaux solaires photovoltaïques
  • Engagements du délégataire
    • 0 t/an de CO2 (le bilan aurait été de 1390 t/an avec une solution gaz)
    • Stabilité de la facture énergétique
  • Sensibilisation des habitants aux gestes éco-citoyens

Ecoquartier « Les Dock de Ris » – Ris Orangis (Ile de France) – Source: newsletter geothermie-perspectives août 2010

L’écoquartier de Ris-Orangis « Les Dock de Ris » est le lauréat de la première session de l’appel à projet « Nouveaux Quartiers Urbains » organisé par la région Ile de France. Dans un secteur de friche industrielle, le projet des « Docks de Ris », prévoit la construction de 835 logements et 65 logements sociaux. Ce NQU met l’accent sur les économies d’énergie notamment par la mise en place d’un réseau de chaleur par géothermie très basse température.

Quartier HQE du Fort – Issy les Moulineaux (Hauts de Seine) – Source: Geothermie-Perspectives

Le projet d’un quartier HQE entièrement numérique sur les terrains du Fort d’Issy les Moulineaux (Hauts de Seine) va entrer dans sa phase de réalisation début 2010, pour une date de livraison prévue en 2013. La commercialisation débutera dans quelques mois. Le projet du cabinet Architecte Studio reprend le plan de masse du Fort où 1538 logements (dont 329 logements sociaux) et notamment un groupe scolaires prendront place sur 12 hectares. La société Dalkia mettra en œuvre un système géothermique pour produire l’eau chaude sanitaire ainsi que le chauffage via un puits de 700 m. de profondeur.

Communiqué Dalkia du 25/11/10 :

Deux puits géothermaux seront creusés à 600 mètres de profondeur pour atteindre l’abondante nappe de l’Albien, qui n’est à ce jour valorisé que par deux installations qui desservent des bureaux à Paris. 18 bâtiments à usage principal d’habitation seront ainsi raccordés à ce réseau de chaleur qui fournira le chauffage et l’eau chaude sanitaire à plus de 1 500 équivalents logements, dont prés de 1 000 mètres carrés de commerce, la future crèche et la « villa du développement durable ».

Autre innovation apportée par Dalkia, la réalisation d’une boucle d’eau tempérée à 28°C qui permettra, grâce à des pompes à chaleur situées au pied des immeubles, de chauffer les logements mais aussi de les rafraîchir. En effet, l’été, le froid généré sur le réseau par les pompes à chaleur produisant l’eau chaude sanitaire sera utilisé pour rafraîchir les logements.

Au total, 78% des besoins énergétiques pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire seront fournis par la valorisation de la géothermie, une énergie renouvelable exemplaire et enpleine croissance. Dalkia exploite déjà 17 des 29 installations géothermiques opérationnelles en Ile de France, une région dont la géologie se prête parfaitement à ce mode de valorisation énergétique vertueux, et 10 nouveaux projets devraient voir le jour d’ici 2014.

Ecoquartier – Nanterre (Hauts-de-Seine) – Source : Energie Plus du 15/10/10

La récupération de la chaleur des eaux usées fait des petits. Cofely et Lyonnaise des Eaux l’ont intégrée dans leur offre de services pour la conception, la réalisation et l’exploitation du réseau de chaleur d’un écoquartier à Nanterre. Deux pompes à chaleur (800 kW au total) récupéreront les calories des eaux sales (cuisines, salles de bain, etc.). Le reste de la chaleur sera fourni par une géothermie sur nappe à faible profondeur et sur appoint gaz. Mise en service prévue au premier semestre 2011.

Ecoquartier Hoche à Nanterre (Hauts-de-Seine) – Source

Une chaufferie fonctionnant au bois, avec un appoint au gaz, alimentera le quartier Hoche et la cité Komarov, soit 873 logements, en chauffage et en eau chaude sanitaire. Cet équipement permettra de valoriser 1500 à 2500 tonnes par an de combustible bois, de substituer une énergie renouvelable à environ 520 TEP*/an de gaz naturel et de réduire les émissions de dioxyde de carbone de 930 tonnes par an. Le taux d’énergies renouvelables pourrait ainsi dépasser 80%. La société Enerbiosa assurera la conception, la construction, le financement et l’exploitation de la chaufferie et du réseau de distribution de chaleur. Le maître d’ouvrage de ce projet est Enerbiosa et la maîtrise d’œuvre est assurée par Christine et Dominique Carril architectes et BERIM. Elle sera livrée en 2011 et bénéficie d’un financement d’Enerbiosa, de la Région Île-de-France et de l’Ademe.

Ecoquartier « Clause-Bois Badeau » de Bretigny-sur-Orge (Essonne) – source: 6ème rencontre nationale des réseaux de chaleur – 24/11/2010

Commune de 23000 hab. Ecoquartier de 42ha, « Clause-Bois Badeau » : 2400 logements réalisés progressivement entre 2010 et 2025 ; 20000m² de SHON pour commerces/activités.

  • réseau de chaleur dédié pour le quartier, avec une montée en puissance progressive de 2011 à 2020
    • suite à l’étude de faisabilité, la biomasse a été préférée à la géothermie ; le bois fournira 80% de l’énergie du réseau
  • le bilan carbone a été un outil d’aide à la décision très important
  • le tarif de la chaleur du réseau est inférieur au tarif du chauffage gaz, dès la mise en service
    • un lissage des tarifs est réalisé sur toute la durée de la DSP afin d’absorber le décalage initial entre investissements et revenus
    • DSP sur 30 ans (Cofely)
  • réseau réalisé en 2 tranches :
    • 2011-2014 : 1000 logements
    • 2015-2020/25 : le reste
    • une seule chaufferie
  • le projet a nécessité un accompagnement spécifique par l’ADEME et la région

Ecoquartier Ginko – Bordeaux (Gironde) – source

Cofely, filiale de GDF SUEZ, va produire et distribuer une chaleur 100% renouvelable pour l’éco-quartier Ginko de Bordeaux

  • Un mix énergétique avec de la biomasse solide et liquide
  • Une boucle d’eau tempérée pour limiter les besoins énergétiques
  • 3 500 tonnes de CO2 évitées par an

Cofely, filiale de GDF SUEZ, et Bouygues Immobilier ont signé un contrat portant sur la conception, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance pendant 18 ans d’un réseau de chaleur pour Ginko, l’éco-quartier du lac de Bordeaux. Pour Cofely, l’investissement s’élève à 6,6 millions d’euros pour un chiffre d’affaires cumulé de l’ordre de 30 millions d’euros.

Cofely s’est engagée à produire l’intégralité de sa chaleur à partir d’énergies renouvelables. Pour ce faire, Cofely aura recours à du bois-énergie mais également à de l’huile végétale. Les besoins annuels en combustibles pour les 2 200 logements et les locaux publics (écoles, collège, gymnase) sont estimés à 4500 tonnes de bois et 500 m3 d’huile végétale, produits localement. La distribution sera assurée par un réseau urbain de 5,2 km.

Le recours à des énergies renouvelables pour la totalité des besoins de chaleur permettra d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 3 500 tonnes de CO2 par an soit l’équivalent de la consommation annuelle de 2 300 véhicules par rapport à une énergie fossile.

Par ailleurs, Cofely mettra également à disposition du pôle commercial Ginko et des bureaux une boucle d’eau tempérée (entre 20°C et 35°C) pour assurer leur rafraîchissement. Ce procédé repose sur l’échange et la récupération d’énergie produite à partir de pompes à chaleur. Cette technique permettra de favoriser le bilan environnemental et économique de l’éco-quartier. Ginko constitue une nouvelle preuve de l’engagement de Cofely dans le recours à la biomasse pour assurer le chauffage dans les éco-quartiers, à l’image de ceux de Limeil-Brévannes et de Brétigny-sur-Orge.

Pour Bouygues Immobilier, ce réseau de chaleur est un des éléments clés de Ginko, l’éco-quartier du lac de Bordeaux qui a remporté le prix de la sobriété énergétique et des énergies renouvelables décerné par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer lors de la première conférence nationale de la ville durable.

Les travaux des installations de production énergétiques démarreront en janvier 2011 pour un début d’exploitation en juin 2012.

Voir aussi : Réseaux de chaleur et nouveaux quartiers

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3 réflexions sur “ Ecoquartiers et réseaux de chaleur : quelques exemples ”

  1. La plupart des sociétés d’exploitation de réseaux de chaleur indique l’énergie livré en terme d' »équivalent-logement » ; on retrouve cette notiondans la PPI chaleur 2009-2020, mais je n’ai trouvé aucune information fiable sur ce que signifie réellement cet unité de mesure. Ce terme est-il formalisé ? ou laisser à l’appréciation de celui qui l’utilise ?

    1. Il n’existe à ma connaissance pas de définition « officielle » avec une valeur juridique ou normative. Mais les différentes définitions qui circulent correspondent toutes au même ordre de grandeur : 1 équivalent-logement c’est environ 10 MWh (suivant les sources ça peut être un peu plus ou un peu moins, dans une fourchette d’environ 10%). Cela correspond à peu près à la consommation d’un logement de 70m² construit selon les normes en vigueur au milieu des années 90.

      En fait quand on parle d’équivalent-logement c’est surtout pour donner une image plus parlante que les MWh qui ne sont pas très concrets : il s’agit d’une unité créée dans une optique pédagogie/communication plutôt qu’une unité technique rigoureuse. La « vraie » unité de mesure c’est bien le MWh (ou la tep), qu’on convertit en équivalents-logements avec le ratio indiqué ci-dessous.

      Évidemment, on pourrait se poser la question de l’évolutivité dans le temps, puisque les logements vont consommer de moins en moins, dont la valeur en MWh de l’équivalent-logement en 2020 ne devrait plus être celle de l’équivalent-logement de 1990, 2000 ou 2010…

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