Les réseaux de chaleur au Danemark

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Cet article sur les réseaux de chaleur au Danemark fait partie d’une série consacrée au chauffage urbain dans différents pays d’Europe. Son contenu est basé sur les informations publiées dans le cadre du projet européen Ecoheat4EU (voir Country-by-country DB sur le site Ecoheat4EU).

Quelques chiffres

  • 50% du chauffage est assuré par les réseaux de chaleur
  • 62% des logements sont raccordés à un réseau
  • plus de 450 réseaux de chaleur, 17 GW de puissance, 200 millions de m² chauffés
  • 1850 emplois estimés
  • sources d’énergies : charbon (en baisse sur les 25 dernières années), fioul (en baisse, surtout utilisé lors des pics), gaz (en hausse, surtout utilisé dans les cogénérations), énergies renouvelables (en hausse), chaleur de récupération UIOM
  • maîtrise d’ouvrage : collectivités, coopératives d’usagers
  • 2 réseaux de froid

Cadre national et politique de soutien

Les réseaux se sont fortement développés au Danemark suite au choc pétrolier des années 70, qui a amené le pays à créé, par la loi, un mécanisme de planification énergétique mettant en avant les modes de chauffage permettant l’utilisation des énergies les plus vertueuses sur le plan socio-économique et environnemental, et réduisant la dépendance au pétrole. La loi met également en avant la mobilisation de la cogénération. Entrée en vigueur en 1979, cette loi a été actualisée en 1990 mais sans modification profonde de ses principes de base. Elle vise les collectivités, responsables de la planification de l’énergie thermique sur leurs territoires.

Les réseaux de chaleur sont ainsi considérés au Danemark comme une infrastructure d’importance stratégique, car ils permettent de mobiliser des énergies qui seraient autrement gaspillées. La production électrique du Danemark est en effet essentiellement thermique, par conséquent la cogénération est très développée. 80% de l’énergie des réseaux de chaleur provient de la cogénération, de même que plus de 50% de l’électricité produite dans le pays. L’utilisation de la chaleur des UIOM par les réseaux s’est également développée dans les années 80, suite au développement de l’incinération des déchets (en substitution de la décharge ou de l’enfouissement) sous la responsabilité des collectivités locales, par ailleurs en charge de la planification énergétique locale.

En tant que responsable de la planification énergétique locale, les collectivités jouent un rôle déterminant : elles déterminent, pour chaque zone de leur territoire, le mode de chauffage (chauffage urbain, réseau de gaz ou système individuel). Depuis 1988, une loi nationale interdit le chauffage électrique dans tous les bâtiments situés dans des zones définies pour un chauffage par un réseau de chaleur ou par un réseau de gaz naturel. Depuis l’actualisation de la loi en 1990, la planification se déroule en 3 étapes : (1) délimitation d’une zone et définition de son mode de chauffage ; (2) réalisation de l’infrastructure ; (3) définition éventuelle d’une obligation de raccordement. En matière de réseaux de chaleur, l’étape n°2 n’est pas obligatoirement réalisée par la collectivité ; si un tiers souhaite réaliser l’infrastructure (coopérative d’usagers en particulier), il peut le faire.

Une municipalité peut également exiger d’opérateur de réseau de chaleur qu’il organise ses unités de production de façon à utiliser des sources d’énergie déterminées, à un niveau déterminé.

Le prix de la chaleur est régulé pour deux raisons :

  • les réseaux de chauffage urbain sont considérés comme en position de monopoles de fait
  • la planification énergétique en matière de chaleur réduit la concurrence entre les différentes énergies

En 1977, une taxe a été créée sur le pétrole, l’électricité et le charbon ; cette taxe a contribué à rendre économiquement viables les investissements dans les réseaux de chaleur. Les projets de développement de réseaux de chaleur (extensions, raccordement de nouveaux logements, introduction de nouvelles sources énergétiques) ont par ailleurs bénéficié de subventions, entre la fin des années 70 et le début des années 2000.

Un élément de contexte est par ailleurs déterminant dans le développement des réseaux au Danemark. En application d’un principe en vigueur au Danemark depuis les années 50, selon lequel une collectivité n’est pas autorisé à tirer des bénéfices de ses « utilities » pour financer ses compétences obligatoires (concrètement : une ville ne peut pas par exemple financer ses écoles à l’aide des revenus tirés du chauffage urbain). Comme les réseaux de chaleur danois sont soit des réseaux de collectivités, soit des réseaux de coopératives d’usagers (dont l’objectif principal est la fourniture d’un service au meilleur coût), l’ensemble du secteur du chauffage urbain est à but non lucratif. Ceci a joué un rôle déterminant dans l’acceptation sociale du chauffage urbain et du monopole local qui y est associé.

Depuis 2008, les municipalités sont autorisées à investir dans les réseaux de froid.

Enjeux, obstacles, perspectives

Le chauffage urbain est déjà fortement développé au Danemark ; les acteurs s’accordent donc sur le fait qu’il n’est pas nécessaire de mettre en oeuvre de nouvelles actions fortes, le cadre existant étant globalement satisfaisant.

Les principales évolutions attendues par les acteurs du chauffage urbain portent sur des ajustements des règles de la planification énergétique (permettre à une zone ou partie de zone « gaz naturel » d’être transformée en zone « chauffage urbain » si un réseau est proche et offre des prix plus bas aux usagers ; permettre à une chaufferie de réseau de chaleur de changer d’énergie même si elle se trouve dans une zone « gaz naturel »).

Les exploitants de réseaux soulignent également qu’ils ont aujourd’hui une maîtrise limitée de leurs sources primaires d’énergie : souvent alimentés par de la chaleur issue de cogénération, ils ne peuvent influer sur l’énergie utilisée par l’exploitant de la centrale de cogénération.

Le chauffage urbain bénéficie au Danemark d’une image positive voire très positive. Ils sont aujourd’hui vus comme un moyen de développer la chaleur renouvelable plus rapidement et à un coût plus faible que les solutions individuelles.

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Une réflexion sur “ Les réseaux de chaleur au Danemark ”

  1. Voir aussi : District heating – old technology, new potential (site officiel du Danemark – 4 fév. 2011)

    Facts about district heating in Denmark :
    * Waste heat from industrial processes is recovered to heat water for district heating
    * District heating is supplied to Danish homes through a 60,000 km pipe network
    * The pipe system holds about 1 billion litres of water
    * Approx. 97% of Copenhagen’s population have district heating
    * Approx. 95% of Aarhus’ population have district heating
    * 62% of Danish households (1.6 million homes) are supplied with district heating
    * Denmark’s first district heating system provided heat for the poor in Frederiksberg in 1903
    * A house with a 130 m2 (1,400 sq.ft.) floor area has an average annual heat consumption of 18.1 MWh, costing DKK 12,118 (2009 figure)
    * The are 450 district heating plants in Denmark

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