Disponibilité de la ressource bois-énergie en France

L’ADEME d’une part, et le Ministère de l’agriculture, de l’alimentation et de la pêche (MAAP) d’autre part ont récemment publié deux études nationales concernant la disponibilité de la biomasse pour la production d’énergie.

Étude ADEME : Évaluation du gisement de bois pour l’énergie

Avec le soutien de l’ADEME, l’Inventaire Forestier National (IFN), l’institut technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement (FCBA) et l’association SOLAGRO ont réalisé en 2008-2009 une évaluation nationale de la biomasse ligneuse supplémentaire disponible pour l’énergie.

Elle fait suite aux deux études nationales menées en 2005 par SOLAGRO, IFN et RBM (pour l’ADEME) puis en 2007 par le Cemagref (pour le ministère de l’Agriculture ou MAAP). Elle vise, en collaboration avec la mise à jour par le Cemagref en 2008-2009 de l’étude MAAP 2007, l’approfondissement des connaissances sur les ressources ligneuses valorisables en énergie dans un contexte économique donné.

Synthèse des principaux résultats :

Les forêts, les peupleraies et les haies portent l’essentiel du gisement potentiel de bois énergie au niveau national. Dans ces ressources, la disponibilité moyenne annuelle en bois sur la période 2006-2020 s’élève à:

  • 15,8 millions de tep/an de BIBE (71 millions de m3/an) dont 10,3 exploitables (46,1 millions de m3/an) dans les conditions économiques actuelles et compte tenu des contraintes techniques de récolte ;
  • et 3,3 millions de tep/an de menus bois (14,9 millions de m3/an) dont 1,6 exploitables (7,2 millions de m3/an).

Dans le contexte économique actuel, la disponibilité supplémentaire en bois pour l’énergie, c’est-à-dire en plus des consommations actuelles, s’établit sur la période 2006-2020 à :

  • + 2,7 millions de tep/an en moyenne de BIBE (soit + 12 millions de m3/an) ;
  • Auxquels s’ajoute un gisement potentiel de + 1,6 million de tep/an de MB (soit + 7,2 millions de m3 par an), ces derniers étant a priori plus difficiles à mobiliser que les précédents.

La disponibilité additionnelle en BIBE se situe pour l’essentiel en forêt (95 %), devant les haies (4 %) et les peupleraies (1 %). Ces deux derniers types de ressources constituent des gisements d’intérêt au niveau local.

Les disponibilités supplémentaires sont majoritairement feuillues (85 %) et localisées en forêts privées (75 %). Elles se rencontrent essentiellement dans les régions situées le long d’une diagonale verte allant de Toulouse à Nancy en passant par la région Centre. A contrario, les régions PACA, Corse, Basse-Normandie et Nord-Pas-de-Calais ne semblent pas présenter de disponibilités supplémentaires.

Ce volume semble compatible avec les objectifs fixés par le COMOP EnR et les Assises de la Forêt aux horizons 2012 et 2020. Sa mobilisation requiert toutefois un important effort de poursuite de remise en gestion des peuplements forestiers surcapitalisés ou délaissés par leurs propriétaires.

Les résultats de l’étude soulignent également l’intérêt local pour le développement de valorisations énergétiques de la biomasse des autres ressources ligneuses telles la vigne, les vergers et les arbres urbains. Les conditions techniques, économiques et environnementales pour la mobilisation effective de ces gisements restent toutefois largement à préciser.

Étude MAAP : Actualisation 2009 de l’étude « biomasse disponible » de 2007

Face au constat d’une récolte annuelle de bois qui stagne, et pour répondre aux engagements politiques récents en faveur des énergies renouvelables et de la lutte contre l’effet de serre, il est stratégique de savoir quelle peut être la contribution potentielle de la forêt française et quelles sont les conditions d’une mobilisation supplémentaire de bois. L’évaluation des volumes de bois mobilisables à partir des données de l’Inventaire Forestier National (IFN) « nouvelle méthode » conduite par le CEMAGREF, à la demande du MAAP, vise à estimer, à l’échelle nationale, les quantités de biomasse ligneuse disponible à court et moyen terme pour le secteur de l’industrie du bois comme pour celui de l’énergie. Ce travail fait suite à une première estimation de la biomasse disponible réalisée par le Cemagref en 2006-2007 (Ginisty et al. 2007, Vallet et al. 2007), dont elle constitue une mise à jour, en utilisant les données d’inventaire les plus récentes produites par l’IFN.

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