Solar District Heating – Newsletter de juillet 2014

L’équipe du projet européen Solar District Heating a publié sa newsletter de juillet 2014.

A lire : En Angleterre, un réseau de chaleur alimenté par l’énergie solaire à Chemnitz ; Autriche, première participation citoyenne à un projet solaire ; Montmelian et son futur écoquartier solaire gagne le 10ème prix européen de l’urbanisme et du plan régional ; un bâtiment chauffé par une surface solaire à Vallda Heberg en Suède, prometteur ; la 2nde conférence internationale de SDH : les réseaux de chaleur connectés au solaire thermique.

 Logo Newsletter SDH

  • Solar district heating for a Wilhelminian district in Chemnitz!

A new 2000 m² solar thermal plant connected to a district heating net planned for next year in Chemnitz, Germany.
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  • Great success for SOLID Invest: Kick-off for Austria’s first solar civic participation project

Unique Austrian Civic Participation Model for solar thermal plants has almost reached its limit of 1.5 Mio Euro Investments.
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  • Montmelian and its future solar ecodistrict win the 10th European Urban and regional Planning Awards

The jury of the 10th European Urban and regional Planning Awards, which focused on the theme of energy, announced its winners on 5 May 2014 in Brussels (Belgium). Four projects are rewarded equally. For France, the price was awarded to the solar neighborhood Triangle Sud in Montmelian.
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  • Solar heated building area in Vallda Heberg, Sweden, meets expectations
    An initial evaluation indicates that designed heat demands, as well as the overall system performance including expected solar contribution, are likely to be met.

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  • 2nd International SDH Conference: solar thermal connects to district heating Around 110 experts in solar thermal energy and district heating from 13 countries met at the 2nd International Solar District Heating Conference on 3 and 4 June 2014 in Hamburg to exchange experiences and discuss common strategies.

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Pour en savoir plus : www.solar-district-heating.eu

En Allemagne, les Stadtwerke se développent

Article complet à lire dans le magazine Energie Plus du 1er juillet 2014

Les Stadtwerke, ou régies communales allemandes, sont plusieurs centaines localisées aussi bien dans les grandes métropoles que dans les petites villes. Plus de 60 % des unités de production sont en cogénération.

Ces régies, aux montages financiers et structures administratives variées (SA, SARL, cotées en bourse…), sont contrôlées par les municipalités elles-mêmes. Outre la fourniture de services énergétiques d’intérêt local pour les habitants et entreprises, les Stadtwerke peuvent être des sources de revenus pour les communes, en particulier via les bénéfices sur l’électricité dont le prix est fixé par la bourse de Leipzig.

Ces structures sont une illustration du développement de la décentralisation énergétique en Allemagne. Leur proximité aux territoires permet une réactivité et une flexibilité accrue, une plus forte présence dans l’économie locale, une meilleure acceptabilité sociale, et une réduction des investissements et pertes liés aux réseaux de transport d’énergie, les productions étant réalisées au plus proche des territoires desservis.

L’exemple de Francfort : la Stadtwerk Mainova AG

mainova

L’histoire commence il y a environ 2 siècles : en 1828 est créée dans la région de Francfort une unité de production de gaz de houille. En 1880 apparaissent les premiers réseaux de distribution électrique de Francfort, puis en 1927, un réseau de chaleur est mis en place. Créée en 1998, la Stadtwek Mainova AG est le résultat de la fusion des entités gestionnaires de ces différents équipements et de leur héritage local.

Contrôlée à 75 % par la municipalité, 2800 personnes y sont employées en 2013. Dans un rayon de 100 km, elle fournit l’électricité et le gaz pour les particuliers ; sur Francfort même, elle apporte également eau et chaleur.

La production en propre de Mainova peut atteindre 460 MW ; lors des pointes, les besoins peuvent atteindre 800 MW, amenant Mainova à acheter la différence auprès d’autres fournisseurs.

Près de 7500 km de réseau  de distribution d’électricité (568000 personnes desservies), 4400 km de réseau de gaz (365000 personnes desservis) et 265km de réseau de chaleur sont ainsi exploités par la régie.

Malgré une concurrence vive sur Francfort (160 fournisseurs et 110 de gaz au choix), Mainova poursuite sa croissance. Elle offre des services dans toute l’Allemagne et dans d’autres régies, par exemple un réseau de froid et de chaleur à l’aéroport.

4th Global District Energy Climate Awards – 2015 – European Ceremony

Ce trophée est reconduit pour la quatrième fois. Il récompense les travaux de recherche, les systèmes innovants, sur les réseaux de chaleurs et/ou de froid. 5 catégories sont récompensées :

  • New sheme
  • Modernization
  • Expansion
  • Emerging market
  • Special Award

La participation est à remettre le 15 janvier 2015 au plus tard.

Pour plus d’informations et éventuellement participer, cliquez ici.

Réseaux de chaleur et quartiers anciens : quelle problématique ?

La question du développement des réseaux de chaleur dans les quartiers neufs a été fortement mise en avant ces dernières années, certainement portée par l’attention accordée à des thématiques telles que les écoquartiers ou la réglementation thermique 2012.

Illustration IEA EBC - source buildup - batiments conso energiePour autant, lorsqu’on regarde les enjeux sur le plan quantitatif (consommations d’énergie, émissions de gaz à effet de serre), il apparaît de façon évidente que la seule attention accordée aux quartiers neufs est loin d’être suffisante pour atteindre les objectifs de transition énergétique aux horizons 2020, 2030 ou même 2050. La ville se renouvelle en effet très lentement, de l’ordre de 1% par an.

Autrement dit, pour des effets significatifs sur la consommation énergétique des villes françaises de 2050, dont le tissu urbain et bâti est déjà construit aujourd’hui à près de 70%, il est indispensable de mener des actions également sur les quartiers anciens.

Comme pour le neuf, ces actions doivent porter de façon conjointe sur la réduction des consommations et sur l’augmentation de la part des énergies renouvelables et de récupération. Sur ce deuxième axe, les réseaux de chaleur ont un rôle important à jouer car ils sont souvent, en particulier en tissu urbain dense, la seule solution qui permette de convertir massivement des bâtiments à ces énergies (voir Enjeux du développement des réseaux de chaleur).

Le réseau Centre-Loire de Nantes - Tracé prévu pour 2017
Le réseau Centre-Loire de Nantes se développe fortement entre 2012 et 2017, essentiellement sur des quartiers déjà urbanisés.

En Ile-de-France, le SRCAE prévoit la densification et le développement des réseaux de chaleur, en tant que première mesure de développement des EnR dans les zones qui sont déjà urbanisées.

Les questions techniques, économiques, juridiques et de gouvernance que pose le développement des réseaux de chaleur en quartiers existants sont sensiblement différentes de celles qui se posent pour le neuf.

En voici quelques unes, issues des premières réflexions du pôle Réseaux de Chaleur du Cerema sur ce sujet, et de quelques échanges avec des collectivités, notamment Nantes Métropole dont le projet de développement du réseau Centre-Loire amène à créer plus de 60 km supplémentaire de réseau en 5 ans, essentiellement pour desservir des quartiers existants.

Définir le périmètre et le tracé du réseau dans les zones urbanisées

  • Comment choisir le périmètre cible : y a t-il des quartiers qu’il faut impérativement couvrir, d’autres à éviter ?
  • Quels critères de choix ? Potentiel de consommation de chaleur des bâtiments, facilité de réalisation des travaux d’extension…
  • Quelles sources de données géographiques sont disponibles pour évaluer ces critères ? Données de consommation des bâtiments, données de compatibilité technique (mode de distribution de chaleur dans les bâtiments…), données relatives à l’encombrement du domaine public routier…
  • Comment choisir le meilleur tracé pour couvrir le périmètre ciblé ? Y a t-il des rues à éviter (sous-sol encombré, voirie très récente…), des points à raccorder impérativement (bâtiments importants : logements collectifs, bâtiments publics…) ?
  • Comment se répartissent les rôles entre la collectivité et le délégataire (si DSP) ? Quelle utilisation du contrat de DSP pour orienter la couverture des zones urbanisées ?
  • Etc.

Faciliter le déploiement du réseau de distribution

  • Comment réduire le coût et la gêne occasionnée par les travaux de tranchées ?
  • Comment insérer le réseau de chaleur dans le dispositif de coordination des travaux de voirie ? Quelle circulation des informations entre le délégataire et la collectivité ? Quelles interfaces entre les différents services de la collectivité (énergie, voirie, circulation, réseaux d’eau…) ?
  • Quels supports d’information pour partager une vision commune ? Existe t-il un planning de déploiement du réseau (zonage + calendrier) ? Quelle connaissance des réseaux souterrains dans le SIG de la collectivité ?
  • Quelles possibilités de mutualisation des travaux avec d’autres réseaux ? Quelles contraintes techniques (distances inter-canalisations), quelles compatibilités techniques, quelle pertinence économique à partager la tranchée ?
  • Etc.

Au niveau des bâtiments : quels gains, quels contraintes ?

  • Quels bâtiments sont à cibler en priorité pour les propositions de raccordement ? Comment convaincre les propriétaires, quels éléments de comparaison avec leur mode de chauffage actuel, que gagnent-ils et que perdent-ils en se raccordant au réseau de chaleur ?
  • Où installer les sous-stations : domaine public ? Domaine privé ? En surface ? Enterrées ? Dans locaux existants ? A créer ?
  • Quel poids des arguments techniques sur le faible impact architectural/encombrement de la sous-station (par rapport à des chaudières ou des équipements EnR décentralisés) ? Quels effets de la valeur paysagère/architecturale du quartier ? Quel impact de la valeur du m² de surface dans/sur le bâtiment ? Ces questions semblent également importantes pour les réseaux de froid (fort impact visuel et architectural des systèmes de climatisation décentralisés).
  • Quelle est la perception générale des réseaux de chaleur par les gestionnaires ou occupants des bâtiments ? Quelle variabilité selon les profils (bailleurs sociaux, copropriétés privées, collectivités territoriales, bâtiments de l’État…) ?
  • Le développement du réseau amène t-il des changements tarifaires pour les bâtiments déjà raccordés ? Comment les expliquer et les accompagner ?
  • Utilisation ou non de l’outil "classement" pour améliorer le taux de raccordement (mise en place d’une obligation pour les bâtiments qui se rénovent, s’étendent ou changent de chaudière) ?
  • Quels dispositifs d’information et d’accompagnement auprès des habitants ?
  • Etc.

Ces questions sont bien sûr à compléter et préciser.

Elles pourront faire l’objet de travaux du pôle Réseaux de Chaleur du Cerema dans le cadre de ses prochaines actions.

Dans l’intervalle, n’hésitez pas, si votre territoire est concerné par la problématique du développement d’un réseau de chaleur (ou de froid) sur des secteurs déjà urbanisés, à faire connaître vos expériences, vos questionnements, vos initiatives : reseaux-chaleur@cerema.fr ou commentaire libre ci-dessous.

Voir aussi…

Le Vésuve chauffe 10000 logements

Source : ademe.fr

Où ?  À Petit-Quevilly et Grand-Quevilly, en Haute-Normandie.

Qui ?  Le Smédar (Syndicat mixte d’élimination des déchets de l’arrondissement de Rouen) et l’ADEME.

Pourquoi ?  Alimenter 10 000 logements, des équipements publics et le siège du Smédar grâce à la vapeur produite par l’usine d’incinération.

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89 % de la consommation des bâtiments viendra de l’usine d’incinération.

L’usine d’incinération de Rouen est engagée dans plusieurs projets de valorisation des déchets. Elle a récemment décidé d’aller plus loin encore dans sa démarche en créant le plus grand réseau de chaleur fatale (ou résiduelle) de la région Haute-Normandie.

« Baptisé Vésuve, ce réseau long de près de 23 kilomètres (11,5 km aller et retour) fournit de l’eau chaude sanitaire et du chauffage à près de 10 000 logements du Petit-Quevilly et du Grand-Quevilly, détaille Herminie de Freminville, ingénieur Gestion et prévention des déchets des entreprises à l’ADEME Haute-Normandie. Le réseau fonctionne grâce à la vapeur produite par l’incinération des 300 000 tonnes de déchets que l’usine traite chaque année et qui était jusqu’alors uniquement destinée à produire de l’électricité. » La vapeur est acheminée vers les logements grâce à un système d’échangeurs et de sous-stations.

En plus d’un accompagnement technique, ce projet a reçu de l’ADEME une enveloppe de 5,6 millions d’euros (soit 43 % du montant global du projet), accordés dans le cadre du Fonds Chaleur. « Toute demande d’extension fera l’objet d’une étude précise, en fonction des résultats obtenus à l’usage. »

Pour en savoir plus sur ce réseau de chaleur : Réseau de chaleur Vésuve – SMEDAR

Les énergies renouvelables ne sont pas intermittentes

Intermittents (photo AFP)
photo AFP

Les partisans d’un développement très mesuré des énergies renouvelables utilisent fréquemment l’argument selon lequel les énergies renouvelables sont intermittentes, ce qui pose problème dans la mesure où les instants à forts besoins ne correspondent pas nécessairement aux instants de production optimale.

Et certains partisans des énergies renouvelables entrent dans cette discussion en exposant les solutions à cette intermittence, validant donc qu’elle existe bien.

Or…

… la plupart des sources d’énergie renouvelable ne sont pas intermittentes

Carte mondiale du vent
La production éolienne varie en permanence. Cette carte interactive et animée (cliquer pour y accéder) représente en temps réel le vent dans le monde entier.

En réalité, cet argument de l’intermittence ne vaut que pour l’éolien et le solaire. Car quoi de moins intermittent que la géothermie (qui fournit la même puissance toute l’année), une chaudière bois (qui fonctionne au mieux de ses capacités lorsqu’on ne fait pas trop varier la puissance appelée), ou encore une usine d’incinération de déchets (on brûle les déchets toute l’année car la production d’ordures ménagères ne s’arrête pas par magie en été). Trois sources mobilisables massivement par les réseaux de chaleur.

On retrouve en fait derrière cet argument de l’intermittence le travers fréquent qui consiste à réduire la question énergétique à une question électrique. Et encore, considérer que toute l’électricité renouvelable pose un problème d’intermittence revient à faire peu de cas des sources autres que l’éolien et le solaire.

L'hydroélectricité représente 75% de l'électricité renouvelable française (photo ©Arnaud Bouissou/MEDDE)
L’hydroélectricité représente 75% de l’électricité renouvelable française (photo ©Arnaud Bouissou/MEDDE)

Car l’hydroélectricité est très peu intermittente, et reste à ce jour la principale source d’électricité renouvelable en France (75%). La production en cogénération à partir de biomasse ne dépend pas de paramètres météo extérieurs ; or en Belgique, la biomasse fournit 43% de l’électricité renouvelable, contre 26% pour l’éolien. La production électrique à partir de géothermie est parfaitement stable sur l’année.

Les énergies renouvelables ne sont donc pas toutes intermittentes. Certaines énergies le sont, mais pas celles qui sont majoritairement utilisées pour la production chaleur renouvelable, ni même celles qui aujourd’hui dominent la production électrique renouvelable.

La chaleur renouvelable : des sources majoritairement stables – trop stables ?

La question de la synchronisation des besoins et des productions est-elle pour autant inexistante pour la chaleur renouvelable ?

Le problème n’est pas d’avoir à faire à des sources intermittentes. La vraie question est plus large : suis-je capable d’activer la livraison d’énergie au moment où j’en ai besoin ?

Or, à l’extrême opposé des sources très intermittentes, il y a les sources qui fonctionnent de façon continue sans qu’il ne soit possible (techniquement et/ou économiquement) de les interrompre. L’intermittence, ce serait un robinet dont le flux d’eau est irrégulier et difficilement prévisible. Son extrême opposé, ce serait un robinet très difficile à tourner, pour ouvrir ou fermer le flux d’eau qui est régulier.

Chaudière bois
Les chaudières bois de grande puissance peuvent nécessiter plusieurs jours pour atteindre leur régime de croisière ou pour être complètement arrêtées.

C’est justement le cas du bois-énergie, de la géothermie ou de la chaleur fatale des UIOM et des industries.

Techniquement, une chaudière bois supporte moins bien les arrêts et redémarrages qu’une chaudière gaz. Et lorsqu’elle fonctionne en sous-régime, ses performances sont dégradées (rendement, qualité de la combustion, polluants rejetés).

La géothermie représente un investissement important, donc ne pas l’exploiter pendant plusieurs mois revient à avoir payé cher un objet qu’on range dans un tiroir.

Et la chaleur fatale des UIOM non récupérée en été est une énergie perdue ; ne pas pouvoir l’exploiter revient à gaspiller une ressource de coût très faible.

Stockage et foisonnement : décorréler instant de production et instant de consommation

Si une source est intermittente (éolien, solaire), sa production en dents de scie peut être absorbée dans un stockage, qui va délivrer en sortie une puissance lissée. Cela permet ainsi pour un réseau de chaleur d’utiliser deux types d’EnR&R qui, sans stockage, sont contradictoire. Par exemple : le solaire thermique (intermittent) couplé à de la chaleur d’une usine d’incinération des ordures ménagères (stable et donc utilisé en base).

Réseau à sources multiplesSi une source est continue et stable toute l’année (bois, géothermie, certains types de chaleur fatale…), le stockage permet d’accumuler l’énergie excédentaire (par exemple la chaleur produite en été alors que les besoins sont faibles) afin de la restituer lorsque les besoins excèdent la production instantanée (par exemple lors des journées les plus froides en hiver). Cela peut ainsi permettre  de s’affranchir d’un appoint fossile pour un réseau de chaleur, et de diminuer la part fossile pour le réseau électrique.

Outre cet effet de déconnexion temporelle entre production et consommation, qui permet des fonctionnements asynchrones, le stockage permet de réduire l’investissement dans les équipements de production : une chaufferie bois de 1 MW qui fonctionne 12 mois produira autant d’énergie qu’une chaufferie de 2 MW qui ne fonctionne que 6 mois. Mais elle coûtera 2 fois moins cher à l’achat (approximativement).

Maturité des différentes technologies de stockage d'énergie (source IEA)
Maturité des différentes technologies de stockage d’énergie (source IEA)

Or, les technologies de stockage, si elles sont encore en développement pour l’électricité (hors stockage par pompage hydraulique), sont au point pour ce qui concerne la chaleur et le froid.

En complément du stockage, la mutualisation des productions et des besoins à l’échelle urbaine permet, par foisonnement, de lisser les courbes d’appels de puissance – à condition de mélanger différents types de production et différents types d’usages. Les réseaux d’énergie intelligents permettent de gérer l’ensemble de façon à équilibrer en permanence les flux, en les orientant vers des stockages ou vers des utilisateurs.

En conclusion…

  • Les énergies renouvelables, en majorité, ne sont pas intermittentes.
  • Mais les énergies renouvelables, en majorité, ne produisent pas forcément au moment où on a besoin d’elles : soit elles sont intermittentes, soit elles ne peuvent/doivent pas être arrêtées et redémarrées trop fréquemment.
  • On a donc besoin de pouvoir décorréler temporellement productions et besoins.
  • Le stockage d’énergie (technologies matures pour l’énergie thermique) et la mutualisation à l’échelle urbaine contribuent à cette décorrélation ; les réseaux intelligents renforcent les possibilités.

Chaufferies bois et réseau de chaleur à Graulhet (81)

chaufferie_GraulhetLe Syndicat mixte départemental Trifyl, en région Midi-Pyrénées, a créé une installation de chauffage urbain à Graulhet, dans le département du Tarn. Mise en service en 2010, cette installation comprend une chaufferie bois et un réseau de chaleur.

Contexte et enjeux

Le syndicat mixte départemental pour la valorisation des déchets ménagers et assimilés (TRIFYL) regroupe le Conseil général du Tarn, la majorité des communes du Tarn et quelques communes de Haute-Garonne et de l’Hérault pour un ensemble de 331 communes et 305 000 habitants. TRIFYL construit et exploite des déchèteries, des quais de transfert, deux centres de tri, deux plateformes de compostage et un bioréacteur. En 2010, pour valoriser les déchets de bois, il décide de créer à Graulhet une installation de chauffage urbain comprenant une chaufferie bois et un réseau de chaleur. L’installation a été mise en service en octobre 2012.

Cette réalisation s’inscrit dans le cadre du vaste projet de réhabili-tation du centre-ville de Graulhet (dépollution des sols et rénovation urbaine) initié par la ville depuis 2008 en partenariat notamment avec l’ADEME.

Issu de forêts locales, le bois est un combustible nettement moins cher que le fioul ou que le gaz. L’enjeu est ainsi très important pour la région Midi-Pyrénées dont 25 % de la surface totale est constituée de massifs forestiers. En équipant le territoire de chaudières à bois couplées à des réseaux de chaleur, les pouvoirs publics créent de véritables filières économiques qui utilisent des ressources locales, développent l’emploi et contribuent aux objectifs énergétiques et climatiques nationaux.

L’installation de chauffage urbain à biomasse construite par le TRIFYL est la plus importante de toutes celles exploitées en Midi-Pyrénées en régie. La direction régionale de l’ADEME est intervenue aux côtés du Conseil régional et de l’Union européennes pour soutenir techniquement et financièrement le projet de TRIFYL.

Présentation de la démarche

L’installation comprend deux chaudières à bois localisées de part et d’autre de la rivière qui traverse la commune. La première, sur la rive gauche, existait déjà. Reprise et optimisée, elle affiche désormais une puissance de 400 kW et consomme 200 tonnes de plaquettes forestières par an. La seconde, située sur la rive droite, a été créée spécialement pour le projet. Elle affiche une puissance de 2 MW et consomme 2 100 tonnes par an de broyats de plaquettes, de plaquettes et d’écorces. Dans les 2 cas, l’appoint est assuré par un système fonctionnant au gaz.

En complément, deux réseaux de chaleur ont été construits de chaque côté de la rivière : un réseau de 350 mètres sur la rive gauche et un réseau de 2 000 mètres sur la rive droite. L’eau chauffée par les chaudières est ainsi acheminée via un réseau de 2 300 mètres de canalisation spécialement aménagées pour assurer le chauffage de plusieurs bâtiments publics de Graulhet (lycée, médiathèque, piscine, gymnase, crèche, maison de retraite, La Poste, foyer Léo Lagrange, etc.) et 250 logements sociaux situés dans le quartier des Crins. Pour les utilisateurs, le raccordement au réseau de chaleur se traduit par une économie financière de 14 % sur la facture de chauffage par rapport à une solution au gaz.

Au final, l’installation permet d’éviter 1 131 tonnes de CO2 par an. Selon la réglementation, un réseau de chaleur vertueux doit valoriser au moins 50 % d’énergie renouvelable ou de récupération. Dans le cas du réseau de chaleur de Graulhet, ce taux est de 87 % ! En mars 2014, l’installation a ainsi reçu le label écoréseau de chaleur décerné par l’association Amorce, une distinction accordée seulement à une vingtaine de sites en France.

Ci-dessous, la fiche de description complète de ce réseau de chaleur, ainsi que le lien vers le site de l’Ademe.

Source : Ademe&Vous – Fil d’actu n°162 du 1er au 15 juin 2014

Publication de la Fedene : exemples de chaufferies biomasse énergie

Document de la Fédération des services Énergie Environnement (FEDENE) intitulé "Filière biomasse énergie – des exemples concrets sur le territoire".

Consultable et téléchargeable sur le site internet de la FEDENE.

Quelques exemples de réseaux de chaleur, visibles sur notre site www.reseaux-chaleur.fr

Appel à projets Ile-de-France – Plateforme d’approvisionnement Biomasse

Source : www.appelsaprojets.ademe.fr

  • Description courte

ADEMEL’ADEME et le Conseil Régional lancent le 27 mai 2014 la troisième session de l’appel à projets pour des plateformes régionales de biomasse énergie. Les projets devront permettre de structurer davantage la filière amont du bois énergie et répondre aux objectifs ambitieux du Schéma Régional Climat Air Energie (SRCAE) en matière d’énergies renouvelables. Des experts de la filière seront sollicités par la Région et l’ADEME dans le choix des projets à sélectionner. Le Fonds Chaleur, étendu depuis 3 ans aux plateformes d’approvisionnement en biomasse, ainsi que les fonds régionaux seront mis en commun pour accompagner financièrement les lauréats.

  • Date d’ouverture du dépôt des dossiers : 27/05/2014 15:00

  • Documents et instructions concernant l’appel :

Lien vers le site ADEME Appels à projets

  • Date limite de dépôt de dossier : 18/07/2014 16:00

  • Contacts

    M. Romain DONAT
    Courriel : Romain.donat@ademe.fr
    CONSEIL RÉGIONAL d’ILE DE FRANCE
    Contact de l’organisme partenaire : BRUN Cyril
    Coordonnées : Unité Aménagement Durable, Direction de l’Environnement,
    Service Air Energie Bruit
    Tour Montparnasse 21ème étage
    75015 Paris

    cyril.brun@iledefrance.fr

 

Investissements d’avenir : nouvel appel à projets Énergies Renouvelables

Investissements_d_AvenirDans le cadre du programme d’Investissements d’Avenir (PIA), l’État, l’ADEME et le Commissariat Général à l’Investissement (CGI) ont lancé un nouvel Appel à manifestation d’intérêt (AMI) concernant les « énergies renouvelables ».
Les énergies renouvelables constituent un enjeu majeur en termes de compétitivité, d’emploi et d’environnement. En 2011, 2012 et 2013 les premieres vagues d’appels à projets portaient sur les énergies solaires, l’éolien, la géothermie, les énergies marines et le stockage de l’énergie. En 2014, l’État complète ce soutien à l’innovation par un nouvel appel à projets. Il couvre un large périmètre des énergies renouvelables ainsi que l’hybridation des sources renouvelables, tout en ciblant des applications précises :

  • quatre types d’énergies renouvelables (EnR) : le solaire photovoltaïque, le solaire thermique, l’éolien et le froid renouvelable ;
  • l’hybridation des EnR à la fois entre elles, avec les sources d’énergies traditionnelles mais également avec les moyens de stockage.

La taille minimale des projets attendus est de 3 M€ (par exception, 1,5 M€ pour les technologies solaire thermique et d’hybridation dans le bâtiment). L’AMI est ouvert jusqu’au 2 octobre 2015. Deux clôtures intermédiaires seront effectuées les 3 septembre 2014 et 3 mars 2015.Les projets peuvent être soumis pendant toute la période d’ouverture de l’appel à manifestations d’intérêt.

Actualités sur les réseaux de chaleur, réseaux de froid et énergies renouvelables, en lien avec la planification et l'aménagement des territoires

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